La Terre, le Ciel, les Corbeaux  

Scénario : Teresa Radice
Dessin : Stefano Turconi
Éditeur : Glénat | Treize étrange
208 pages
Date de sortie : 26 janvier 2022
Genre : roman graphique, aventure, histoire, WWII

« Là-haut, il y avait de quoi manger. Pas beaucoup, et sans saveur, toujours pareil, mais tout de même, de la nourriture. De la nourriture et un lit. Dur, plein de puces, mais quand même, un lit… »

Présentation de l’éditeur :

Lost in translation.

Trois hommes, un Russe, un Allemand et un Italien s’échappent d’une prison à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ils ne se connaissent pas, ne se comprennent pas et n’ont d’ailleurs rien en commun. Pourtant, pendant ce voyage sous pression, ils seront obligés de collaborer et de révéler leurs secrets… Face à l’urgence et aux dangers de la traque, le lien qui les unit les transformera et marquera leurs existences.

Dans ce nouvel ouvrage entièrement réalisé à l’aquarelle, le couple Radice et Turconi intègre la barrière de la langue à un récit aussi touchant que fascinant. Un roman graphique d’une grande beauté, plein de tension et d’élégance.

La terre-le ciel-les corbeaux_Teresa Radice_Stefano Turconi_Glenat_Treize etrange_Extrait

Mon avis :

C’est l’histoire d’un Italien, un Russe et un Allemand… Si l’entame de cette chronique ressemble à une blague, « La Terre, le Ciel, les Corbeaux » n’est pas drôle, bien au contraire. C’est la guerre. Certains monastères du nord de la Sibérie sont devenus des camps de prisonniers, voire des casernes pour l’armée rouge.

Un enfer en plein hiver !

Pourtant, c’est lors de cette saison que les évadés peuvent espérer quitter l’île où se dresse leur prison pour regagner l’Europe à pied. Au printemps, les eaux environnantes vont reprendre leurs droits avec la fonte des glaces… alors il serait trop tard. Aux vues de leurs maigres subsistances, peut-être même que la faim, l’épuisement, la dépression auraient eu raison d’eux. Il faut donc partir. Au cœur de l’hiver. Au cœur de la nuit…

Teresa Radice nous emmène à la suite d’’Attilio Limonta, le prisonnier italien, qui nous sert de narrateur. Nous avons bien besoin de ça car, rapidement, les phylactères se remplissent de mots, de phrases incompréhensibles. Tantôt en allemand. Tantôt en russe. On n’y comprend rien, mais c’est voulu ! Par chance, Attilio comprend un peu les deux langues et peut donc nous permettre de comprendre ce qui se passe dans les grandes lignes.

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Mais c’est surtout le talent de Stefano Turconi qui nous permet de prendre pleinement conscience des lieux et des événements. Son trait pour les personnages est somme toute assez classique et reconnaissable pour avoir déjà lu une œuvre du duo d’artistes, « Les filles des marins perdus » mais efficace, rendant les trois héros, réunis bien malgré eux, sympathiques. À défaut de pouvoir pleinement s’appuyer sur les dialogues, on s’attarde sur les expressions des protagonistes et sur la Nature environnante. Une merveille de neige et de glace où la vie suit malgré tout son cours. Les animaux sont magnifiques, dans un décor de neige qui l’est tout autant, sans oublier les souvenirs de notre narrateur qui a vécu au bord du lac de Côme… une eau limpide bordée de montagnes verdoyantes sous le soleil d’été.

Alors on continue de suivre nos trois gaillards en direction du sud. Toujours le sud. Pour quitter le froid, la guerre, la souffrance… mais à quel prix ?! Avec chaque chapitre commençant par un extrait de Tolstoï, poursuivi ensuite par les pensées de l’Italien : on avance tout en se prenant pour le quatrième larron, la boule au ventre, le cœur serré…

ShayHlyn.

4 commentaires sur “La Terre, le Ciel, les Corbeaux  

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  1. Ayant été absolument enchantés par « le port des marins perdus » et « les filles des marins perdus » des mêmes auteurs, nous avons acheté cet album. J’ai été déçu… Certes le dessin est très beau, mais, j’avais, inconsciemment peut-être, envie de retrouver la même ambiance que dans les autres albums, ce qui n’est pas le cas. Ce que je comprend, vu que le thème est totalement différent. Ce qui m’a surtout gênée est cette voix off, qui tout au long de l’histoire m’a profondément ennuyée. De plus, j’ai eu beaucoup de mal à admettre que la non traduction des dialogues russes et allemands était nécessaire à l’histoire.Bref, pas vraiment emballée.

    Aimé par 1 personne

    1. Dans ce genre d’ouvrage, en effet il vaut mieux penser « seconde guerre » que les précédents titres des auteurs. Peut-être qu’une relecture vous amènera une meilleure appréciation 😉 qui sait.

      Aimé par 1 personne

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