Scénario : Kim Gérard
Dessin et couleurs : Kim gérard
Éditeur : Glénat
328 pages
Date de sortie : mars 2024
Genre : roman graphique ; fantastique ; post apocalyptique
« Si tu arrives à pleurer, c’est que ça va mieux. »
Présentation de l’éditeur
Dans un monde post-apocalyptique où tout n’est que désespoir et désolation, deux frères ont entrepris de traverser les terres meurtries pour mettre fin à leurs tourments. Car dans ce monde où la souffrance est omniprésente, les hommes, bien que condamnés ne peuvent mourir. Ils errent jusqu’à sombrer dans la folie et perdre leur humanité. Ceux-là deviennent des « oubliés », des créatures terrifiantes… Ikar et Graham n’ont pas encore atteint ce stade critique. Ils savent qu’au-delà du désert, il existe une oasis où l’herbe pousse encore et que là-bas la mort est douce et accessible. Quand ils s’approchent enfin de cette oasis, ils découvrent stupéfaits, qu’elle prend la forme d’un enfant providentiel ! Cette petite fille perdue possède à elle seule le pouvoir de régénérer la nature et d’apaiser tous les tourments. Elle incarne l’espoir après l’effondrement, mais un espoir fragile. Pour lui donner une chance de déployer ce don salvateur, Ikar et Graham vont l’aider à avancer coûte que coûte au milieu de l’enfer. Mais leur esprit se trouble par moments et le danger peut venir de partout. Ikar, rongé par le mal, fait des crises de plus en plus violentes, tandis que « Les fils de Sad », une tribu cannibale, s’est lancée à leurs trousses dans le but de capturer l’enfant… L’Humanité pourra-t-elle vraiment renaître du chaos ?

Mon avis
Pour son premier album de BD, Kim Gérard nous propose une vision extrêmement sombre et pessimiste de l’humanité. Il ne s’encombre d’ailleurs pas de prologue et nous balance direct en enfer. Un enfer sur terre caractérisé par un monde post apocalyptique dans lequel ceux qui y vivent encore (si on peut appeler ça vivre) sont condamnés à des tourments éternels que même la mort ne peut délivrer. A moins qu’ils ne trouvent cette petite oasis par delà le désert où, parait-il, l’on peut être libéré de ses tourments infernaux par une mort douce. La délivrance.
Voilà la quête d’Ikar et Graham, qui errent comme des damnés dans ce monde affreux, de plus en plus rongés par le mal et promis à des souffrances infinies. La damnation éternelle ou la mort salvatrice. Le choix est limité et ne fait pas vraiment rêver.
Plus de 300 pages, aux ambiance sombres, violentes et anxiogènes qui, heureusement, se lisent très vite vu le peu de dialogues qu’elles contiennent. 300 pages un peu éprouvantes quand même, dont on ne sait pas trop au final quoi en tirer. Chacun y trouvera la métaphore qu’il veut : la déchéance de l’humanité, le sens de la vie, le bien et le mal, le paradis et l’enfer, une fable écologiste… D’autres n’y trouveront rien d’autre qu’une succession de scènes violentes, mélange des genres post apo, survivaliste et zombie.
Graphiquement ça tient la route, malgré une surabondance d’effet de lignes façon manga dans les scènes de baston. Mais c’est la narration qui veut ça, j’imagine, et puis ça donne du dynamisme. Kim Gérard met beaucoup d’expressivité dans ses personnages et semble avoir une imagination très fertile pour créer les décors, quels qu’ils soient.


On peut saluer aussi la couverture assez incroyable à côté de laquelle il est difficile de passer sans s’arrêter.
Si je n’ai pas été totalement emballé par cet album, ni convaincu par le propos qui a mon sens aurait mérité plus de profondeur et de subtilité, je décèle quand même chez Kim Gérard un gros potentiel narratif et graphique qui mérite d’être suivi de près.
Loubrun

Oui la couverture est marquante en effet.