Le droit du sol – Journal d’un vertige

Scénario : Etienne Davodeau
Dessin : Etienne Davodeau
Éditeur : Futuropolis
216 pages
Date de sortie : 06 octobre 2021
Genre : Reportage écologique

Ici se joue quelque chose qui en dit long sur notre rapport à cette planète et à son sol. Ce n’est rien qu’une intuition, mais c’est celle qui m’a lancé sur ces sentiers.

Présentation de l’éditeur

En juin 2019, Étienne Davodeau entreprend, à pied et sac au dos, un périple de 800 km, entre la grotte de Pech Merle et Bure. Des peintures rupestres, trésors de l’humanité encore protégés aux déchets nucléaires enfouis dans le sous-sol, malheur annoncé pour les espèces vivantes. Étienne Davodeau, sapiens parmi les sapiens, interroge notre rapport au sol. Marcheur-observateur, il lance l’alerte d’un vertige collectif imminent et invite à un voyage dans le temps et dans l’espace.


De quelle planète les générations futures hériteront-elles ? Qu’allons-nous laisser à celles et ceux qui naîtront après nous ? Comment les alerter de ce terrible et réel danger pour leur survie ? Il est de notre responsabilité collective d’avancer sur les questions énergétiques pour protéger la « peau du monde ».


Dans cette marche à travers la France, il est parfois accompagné d’amis, de sa compagne, mais aussi de spécialistes, qu’il convoque sur ces sentiers pour qu’ils nous racontent l’histoire unique du sol de notre planète, ou encore celle du nucléaire et de ses déchets, dangereux pendant plusieurs centaines de milliers d’années.


À la marge du témoignage et du journalisme augmenté, le Droit du sol marque le grand retour d’Étienne Davodeau à la bande dessinée de reportage.

Mon avis

Ce n’est pas vraiment un mystère, avec Davodeau, chez Futuropolis, en général, question qualité, on est servi… Ce Droit du sol ne fait certainement pas exception à cette sympathique règle.

Il faut dire que le sujet est éminemment intéressant parce qu’en plus de tous nous concerner, il nous dépasse en tant qu’individus et s’adresse à nous en tant que membres de l’espèce humaine. L’abolition de la distance temporelle entre les peintures rupestres ancestrales, notre époque et le futur lointain de ces déchets nucléaires et, par ailleurs, également, de la distance géographique (que sont ces 800 kilomètres parcourus à pied sur notre immense planète ?), nous permet de relativiser pas mal de choses concernant ce que l’on peut se permettre ou non quant à l’environnement que nous habitons à la surface de la Terre.

Ici, Davodeau nous démontre le plus simplement du monde, en marchant et en dessinant, que nous sommes autant liés à notre passé qu’à notre futur. Les Hommes préhistoriques du passé nous ont « légué » des dessins sur les parois de leurs grottes, et, pas si loin que cela, puisqu’on peut s’y rendre à pied, nous autres, humains d’aujourd’hui, nous apprêtons à « léguer » à d’autres humains, ceux du futur, des déchets empoisonnés dont on a aucune idée de l’état de sécurité ou de danger dans lequel ils leur parviendront. Certes, il y a toujours un peu le côté « débat entre pros et anti-nucléaires », et l’auteur ne cache bien évidemment pas ses opinions à ce sujet, mais, justement, le sujet n’est pas là… Ou plutôt, il n’est plus là ? Il n’y a plus à être pour ou contre le Nucléaire en tant que tel, les déchets sont déjà là et maintenant qu’est-ce qu’on en fait ? Comment peut-on éviter de transmettre à l’Humanité de demain ce cadeau plus qu’empoisonné. Accessoirement, la question du « comment fait-on pour arrêter de produire encore et toujours plus de déchets de ce type ? » se pose également, mais c’est plus une conséquence qu’un point de départ.

Il faut dire également que les scientifiques que « convoque » notre dessino-randonneur aident à mettre en perspective pas mal de problématiques auxquelles on n’aurait pas pensé d’emblée. J’ai pour ma part été très troublé par l’intervention de la linguiste qui nous explique que, forcément, sur des échelles de temps aussi longues que celles dont on parle avec certains déchets, les langues et moyens de communication auront tellement changé et évolué qu’absolument rien ne garantit que nos descendants seront en mesure de comprendre le simple et bête message accompagnant ces déchets : « Attention DANGER ! ».

Quoi qu’il en soit, ce carnet de voyage à travers la France, avec son style inimitable, rend effectivement très agréable l’abord de ce sujet pourtant grave et sensible. D’ailleurs, les BD de Davodeau, ça me fait toujours un peu ça. Comme le dessin est à la fois beau et simple, ça donne presque envie de dessiner soi-même et/ou de faire de la BD… Alors qu’en fait… euh… ben non… Le talent et le travail d’une vie ça ne s’invente pas… Et puis sur le sujet du voyage, c’est un peu pareil. Il se tape 800 kilomètres à pied en quelques semaines et on se dit : « pourquoi pas nous ? », et des idées de voyages nous envahissent… Et là, ben… oui… Pourquoi pas…?

Non, franchement, c’est un superbe album que je vous recommande particulièrement.

ScénarioDessinico_Album
coeur_quatre coeur_quatre coeur_quatre

Odradek

3 commentaires sur “Le droit du sol – Journal d’un vertige

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  1. Belle chronique ! Bcp de messages dans les albums de Davodeau et celui la ne fait pas exception. J’ai marché sur compostelle pendant une semaine et c’est exactement ce que décrit l’auteur : un moment d’introspection et des rencontres. J’ai ecouté son interview sur France Inter : pertinent le bonhomme !

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