Cross of the Cross T.1

Auteur : Shiryu Nakatake
Editeur : Delcourt / Tonkam
Genre : Drame
Sortie : le 3 janvier 2024

Avis de l’éditeur :

Shun Uruma, un élève de sixième, est persécuté depuis toujours par ses camarades. Surnommé le Cobaye A , le jeune garçon ne trouve du réconfort qu’auprès de ses parents et de son petit frère. Mais lorsque sa précieuse famille lui est arrachée par nulle autre que ses tyrans, Shun perd tout espoir.

Mon avis :

Cross of The Cross démarre sur les chapeaux de roue, avec pour thématique le harcèlement envers un jeune élève de 6ème primaire du nom de Shun Uruma. Persécuté par cinq délinquants sans scrupule, qui iront jusqu’à provoquer un accident mortel des parents et un handicap sévère du jeune frère de Shun,  ce 1er opus s’annonce d’entrée de jeu porté sur une vengeance qui, somme toute, paraît légitime et logique.

Notre héros sera secondé dans son combat par son grand-père au passé sombre jusqu’ici plus en retrait, manifestement tueur dans l’âme. Ce dernier inoculera les enseignements basiques de l’art de tuer, mais émancipera plus particulièrement son petit-fils à tuer sans émettre une quelconque émotion.

Toutefois, les années passées, Shun se retrouvera une fois encore face à ses bourreaux, qui un à un, tenteront de le martyriser, souhaitant sa mort plus que tout. Mais le beau diable affiche également une autre facette de sa personnalité avec pour leitmotiv : exécuter à tour de rôle ses oppresseurs.

Cross of the Cross_T01_Shiryu Nakatake_Delcourt_Tonkam_extrait

Avec ce 1er opus, Shiryu Nakatake fournit un Seinen dopé à la sauce sociopathe, autant de la part des bourreaux jeunes délinquants que par son protagoniste central, également bien barré de la coquille. La trame se veut fluide, envoûtante, sans pénaliser le lectorat d’une surchauffe indigeste d’informations à tout-va.

La construction narrative déploie une ambiance inquiétante, presque claustrophobique par instants. Certaines perversions ne laisseront cependant pas indifférent le lecteur lambda, dévoilant une jeunesse indifférente à son prochain, subjugué à l’idée de terroriser le maillon faible d’un groupe. Un retour de manivelle ne se fait nullement prier, à juste titre, lorsque Shun Uruma dévoilera à son tour son véritable faciès.

Si le récit distraie et régale d’une certaine manière, on ne peut hélas pas crier autant de vertu pour sa piètre qualité graphique. Le résultat est d’une faiblesse à l’antichambre de son scénario, qui patauge en terres arides, démontrant clairement les lacunes ou les limites de son auteur.

C’est clairement le jour et la nuit comparativement entre une trame plus qu’acceptable et un trait tout juste capable de passer les premiers tours d’un défilé visuel. Hormis le grand-père de Shun et Azuma, la jeune fille prenant sa défense, la quasi totalité des personnages sont dessinés à la va-vite, emprunts d’un trait bien trop fin, à l’arrière-champ dénaturé de toute vie, et de visages sans la moindre texture originale ni détaillée.

On aurait pu espérer un style graphique comparable à l’auteur de Route End (Kaiji Nakagawa) ou de The Killer inside (Hajime Inoryu), qui corrélait davantage avec le ton du script.

A défaut de glamouriser nos rétines, nous nous attarderons toute de même sur le second opus, titre divertissant d’un point de vue scénaristique.
Coq de Combat

2 commentaires sur “Cross of the Cross T.1

Ajouter un commentaire

Répondre à dgegeAnnuler la réponse.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

En savoir plus sur SambaBD

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture