
Marco ? Vous connaissez, un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout ?
Une interview qui va lever le voile sur cet homme intrépide aux célèbres jeux de mots.
1. Peux-tu nous raconter la genèse et tes motivations qui t’ont poussé à faire un blog ?
Au départ, voici quelques années, j’écrivais de temps à autre des poèmes et j’avais noué des contacts avec une Québécoise (Sophie.net) dont le message était fort similaire au mien. Elle avait accepté d’héberger mes textes sur son site et comme notre amitié virtuelle devenait très forte, je lui permettais de les adapter à sa manière, plus libre et moins ‘classique’. J’avais néanmoins envie de m’exprimer dans mon propre espace mais la complexité des systèmes de l’époque pour créer un site me faisait un peu peur. Un jour, j’ai invité une amie, la créatrice du blog ‘Amaretto’, à la maison et elle m’a montré à quel point les skynetblogs étaient faciles à créer et à gérer. Le soir même, je retournais voir son blog et j’essayais de réaliser le mien.
C’était d’abord une sorte de journal où je racontais ma vie, mes soucis, mes joies puis j’ai eu le tort de le faire connaître à quelques personnes qui en ont trop su sur ma vie privée et j’ai alors décidé de le limiter à la poésie. J’ai ensuite découvert le blog de Nola, qui faisait un jeu de mots presque chaque matin et je m’amusais à en rajouter via ses commentaires. L’inspiration poétique s’est tarie et j’ai demandé à Nola s’il verrait un inconvénient à ce que je poursuive mon blog exclusivement sur le thème des jeux de mots. Il n’y voyait aucun problème de ‘concurrence’. Peu à peu, les chroniques de livres sont venues s’intercaler et ont fini par devenir le noyau de mon blog.
2. Quelles sont tes plus belles satisfactions que ce blog t’a apportées ?
Il y en a quelques-unes. La première est qu’il a débouché indirectement sur ma rencontre avec mon épouse, qui m’a donné le plus bel enfant du monde (évidemment !), mais c’est mon petit jardin secret. La seconde, ce sont les autres rencontres qu’il m’a permis de faire, notamment toi (ben oui) et DePa, le créateur du personnage Sumoups. Peut-être cela va-t-il déboucher sur une première édition… ?
3. Des regrets aussi peut-être ?
Peut-être le fait de ne pas y connaître grand chose en HTML, Flash, Java… car j’aurais aimé personnaliser mon blog au maximum. A part cela, je pense que ce blog ne m’a apporté que du bon.
4. Que souhaites-tu maintenant à ton blog ?
De continuer sur sa lancée. Je lui souhaite aussi que je trouve le temps de m’intéresser au Webdesign ou que je tombe sur une bonne âme qui pourrait m’aider gracieusement à le rendre plus attrayant 😉
5. Parle-nous un peu de ce projet avec DEPA.
Cela faisait longtemps que je désirais illustrer mes jeux de mots et j’avais essayé de le faire via deux personnages – Angelo et Belzébuth – mais je ne suis pas un dessinateur et cela me prenait énormément de temps, sans oublier que cette idée était assez manichéenne. J’ai donc inséré un petit message sur mon blog pour demander une collaboration, mais cela n’a rien donné. Un certain Samba m’a alors transmis l’adresse e-mail d’un groupe de dessinateurs. J’ai lancé un appel et j’ai reçu deux réponses qui, au final, n’ont rien donné.
J’ai donc décidé de prospecter les blogs pour voir s’il n’y avait pas un dessinateur susceptible de travailler avec moi. Je me suis souvenu de DePa et je me suis dit ‘pourquoi pas ?’. Je lui ai proposé une collaboration et il a directement accepté.
Je dois dire qu’il s’agit d’une belle rencontre car nous nous comprenons parfaitement. Il a l’art de trouver rapidement la façon dont on pourrait illustrer mes textes, parfois de façon inattendue. Je sais pertinemment que mes mots d’esprit ne sont pas tous de la même qualité, mais je pense que les meilleurs d’entre eux pourraient avoir leur place dans l’édition. De toute façon, c’est un rêve et il faut y croire ! Nous travaillons d’ailleurs dans ce sens et certains dessins ont été remaniés presque une dizaine de fois, jusqu’à ce que nous soyons tous les deux d’accord. Depa doit à présent les refaire pour les colorier à l’aide d’un logiciel qui les rendra plus compatibles avec l’esprit BD. Nous ne nous arrêterons d’ailleurs pas là car son personnage se prête à merveille à la réalisation de cartes pour diverses occasions.
Le résultat final de notre collaboration devrait être un mélange de dessins et de jeux de mots que nous avons qualifiés de ‘difficilement illustrables’ avec son personnage. Celui-ci est, en effet, plutôt sympathique, rigolo et bon enfant alors que certains de mes textes sont plus mordants, croustillants, érotiques, voire crus. Il y aurait donc un décalage s’ils sortaient de la bouche de Sumoups.
