Soda T14

Le Pasteur sanglant

Scénariste : Bruno Gazzotti
Dessinateur : Olivier Bocquet
Editeur : Dupuis
Genre : Humour / Polar
Sortie : le 9 juin 2023

Avis de l’éditeur :

Après une nuit agitée peuplée de cauchemars, Soda se réveille, constate qu’il a perdu la petite croix du revers de son veston et se rend sur les lieux d’un meurtre. La victime, une prostituée qui a une page de calendrier agrafée sur le front ? et une petite croix au creux de la main ?

Mon avis :

En plus de 35 ans de bons et loyaux services éparpillés sur 14 titres seulement, David Salomon n’ayant pas pris une ride depuis ses débuts (encore un héros chanceux), revient sous le feu de la rampe avec ce nouvel opus intitulé «  Le Pasteur Sanglant ».

Créchant toujours chez sa mère, et se faisant passer depuis des lustres pour un bon pasteur qu’il n’est décidément pas, Soda pour les intimes, persévère sur sa lancée à dégommer des malfrats de pruneaux de son Colt Python et à rétablir l’ordre public comme tout bon flic newyorkais. Sauf que depuis peu, il sombre longuement dans des nuits agitées, à imaginer commettre l’irréparable… assassiner sa mère.  Résultat d’un trop plein de somnifères.

Et le pire reste à venir pour ce cher lieutenant ! Une sordide affaire de meurtres, opérée sur des femmes d’âges variables, a lieu au cœur même de la grosse pomme. Comble de l’ironie : tout porte à croire qu’il s’agisse de Salomon lui-même le coupable, ou plus précisément d’un pasteur vêtu des mêmes redingotes d’après les dires de la dernière victime, laissée pour morte, mais bel et bien, toujours, vivante. Paix à son âme, une trentaine de pages plus en amont.

Or, les ennuis ne font qu’empirer pour ce célibataire endurci : il en vient à perdre la mémoire, à oublier qu’il voit régulièrement son psy et que d’une manière indéterminée, serait probablement sujet à des délires somnambules.

Soda T14_Le pasteur Sanglant_Bruno Gazzotti_Olivier Bocquet_Dupuis_extrait

New York n’est pas une mégalopole comme les autres, il s’agit peut-être de LA Mégalopole mondiale par excellence, dû moins dans les années 80, où gravite, en son point culminant, un melting-pot sauvage d’une populace en délire. Les gens, pour ainsi dire, ne se reposent jamais ; contribuent 24 heures sur 24 à boucler la boucle d’une énergie quasi inépuisable, les suçant tels des vampires, afin de les régurgiter en bons citoyens, modèles de bon pères de famille, ou non. Qu’importe finalement d’être parachutés au sommet de l’échelle ou vacant tels des laissés-pour-compte sur des bitumes graisseux, le principal consiste à être là, tout simplement. Les absents ont décidément toujours tort…

Bruno Gazzotti livre un tome, qui s’apparente de près aux premières années de carrière de la saga, où l’on décortique avec minutie chaque recoin d’une ville autant attirante qu’écœurante.  Les néons lumineux ensorcellent de leur aura mystique, les spots publicitaires clignotent et incitent à la décadence, et tout ce beau monde vaque à ses activités professionnelles ou privées, de la manière la plus épanouie.

Graphiquement aussi, ça en jette du lourd dans nos bobines désarticulées avec un paysage truffé de détails en tout genre. Chaque planche offre son lot d’éléments au 1er rang comme en arrière-champ, sans interruption pour nos pupilles, qui à force, déambulent dans ce New York des eighties entre réverbères, clochards et routes gonflées d’automobiles. Olivier Bocquet répond aux attentes des lecteurs de la franchise en soignant scrupuleusement son œuvre.

Enfin, les couleurs éclatantes signées Usagi transmettent ce petit plus, cette onctuosité qui se cadrent idéalement avec le trait nerveux du dessinateur.

Le Pasteur sanglant offre son lot d’émotions vives, sans grimacer le moins du monde, comparativement à ses prédécesseurs.
Coq de Combat

3 commentaires sur “Soda T14

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  1. Ouf, quand j’arrive au bas de la chronique, je devine quel en est l’auteur, épuisé par ma lecture !🤔

  2. Je prend ! Fan de la prmière heure. Que de changement dans le graphisme depuis le Tome 1 avec les dessins de Warnant

  3. Apres lecture, je reviens sur la chronique. Coté graphisme O Bocquet abat le travail. Impeccable. Par contre coté scénario j’ai été déçu.
    Si les standards de Gazzoti sont la (New york est décortiqué avec une voie off – du bonheur -) l’histoire est poussive. Cela manque de rythme avec le cynisme et l’humour qui va avec. le coup du psy a un air de déja vu.
    je me suis presque ennuyé. J’ai dit presque. Ca reste du SODA dans le texte

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