Les Anges d’Auschwitz

Scénario : Stephen Desberg
Dessin : Emilio Van Der Zuiden
Éditeur : Paquet
80 pages
Date de sortie :  29 janvier 2020
Genre : Histoire

Un goût de trop peu pour ce récit relatant l’Histoire dans ce qu’elle a de plus sombre. Peut-être […] trop pudique là où le public a bien besoin d’un coup de poing dans la figure pour ne jamais oublier le drame de cette époque sanglante.

Présentation de l’éditeur :

La vie s’écoulait paisiblement à Varsovie en cet hiver 1929. Une famille heureuse, loin de se douter que cette paix ne durera pas longtemps. 1939, l’invasion allemande. Les juifs sont conduits dans le ghetto, première étape avant les camps… Auschwitz, l’horreur. Alors si un ange se présente à vous, il ne faut pas le laisser s’envoler. Elle s’appelait Hannah, et ce fut mon ange. Mais que peut un ange face à la barbarie, à l’indicible, au pire…

Auschwitz aujourd’hui, c’est un silence qui hurle. Un silence pour nous laisser imaginer l’écho de l’horreur, la mémoire des cris et des prières.

Parmi les portraits du souvenir, celui de David. Le regard de la douleur, mais aussi de l’espoir. La volonté de ne pas avoir été abandonné, de ne pas lâcher prise. Car même au cœur de l’inhumanité, les anges ne peuvent jamais être loin. Et celui qui pleure n’est pas toujours celui qui souffre le plus

Sans titre 4

Mon avis :

Si vous tapez « anges d’Auschwitz » sur google, vous aurez peu de chance de tomber sur cet album. Par contre, vous tomberez sûrement sur une panoplie de donzelles que les juifs préféraient fuir, contrairement aux anges de cette histoire.

En effet, quelques gardiennes du camp Nazi se sont fait gratifier de ce compliment tout en étant de vraies démones pour les prisonniers, sadiques au possible et tortionnaires inégalables.

Or les anges présentés par Stephen Desberg sont ceux de la Kabbale, croyance juive encore assez répandue de nos jours. Notons par exemple que Madona est Kabbaliste. Cette petite parenthèse étant faite, revenons au récit de cet ouvrage. À force de chercher les anges dans chaque recoin du camp, les horreurs qui y ont été perpétrées sont reléguées au second plan, ce qui est un peu dommage.

Sans titre 2

Loin de vouloir du sensationnel, parler d’Auschwitz implique souvent l’horreur pure qui y a eu lieu, non pas de simple passage à tabac pour briser la foi des gens. Auschwitz, c’était plus que ça, c’était l’Enfer sur Terre, C’était des montagnes de cheveux entassés dans des recoins après avoir rasé toutes les cargaisons de marchandises humaines, c’était des vêtements triés, empilés, … des dents en or, des bijoux : tout ce qui restait d’espoir matériel aux juifs, volés, arrachés de force avant de subir l’indicible.

Les travaux forcés, la torture, le transport des cadavres squelettiques vers les fosses communes, les cris des condamnés à la chambre à gaz, le silence pesant une fois le poison inhalé… Auschwitz ne peut décemment par se résumer à croire aux anges et espérer les voir pour s’en sortir, ce n’est pas la folie d’un nazi près à tabasser un homme jusqu’à l’extrême limite de ses forces pour découvrir ces êtres célestes tapis dans l’ombre de son camp d’extermination.

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Il y avait tellement plus à dire, tellement plus à montrer ! Hormis le protagoniste principal qui espère que les anges entendront ses prières, les autres passent et meurent sans réel impact sur le lecteur. Quant aux retombées sur les autres prisonniers, certes ils en parlent entre eux, certes on peut voir quelques morts, souvent pendus d’ailleurs, et ça s’arrête à peu près là… hélas.

Un goût de trop peu pour ce récit relatant l’Histoire dans ce qu’elle a de plus sombre. Peut-être que l’auteur et Emilio Van Der Zuiden, le dessinateur, se sont montré trop pudiques là où le public a bien besoin d’un coup de poing dans la figure pour ne jamais oublier le drame de cette époque sanglante.

ShayHlyn

3 commentaires sur “Les Anges d’Auschwitz

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  1. Effectivement, un gout de trop peu . Je pense qu’il y avait dès le départ une erreur de casting, Desberg n’est pas très fort quand il s’agit de restituer des émotions….

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  2. Je trouve également que le dessin est trop propre et atténue le véritable enfer et l’horreur qu’ont dû vivre ces pauvres gens. Je pense que la crasse et la laideur sont plus réalistes pour ce genre de situations dramatiques.
    De toute façon, je n’ai pas le courage de lire de telles histoires, au même titre que les infos sur la cruauté envers les animaux… je préfère ne pas y penser.
    Pas envie de faire des cauchemars.😢

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  3. Le terme est approprié « propre » mais aussi, trop « lisse ». Certes le personnage s’en prend plein la figure mais ça reste étrangement gentil… alors qu’on parle d’Auschwitz quand même.

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