Scénario : Lomig
Dessin : Lomig
Éditeur : Sarbacane
176 pages
Date de sortie : 06 septembre 2023
Genre : Récit de voyage
« Et dans la forêt je pars, pour perdre mon esprit et retrouver mon âme.«
Présentation de l’éditeur
1867. Une scierie tourne à plein régime dans un bruit effroyable quand soudain, des ouvriers courent secourir un homme à terre.
Il s’est blessé gravement aux yeux. John Muir a déjà vingt-neuf ans et il est confiné dans une chambre obscure : il est probable qu’il reste aveugle. Mais miraculeusement, après des mois d’une convalescence quasi mystique, il recouvre la vue. C’est décidé, il va tout quitter et embrasser son rêve de toujours : partir plein Sud à la rencontre de la vie sauvage. Armé de son seul courage, de sa jeunesse, d’une loupe et d’une presse botanique, il parcourra ainsi des centaines de kilomètres, à pied, de l’Indiana à la Floride. Imaginez une nature sauvage presque inviolée, où seuls rôdent quelques dangereux soldats du Sud en déshérence et d’anciens esclaves jetés hors des anciennes plantations…

Mon avis
Après Dans la forêt, chroniquée et bien appréciée par mon collègue et néanmoins ami PetitGolem13, Lomig nous refait le coup de la très belle BD au splendide dessin léger et végétal. Très belle parce que, oui, c’est la première chose qui frappe quand on la prend en main. On est chez Sarbacane et le soin que met cet éditeur de qualité à publier de magnifiques BD-objets n’est plus à démontrer. Mais, en plus, le dessin de Lomig, en une chaude bichromie noire et blanche, tout en finesse, en subtilité, en détails et en lumière, ne fait que renforcer cette excellente impression.

Le scénario, quant à lui, à défaut d’être très original, on est dans un récit de voyage pur et simple, nous présente tout de même un personnage, John Muir, dont la pensée, les réflexions et le comportement général apparaissent extrêmement modernes. À une époque où la plupart des gens ne font qu’écouter les religieux qui leurs expliquent que Dieu a créé la Terre pour eux et que la nature doit forcément se soumettre à la bonne volonté de l’Humanité, dans tous ses excès, of course, sa vision va carrément à l’encontre de ce discours dominant. Il estime, à juste titre, qu’il faut la préserver et vivre en bonne harmonie avec elle. Idem en ce qui concerne son rapport aux individus qu’il croise. Il est apparemment très sociable (il se fait des potes tout le temps…) et ne semble pas se préoccuper des classes sociales ou des origines ethniques de ses diverses accointances (pour ce dernier thème, l’excellent cahier explicatif en fin d’ouvrage viendra un peu nuancer cette vision…).

Bref, il s’agit donc d’une lecture très agréable et qui offre une perspective très intéressante sur cette deuxième partie de XIXème siècle aux Etats-Unis, bien loin des massacres d’amérindiens et autres ruées vers l’or.
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Odradek




acquaintances ? Vous avez dis acquaintances ?
Tu m’intéresses ….!
Oups… Trop d’anglais dans mes lectures… Et moi qui fais la chasse aux anglicismes… Merci de l’avoir relevé… Bon, je modifie… je triche un peu, mais bon…
Je j’avais vu lors de mes corrections, mais quand j’ai vu la traduction (connaissances), je me suis dit que c’était peut-être le mot que tu souhaitais (suivi de ton renvoi au cahier explicatif) et je l’ai donc laissé !