Sans Cheveux

Scénario : Tereza Drahonovská
Dessin : Stepánka Jislová
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 14 février 2024
128 pages
Genre : témoignage

« Comme je le dis souvent, il fallait bien que ça arrive. l’humanité n’a plus besoin de poils ou de cheveux. avec le temps ils vont disparaitre. L’évolution. Je suis peut-être la représentante d’une espèce avancée. eh bien je dois vous le dire : c’est dur d’être une pionnière. »

Présentation de l’éditeur

Tereza n’aurait jamais cru qu’un jour elle perdrait la queue de cheval qui lui chatouillait le dos. Mais il faut se rendre à l’évidence, elle devient chauve. La cause : l’alopécie, une maladie auto-immune qui peut survenir pour diverses raisons… Elle va donc devoir faire face à son nouveau look, au sentiment de perte de féminité, au regard des autres et bientôt au choix d’une perruque ! Tereza sait que depuis la nuit des temps les cheveux symbolisent notre rapport au monde, que l’on soit punk, hippie ou bouddhiste, notre coiffure en dit long sur nous-même. Alors avec ce changement, elle change aussi sa façon de percevoir ses relations, son travail et surtout son regard sur elle-même. D’autant que personne n’est capable de lui dire pourquoi ses cheveux tombent… la série d’examens ne donne rien de concluant. Entre faux espoirs, confidences amicales et doutes, Tereza va vivre sa première année sans cheveux avec une bonne dose d’humour et nourrir sa réflexion. Un témoignage sensible par un duo tchèque détonant qui interroge les normes de beauté et le regard de la Société.

Mon avis

Je suis toujours sensible à ce genre de témoignage de personnes qui osent partager leur vécu, leur intimité, particulièrement lorsqu’elles parlent de leurs souffrances. Je trouve que se dévoiler comme le fait Tereza Drahonovská est un acte admirable et courageux. La scénariste propose un récit d’une grande intimité qui sensibilise autant qu’il informe sur une maladie finalement assez méconnue : l’alopécie.

La couleur rose domine, donnant un souffle optimiste à l’ensemble, en décalage avec ce que Tereza raconte de son quotidien qui, lui, ne l’est pas toujours. Volontaire ou non, les visages dessinés par Stepánka Jislová ressemblent à des masques. Des traits qui vont des oreilles au milieu des joues semblent lacérer la figure de l’héroïne. Son nez semble avoir été ajouté. Est-il question de renvoyer la vision que Tereza a d’elle-même ou celle que les autres ont de cette dernière? Ou est-ce simplement la patte graphique de la dessinatrice tchèque? Quoi qu’il en soi ce nez qui semble amovible me perturbe, tout comme ces regards inexpressifs (alors même qu’il est beaucoup question, justement, du regard).

L’évolution de la maladie, ses origines supposées y sont décrites, tout comme les conséquences de celle-ci, parfois avec humour, toujours avec sincérité et sans artifice. C’est quand le discours prend de la hauteur que Sans cheveux devient intéressant. La symbolique de la chevelure dans les sociétés, l’inégalité entre les hommes et les femmes concernant les incidences de la maladie sur la vie quotidienne sont traitées par l’auteure.

C’est finalement, une nouvelle fois, avec et par les autres que Tereza se détache du regard des autres, dans un processus de reconstruction qui constitue le fil rouge de cette bande-dessinée qui mérite une attention toute particulière.

ScénarioDessinico_Album
coeur_quatrecoeur_deux_et_demicoeur_trois


Petitgolem13

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