La guerre des Sambre : Maxime et Constance

Scénariste : Yslaire
Dessinateur & coloriste : Marc-Antoine Boidin
Éditeur : Glénat
88 pages
Sortie : le 17 janvier 2018
Genre : Historique – Drame


 Présentation

Conclusion de l’ultime trilogie de La Guerre des Sambre, le 3e chapitre de Maxime & Constance en est la clé de voute, le chaînon sanglant de la malédiction familiale.

Avant l’apothéose de la série culte Sambre, Yslaire conclut tragiquement l’ultime trilogie de La Guerre des Sambre, dans un format exceptionnel de 87 pages.

4159092214

Mon avis

Louise pleure toutes les larmes de son corps…du moins, ce qu’il lui en reste. Abandonnée avec ses fils jumeaux, elle donne naissance à une fille, enfant qui ne survivra pas.

Paris, juin 1794. Écrivant de nombreuses lettres à sa mère, sans la moindre certitude que celle-ci les reçoive, elle démontre dans chaque mot, le désespoir de son quotidien. Exilée depuis 5 ans, prise au piège de la manière la plus abominable par un mari qui l’a trahi, loin est derrière elle la couleur du bonheur. Chaque jour la prive un peu plus de liberté et la rapproche de l’inéluctable fin tragique : son exécution. Tout comme son fils, François de 12 ans qui vit dans la terreur. Son autre fils sera épargné, les docteurs le diagnostiquent de débilité. Dans une semaine tout au plus, la mort les attendra. Et ou se trouve Maxime? Dans les bras de filles de joie serait encore pour Louise une satisfaction. Mais il est épris de manière radicale pour Constance, qui plus machiavélique que jamais, joue de lui et met en place un processus abominable.

Louise revoit son passé, et ne comprend rien à sa situation si catastrophique d’un aujourd’hui sans lendemain. Elle se remémore néanmoins qu’il demeurait une once d’espoir, mince certes, mais tolérable lorsqu’elle se vit offrir par sa sœur Germaine, les appartements à l’hôtel des innocents. Accompagnée à ce temps là par Robespierre. Mais la noirceur invivable de la Révolution transpire à chaque recoin, et ses larmes se transforment peu à peu en véritable calvaire. Elle restera 3 longues années en ces lieux, espérant que son mari obtienne la possibilité d’un ailleurs – partir pour l’Angleterre – ou en terrain plus faste. Paris est sous surveillance, chacun tente de dénoncer à titre personnel, la Révolution engendre la peur et la traîtrise. Que ne ferait-on pas pour un morceau de pain?

Louise voit en Maxime un monstre qui la traumatise. Elle vit recluse dans la crainte d’être dénoncée pour complot royaliste ou qu’un ancien domestique, pour ne pas l’avoir salué en citoyen. Plus d’un aristocrate se voit modifier ou raccourcir leur nom par précaution d’être condamné. Quant à Maxime, il profite des bienfaits d’un homme de sa condition, savoure les délices des prostituées…bien que pris au piège de son amour pour Constance, il devra endosser la force et la détermination de cette dernière. Car Constance représente la lumière, le destin enflammé pour qui il pourrait tout perdre…

-> l’avis commence ici

Que dire concernant cette conclusion, si ce n’est un magnifique mais ô combien horrible dénouement. Yslaire nous livre ici une véritable toile scénaristique, telle une cendre qui se consume jusqu’à l’extinction. Les dernières pages du récit atteignent un niveau d’atrocité psychologique rarement vu ou rédigé. Son personnage central, Constance joue certes les salopes avec un grand S, on ne peut cependant que la féliciter avec de tels arguments et stratagèmes mis en place. Une putain du peuple qui gravit les échelons de la victoire plus qu’immorales. Et finalement, son pantin, le si fort Maxime rampera vers elle, et la comblera au détriment de tout, et de tous.

En lisant ce chapitre final, cela nous évoque ce qu’aurait pu concocter le Marquis de Sade dans toute sa splendeur. La qualité graphique tout bonnement éblouissante, contribue à élever cette trame macabre. Le trait de Marc-Antoine Boidin réaliste et provoquant émerge littéralement. Sa pellette de couleurs cloue le bec de bout en bout. C’est bien simple, on se sent aspiré tel des fétus de paille au travers d’un orchestre philharmonique.

Chef-d’œuvre!

 9782723499224_p_1-771x1024-thumb

Coq de Combat

  

 

 la guerre des sambre,yslaire,boidin,glénat,910,drame,012018

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :