Le seul Endroit

Scénario : Séverine Vidal
Dessin : Marion Cluzel
Éditeur : Glénat
104 pages
Date de sortie : 30 août 2023
Genre : tranche de vie, LGBTQ+

« Je suis Léold Weber, et je suis un puzzle. Aucune pièce ne manque. Je reste là où je me sens bien : au croisement. »

Présentation de l’éditeur :

« Les mots sont essentiels, quelque chose qu’on ne nomme pas n’existe pas … »

En première année de fac, Léold vient d’emménager à Bordeaux. Au même moment il démarre sa prise d’hormones. Car Léold est une personne non-binaire, ni complètement fille, ni complètement garçon. Léold revendique sa « fluidité » et ne regrette rien. Il vit un entre-deux… Face à cette situation ses parents sont un peu perdus. Ils pourraient comprendre un changement de genre mais la « fluidité » ? Heureusement, les amis sont bienveillants. En attendant, Léold doit s’atteler aux cartons dans un appartement en vrac. Pour se détendre, il prend des bains et va à la piscine où le maître-nageur le regarde d’un œil curieux. Peu importe, Léold se sent bien tel qu’il est. Bientôt, un imprévu va venir bousculer son quotidien. Un imprévu… qui s’appelle Olivia. C’est sa voisine. Au fil des échanges, une certaine complicité va se nouer entre eux. Olivia va le suivre dans ce parcours de transition, discuter, écouter et débattre. Ensemble, ils vont chercher les mots justes et surtout vivre librement leur histoire naissante. Face au regard d’une Société binaire qui évolue, Léold est en mouvement perpétuel. Il se réinvente chaque jour, il éclate de rire, se questionne, s’habille comme il le souhaite, met du vernis sur ses orteils, marche loin devant…
Ce roman graphique touchant met en lumière un personnage fort affirmant son identité genderfluid et ouvre le dialogue en réinterrogeant la langue française. Avec ses dessins délicats et des couleurs solaires à l’image de Léold, Marion Cluzel sublime le récit de l’écrivaine Séverine Vidal.

Le seul endroit_Severine Vidal_Marion Cluzel_Glénat_extrait

Mon avis :

La couverture en dit déjà long sans un mot : le dessin de Marion Cluzel est intimiste, crayonné comme dans un journal qu’on tiendrait chaque jour. Celui de Léold, né(e) Léopoldine. C’est un jeune homme transgenre, non-binaire. Fluide pour être plus précis, ce qui embrouille un peu, de prime abord. Surtout sa maman qui a élevé une fille et doit, maintenant, composer avec la nouvelle identité de son enfant. Une étiquette moins tranchée que de dire « à présent, je suis un homme » car Léold n’est pas spécialement en désaccord avec son corps ni ce qui, dans un esprit « étriqué » de cisgenre binaire, serait de dire « bleu » pour les garçons, « rose » pour les filles ; vernis à ongles pour les demoiselles, poils sur le corps pour la gent masculine, …

Séverine Vidal s’est inspirée de la vie d’Adhe (qui tient un blog sur son évolution personnelle) tout en étoffant avec la fiction, pour un récit relativement complet sur ce parcours atypique, mais enrichissant. Une tranche de vie fluide, mais débordante d’enseignements. Les rencontres dans un centre LGBTQ+ qui aide non seulement les personnes concernées, mais également les proches ; l’acceptation plus ou moins réussie avec les proches – notamment ce jeune frère qui a très simplement dit « Ok, tu es donc mon sœur ». La prise d’hormones pour être un peu plus en phase avec qui Léold est réellement. Un peu plus masculin physiquement, tout en gardant sa part de féminité. Être libre d’être qui on est, porter une jupe à fleurs si ça nous chante, cacher sa poitrine en imaginant peut-être un jour faire la mastectomie, se sentir « il » tout en gardant un peu de « elle », … puis tomber amoureux !

Voici un récit bienveillant, sans pour autant cacher la part d’ombre qui plane sur les personnes transgenres. On le voit clairement dans le drame que ressent cette mère qui voit sa fille changer, mais aussi les craintes de Léold en partant vivre seul. Les gens différents sont souvent la cible d’agression, de jugement péjoratifs, … Léold ne fait pas exception, surtout quand la jalousie d’un ex parle – en l’occurrence l’ancien compagnon d’Olivia, sa petite amie, qui découvre leur relation.

Dans tous les cas, ce livre va aider beaucoup de monde car la fluidité de genre, ce n’est pas facile à comprendre de prime abord. Et c’est là qu’on se dit que « oui, décidément, la société a vraiment besoin de plus d’ouvrages dans ce genre pour comprendre ceux qui nous entourent, avec leurs similarités et leurs différences ». À mettre entre toutes les mains de ceux qui vivent, de près ou de loin, la transidentité. Que ce soit vous-même, un proche, une connaissance, … bonne lecture !

ShayHlyn.

4 commentaires sur “Le seul Endroit

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  1. Il y a de quoi s’y perdre avec tous ces genres masculins ou féminins qui le sont sans l’être vraiment tout en étant bi, hétéro ou homo… ça en fait du monde, mais ce ne doit pas être évident à porter !
    L’important est que la tolérance l’emporte… l’humain est déjà assez con comme ça !

  2. Quand je vois la folie qui s’emparent de certains parents avec l’Evras et surtout son S, j’ai un peu des doutes sur la tolérance d’une partie de la population.

    1. Je ne connaissais pas ce terme (Evras), mais comme toute initiative il faut que ce soit réalisé par des gens compétents.
      Mais quand tu vois les problèmes avec le harcèlement… Y a du boulot !

  3. On en est à quoi, 6 écoles brûlées car on y donne des cours d’éducation sexuelle adaptée aux âges ?! La sexualité reste, quoi qu’on en dise, tabou alors qu’en tant qu’espèce animale, au même titre que les autres créatures, ça fait partie de notre nature. Même les définitions de genre et d’orientation sont intemporelles, plus ou moins cachées selon les époques. On a donc encore du chemin à faire

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