Nous travaillons à un rythme soutenu. Le plus difficile reste toutefois à venir…
6. Les livres sont ta grande passion, mais comment fais tu pour en lire autant ?
Je n’en lis pas autant que je voudrais malheureusement (notamment parce que j’aime les ‘briques’ et que le nombre de pages réduit le nombre de livres 🙂 ), mais je profite de chaque instant disponible pour lire. Ainsi, je ne vais jamais aux toilettes les mains vides 🙂 Et le soir, il m’arrive même d’utiliser des boules Quiès pour ne pas être dérangé par la télé. Si je dois aller à la Poste, à la banque, chez le médecin, bref partout où je suis susceptible d’attendre, j’emporte un livre avec moi. De plus, je me suis rendu compte qu’en général, les livres étaient bien meilleurs et plus profonds que leur adaptation cinématographique. Donc, je fais l’effort d’imaginer au lieu de laisser l’écran me mâcher la besogne. Enfin, vu mon métier de traducteur, la lecture est en quelque sorte un outil de travail.
7. Je sais que tu es ceinture noire de Kung Fu, une philosophie de vie aussi ?
Tout à fait. Cet art martial chinois vous apprend l’humilité, mais aussi le courage, la persévérance et ‘l’accomplissement de soi’. C’est d’ailleurs la traduction de ‘kung fu’. Ainsi, tu peux développer ton ‘kung fu’ en cuisine, en dessin, dans ton travail… D’après ce que je vois, tu devrais être au moins ceinture noire dixième DAN en lecture de BD ! 😉
C’est tellement ancré en moi qu’après avoir déménagé de Bruxelles, je n’ai plus qu’une seule solution pour progresser : ouvrir ma propre salle et enseigner. C’est aussi un
projet en cours, qui devrait démarrer au mois de septembre.
8. Tu adores jouer avec les mots, d’où te vient cette facilité à trouver autant de jeux de mots ?
Une grande partie d’entre eux viennent des textes que je traduis : il m’arrive souvent de tomber sur un mot et de me dire ‘Tiens, ça pourrait donner tel jeu de mots’. Je pense aussi que c’est la nature de mon humour. Certains savent raconter des blagues, d’autres faire des farces. J’utilise simplement ce que je connais. Comme je suis dans le langage du matin au soir, c’est ma façon de décompresser. J’ai aussi très souvent la tête dans mes ‘nuages’.
Mon mécanisme se présente un peu comme ceci : je vois le mot ‘nourrir’ dans un texte. Un tas d’expressions défilent alors dans ma tête, comme un ‘feu nourri’, puis je pense au champ sémantique du mot ‘nourrir’ et la ‘faim’ vient à mon esprit. De là, ‘affamer’ puis la phrase se forme et cela donne, par exemple :
‘Les tyrans qui affament leur peuple
meurent souvent sous un feu nourri’.
J’essaie toujours de faire une phrase en deux parties qui peut se lire dans le sens ‘normal’ ou dans le sens ‘jeu de mots’, lequel vise à entraîner un sourire ou une réflexion.
9. Revenons aux bouquins, quel est ton livre fétiche ?
Je dirais qu’il y en a trois :
Au-delà de nos rêves, de Richard Matheson, l’une des plus belles histoires que j’aie lues.
Va au bout de tes rêves d’Antoine Filissiadis, qui a vraiment changé ma façon de voir la vie.
Où es-tu, de Marc Lévy, qui m’a fait pleurer mais parce que le sujet ressemblait fort à ce que je vivais à l’époque.
10. Est ce que tout jeune tu dévorais autant les bouquins ?
Absolument pas. Je détestais même cela, à cause des livres imposés par le programme scolaire, qui me semble totalement inadapté. En ce qui me concerne, je pense que les professeurs de français devraient donner envie de lire à leurs élèves et ce n’est pas en leur infligeant du Zola, du Balzac, etc. qu’ils y arriveront. Tout est une question de timing. Les amateurs arriveront bien d’eux-mêmes vers ces auteurs s’ils correspondent plus à leur goût mais la façon d’écrire et les intrigues proposées sont tout sauf palpitantes. Et dégoûtent les jeunes à tout jamais. C’était le cas à mon époque et j’espère que mon fils ne devra pas lire ces outrages… pardon : ouvrages – que certains peuvent aimer mais que je trouve absolument ringards, dépassés et pénibles à lire. Il s’en est fallu de peu pour moi. Un jour, un collègue de travail m’a apporté ‘Sauvez la fille’ de San-Antonio et m’a dit ‘Ça, tu vas aimer !’. J’ai effectivement adoré et depuis lors, ma bibliothèque a accueilli plus de 800 bouquins. Evidemment, du San-A au secondaire, ça ferait mauvais genre, mais le choix ne manque pas.
11. Un petit questionnaire de Proust pour finir.
Qui aimerais-tu être ?
Moi-même en plus grand, en plus jeune, avec plus de cheveux, plus riche, avec un corps de rêve,… mais serait-ce encore moi-même ? 🙂
Où aimerais-tu vivre ?
