Auteur : Chang Sheng
Éditeur : Glénat
352 pages
Date de sortie : 3 avril 2024
Genre : action, SF
« En descendant du mont Emei, à Jiangnan… Il existe en ce monde des lacs et des montagnes de toute beauté…
Ici, la pagode Baochu se reflète et scintille au-dessus des vagues…
Près d’un ponton, au bord de trois bassins…
Ou se hissent des barques sous un saule de soie…
Les fleurs tremblent sous la brise du printemps… »
Présentation de l’éditeur :
Le doux chant… de la vengeance
La famille de Yan, 15 ans, fait partie de la prestigieuse troupe de l’Opéra de Pékin… Mais le jour où tous ses membres sont sauvagement assassinés, l’adolescente se retrouve accusée à tort de ce meurtre sordide ! Seule survivante du massacre, elle sera incarcérée durant de longues années dans un centre de recherche tenu secret. Mais l’heure de vérité a sonné. De retour parmi les vivants, Yan n’a rien oublié. Revêtue du traditionnel costume théâtral que sa famille avait coutume de porter, elle va entrer dans une spirale de vengeance…
Avec cette nouvelle série en trois volumes, Chang Sheng dynamite les genres ! Il revisite les codes du seinen manga tout en nous offrant une relecture d’un célèbre opéra de Pékin à travers un récit de super-héroïne déjanté où cultures pop et traditionnelle cohabitent à merveille. Une saga époustouflante et magistralement mise en scène que l’on dévore d’une traite !

Mon avis :
Si on ne lit pas le résumé, on pourrait croire à un série de revanche classique. Mais, que nenni braves gens ! Au fil des pages, Chang Sheng distille de petits indices qui prennent tous leurs sens une fois rassemblés. Chaque détail prend son importance, notamment les informations à la télévision. Sous l’air qu’on suppose entraînant, extrait de l’opéra “La légende du serpent blanc”, Yan Tiehua enregistre son premier crime en direct, avant que l’auteur ne replonge dans le passé.
La vie de la jeune fille était très stricte entre l’école et l’opéra de sa famille. Pas un instant de répit alors qu’elle rêve de s’amuser avec ses camarades de classe. C’est d’ailleurs ce qui la sauvera… quand elle reviendra en retard à la maison, découvrant toute sa famille cruellement assassinée. Il faudra attendre 30 ans plus tard pour commencer à voir où l’auteur nous embarque réellement… de prime abord titillé par un récit de revanche envers le véritable assassin qui reste un mystère pour le lecteur, voilà que la science-fiction s’en mêle sans crier gare. De sorte qu’on ne l’avait pas du tout vu venir…
Des bouts de phrases, des gestes, … prennent alors une toute autre connotation dans ce cadre minutieux où rien n’est laissé au hasard. Le graphisme de Chang Sheng est assez proche du réalisme tout en maintenant le style manga, jonglant avec les contrastes et des plans très rapprochés des visages. Un peu glauque, un peu déjanté.. le dessin colle à la peau des personnages tout en appuyant le mystère du récit. Où nous emmène-t-il ? Que recelait l’établissement à présent détruit où “Yan” a été détenue pendant 20 ans ? Comment a-t-elle pu survivre et réapparaître aussi jeune et fringante qu’à ses 15 ans ? Et surtout : quel lien unit tous les protagonistes petit à petit réunis dans ce premier tome qui reste un véritable puits de questions ? Voilà de quoi donner matière à réflexion avant de découvrir le deuxième tome ! Vite !!
ShayHlyn.



Ta chronique bien intrigante donne envie d’en savoir plus !