Hong Kong – Paris
Auteurs : Maryse & Jean-François Charles
Editeur : Casterman
Genre : Drame
Sortie : le 3 mai 2023
Avis de l’éditeur :
Li et Chou tentent de rejoindre Zhang, mais les nationalistes ont détruit son repaire. Ils apprennent alors qu’il a trouvé refuge dans le Hubei, chez un Seigneur de guerre. Très malade, Zhang confie à Li que son fils a disparu, kidnappé par les hommes de Mao. Il se trouverait à Nankin.
Mon avis :
Li parvient à Shanghai, aux quartiers des criquets, pour y récupérer les testicules de son père, enrobées dans une jarre protégée de reptiles venimeux. Ensuite : direction les montagnes du Hunan afin d’éviter les forces des armées de Mao. Mais manque de chance, le monastère est en proie aux flammes et à la rudesse des combats face aux nationalistes. Et tandis que le chef des triades est en fuite, ils découvrent un prisonnier français fort mal en point, Monsieur Larzac, ayant subi le supplice de la goutte d’eau, lui ayant fait perdre toute rationalité.
Bien mal en point physiquement, le père adoptif de Li, quant à lui, rejoint la province du Hubei, mais succombe à ses blessures, parvenu en fin de parcours. En récupérant ses attributs, il caresse l’espoir de rejoindre ses ancêtres et désigne Li en tant que son héritière attitrée pour diriger son empire, la « Bande Verte », à Hong Kong. Il lui révèle également un dernier indice de taille : son petit-fils a été kidnappé par les communistes pour une sordide histoire de commerce d’opium…

Clap de fin pour cette intrigue chinoise maîtrisée de mains de maîtres par Maryse & Jean-François Charles, où chaque planche interpelle par sa créativité graphique et le soin tout particulier appuyé à chaque protagoniste de cette aventure féérique bien que cruelle et oppressive.
La sauvagerie présente et son lot de scènes insolites auront sans nul doute tenu en haleine bien des lecteurs, tout comme, à fortiori, son code de l’honneur, ces instants humains féconds de lucidité et de bienveillance.
Avoir cette agilité de mélanger la noirceur de l’âme humaine, son côté le plus vil, à la beauté rayonnante de cœurs prêts à donner leurs vies est chose rare dans une œuvre, à la fois poétique et dramaturge, et pourtant Maryse Charles l’a témoigné tout du long, sereinement, avec ces facettes diamétralement opposées qui en subjuguent l’humain dans sa complexité.
Quant à Jean-François Charles, il nous a offert également un éventail plein de majesté, grâce à un trait appuyé, stylisé dans ses moindres recoins, nous laissant à plus d’une reprise scotché face à un déferlement si détaillé et empreint de réalisme.
A lire et à relire, sans ménagement.
Coq de Combat






Je pense que pour le dessin, tu voulais dire JF au lieu de Maryse non ?