N’importe où du moment qu’il fasse plus chaud que dans la province du Luxembourg et qu’on y mange à sa faim.
Pour quelle faute as-tu le plus d’indulgence ?
La bêtise : les personnes atteintes ne s’en rendent pas compte…
Quel est ton héros de roman préféré ?
J’aurais plutôt un type de héros : Monsieur tout-le-monde qui tombe dans le pétrin et doit s’en sortir par ses propres moyens.
Quel est le trait principal de ton caractère ?
L’excès.
Qu’apprécies-tu le plus chez tes amis ?
Leur fidélité.
Quel est ton principal défaut ?
Je suis hyper rancunier. Je me souviens toujours du type qui me terrorisait à l’école quand j’avais 15 ans, donc voici…24 ans, et je rêve en secret d’aller lui demander de recommencer pour voir.
Ta fleur préférée ?
Je suis anosmique donc je ne sens pas l’odeur des fleurs. Esthétiquement, j’aime beaucoup la rose rouge.
Que détestes-tu le plus ?
Le froid.
Ta devise ?
La vie n’est jamais que ce qu’on en fait.
Comment aimerais-tu mourir ?
Dans mon lit, sans m’en apercevoir.
12. Une question que tu aurais voulu avoir mais que je ne t’ai pas posée ?
Oui, la chose dont je suis le plus fier : mon fils Florian ! Son prénom vient du café Florian à Venise, symbole de l’amour, qui trône sur la place… Saint-Marc 🙂
Merci Marco pour cette interview qui pour ma part fut très agréable à réaliser.


ultra sympathique comme idée
j’ai vraiment été attentive jusqu’au bout de cet interview
bravo les gars
on te connait un peu mieux maintenant Marco , je trouve l’interview très sympa ! Chouette idée …
Bravo Samba .. Bravo Marco !
Et je me réjouis de voir les autres interviews de Samba
c’est vrai ça ! très sympa comme idée !
et si on s’en servait pour la rubrique présentation du forum ? qu’en pensez vous ?
cette interview ! 🙂
en plus j’ai appris le mot « anosmique » que je ne connaissais pas.
tu l’es depuis ta naissance ? j’imagine que tu as appris à vivre avec, mais ça ne doit pas être marrant tout les jours, l’odorat c’est super important :-/
bravo à vous 2 pour cette interview ! 🙂
il a une drôle de tête ce gars-là
et puis il lit pas mal ce type -là
complètement gaga (mdr)
il a un drôle de blog ce gars -là
allez un peu le lire , heu les gars
le voici , le voilà
http://marco.skynetblogs.be/
NB voilà , fallait me débarasser de ces paroles que j’avais dans ma tête : ouf je suis plus légère comme ça .
De fil en aiguille, de Oopsourire j’aboutis ici pour en savoir plus sur notre Marco national.
Un peu jeunot pour être interviewé chez Seniormania, c’est donc un plaisir d’en apprendre plus ici sur ce talentueux jongleur de mots.
Merci Samba !
Je l’ai, apparemment, depuis que j’ai été opéré des amygdales. D’après mes parents, j’ai eu extrêmement peur du masque et cela aurait pu bloquer mon sens de l’odorat, que j’aurais in volntairement associé à la peur et à la mort. D’un autre côté, il paraît que les amygdales ne sont ps loin de certains nerfs olfactifs. Ils ont peu-être mal charcuté. Mais il m’est déjà arrivé de sentir quelque chose, comme ma transpiration, par exemple, à des moments où j’étais particulièrement zen (non, je ne plaisante pas, je suis très sérieux), par exemple lors d’un entraînement très intense, où j’étais vraiment ‘dedans’. Donc, il y a peut-être un blocage quelque part. Je suis de ceux qui pensent que quand on sait d’où vient le problème, il est quasi résolu, mais parfois, j’ai beau me concentrer, je ne sens rien du tout. C’est avantageux pour les cadeaux laissés par les chiens ou les langes du petit :), mais un peu moins quand il faut se choisir un parfum, dire à sa femme qu’elle sent bon, sentir son enfant, sentir ce qui a été cuisiné ou simplement, comme il m’est arrivé un jour, quand on ouvre un bec de gaz d’une cuisinière par inadvertance et que c’est la petite amie en rentrant qui dit ‘Mais ça sent le gaz, ici !’. Sans oublier que dans la vie de tous les jours, beaucoup de gens ont des réflexes dus aux odeurs : porter un aliment au nez, un verre de vin, ne pas déposer ses chaussettes sur ses vetements, mettre du déo, etc. Ben ces réflexes, je ne les ai pas ou j’ai duû apprendre à y penser. Snif… violons, s’il vous plaît 🙂
merci pour ces précisions Marco :-)n =:
r
merci pour ces précisions Marco ! 🙂
non je rigole mais c’est trés sympa. je vais souvent sur ton blog Marco tu le sais, et sur oopsourire aussi et j’apprécie tes conseils de lecture et ton humour donc je suis ravie. merci Samba et merci Marco!