Autrice : Nozomi Suzuki
Éditeur : Glénat
192 pages
Date de sortie : 23 août 2023
Genre : shôjô, tranche de vie, développement personnel
« La poudre utilisée par les Maikos couvre si bien ! Comme on dit ‘bien employée, elle peut faire oublier tous les défauts’… quoique, ce n’est pas exactement ça…
– … Ca signifie que ce maquillage fait ressortir ma beauté… n’est-ce pas ? »
Présentation de l’éditeur :
Kanda décide de faire face à un père qui ne l’a jamais accepté tel qu’il était. Hélas, leur rendez-vous se conclut par un échec, et il en ressort chamboulé. Heureusement que ses amis trouvent les mots pour lui remonter le moral car “il n’y a rien de mal à fuir ceux qui nous blessent”. De son côté, ne sachant pas comment communiquer avec sa mère, Ruriko déprime elle aussi. Elle se réfugie auprès de Kanon et Mayura qui organisent une séance de maquillage correcteur…

Mon avis :
Rares sont les tomes de cette série qui ne portent à la réflexion. “Une touche de bleu” est sans conteste un titre qui donne à réfléchir quand la différence s’installe dans notre quotidien. Il faut évidemment apprendre à s’accepter soi-même, essayer que les autres nous acceptent… mais cette fois-ci, Nozomi Suzuki nous invite à percevoir le regard parental. S’il y a bien quelqu’un qui n’est pas préparé à composer avec un enfant différent, c’est bien son parent. Si la technologie avancée permet de préparer une femme enceinte à la possible venue d’un enfant handicapé par exemple, ça n’en reste pas moins compliqué. Ce n’est pas un chemin facile, loin de là… les parents doivent aussi composer avec la différence de leur enfant, de même qu’avec leurs attentes un peu (beaucoup) chamboulées et le regard des autres, ainsi que de l’enfant lui-même.
Dans ce cinquième tome, l’autrice pointe trois parents. Celui de Monsieur Kanda, la mère de Ruriko ainsi que celle de Mayura. Trois réactions différentes mais qui ont des conséquences sur l’évolution de leurs enfants. Ce qui donnerait envie de réciter le proverbe ô combien explicite que “L’enfer est pavé de bonnes intentions”… ou pas. C’est un pavé dans la marre qui renvoie des ondes à l’infini dans l’esprit des personnes différentes et dans celui du lecteur qui ouvre les yeux sur une réalité douloureuse quand, même inconsciemment, cette différence n’est pas bien vécue.
Nozomi Suzuki parvient à faire mouche avec, parfois, le plus petit détail comme une photo. Son dessin élégant et harmonieux permet aux regards de se poser partout et de comprendre entre les lignes des non-dits. C’en est fascinant de déconstruire la réalité de ces gens et de comprendre les plaies béantes dans leurs coeurs. Ce père qui aurait voulu une carrière plus élevée dans la société pour son fils, cette mère rejetant la tâche de naissance de sa fille au point de la faire souffrir sous des traitements lasers… et même la maman de Ruriko, sans s’en rendre compte.
Alors on découvre page après page la vie de ces familles et les sentiments de chacun. On essaie de se mettre à leur place et on réfléchit à nos propres expériences, nos maladresses inconscientes, une question mal posée, déplacée, … et on a déjà hâte de découvrir la suite pour espérer un happy-end pour ces personnages auxquels on s’attache de plus en plus !
ShayHlyn.


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