JOSEPH CAREY MERRICK

 

Couv_187198.jpgPlancheA_187198.jpgDessin : Denis Van P – scénario: Denis Van P & Serge Perrotin

Editions Sandawé

Sortie : 22/05/2013

72 pages

Prix conseillé : 16,95 €

ISBN : 9782930623108


Joseph Carey Merrick,  Elephant Man, biographie.

 

 

Résumé (de l’éditeur): Difforme dès sa petite enfance, infirme suite à un accident à cinq ans, orphelin de mère à onze ans, rejeté par sa belle-mère, obligé par celle-ci à travailler à douze ans, expulsé du domicile familial par son père, montré comme un phénomène de foire, arnaqué par son impresario…

Quel chantre du mélodrame aurait osé un destin aussi noir sans craindre de se ridiculiser ?

Et pourtant, ce fut la vie de Joseph Merrick, tellement tragique qu’elle inspira plusieurs auteurs, dont David Lynch et son fameux film «The Elephant Man». Voici la première biographie en bande dessinée de ce personnage hors du commun.

 

1305261733140001.JPG

 

Mon avis : Rimbaud, James Joyce, Joseph Carey Merrick…Voilà trois biographies qui sortent coup sur coup chez des éditeurs différents. Trois destinées hors du commun mais trois manières différentes de les traiter au niveau graphique. Je ne vous cache pas que lorsque j’ai découvert cet album, je me suis dit « encore un album tragique avec un dessin rond et simplifié, voire enfantin pour faire passer la pilule ». Bref, cela va faire pleurer dans les chaumières… Ce n’était pas l’enthousiasme au premier abord et j’ai laissé l’album de côté pour enfin pouvoir le lire à l’aise et au calme pendant le week-end.


Je ne peux que me féliciter d’avoir attendu un moment propice pour le lire car cet album est vraiment excellent. On n’en ressort pas indemne. Je suis passé par divers sentiments qui vont de la pitié à la révolte, de la révolte au soulagement. En refermant l’album, on se dit que dans le noir du noir, il y a toujours une petite lumière au fond du tunnel.


Denis Van P - cre¦üdit photo -® A. Ghys.jpgIl faut savoir d’abord qu’il s’agit d’un projet de longue haleine porté au départ par Denis Van P, un bruxellois né en 1974. Il travaille comme cadre au sein d’une grande institution financière française… Il a toujours dessiné. C’est en voyant le film de David Lynch en 1986 ou 1987 qu’il décide de lire la biographie de Joseph, écrite par Michael Howell et Peter Ford. Il a alors 12 ans et va se passionner pour le sujet, accumuler la documentation, les photos d’époque… En 2005-2006, il va dessiner les 55 premières planches qui se focalisent sur les 20 premières années de Joseph, les années noires (il décédera à 28 ans). Aucun éditeur ne veut de son travail jusqu’à ce qu’il entende parler de Sandawé en 2010. Il présente son travail et Patrick Pinchart lui suggère d’y apporter des changements avec l’aide du scénariste Serge Perrotin. Ils décident en fin de compte de raconter également la fin de la vie de Joseph, les années de bonheur. Du coup, l’album ne raconte pas qu’une histoire tragique mais aussi une jolie fin, une sorte de « happy end » qui va emporter l’adhésion du lecteur.

Joseph Carey Merrick - Planche 14.jpg

Au niveau du dessin, je l’ai déjà dit, il s’agit d’un dessin rond, digne de passer dans le journal de Spirou. Ce genre de dessin adoucit les traits. Mais la colorisation va encore accentuer cet effet tout en rendant l’ambiance sombre. Le trait de Denis van P y perd en qualité mais l’ambiance générale de l’histoire y gagne en noirceur. Les années sombres sont autant de cases disposées sur un fond noir. Puis tout à coup, avec l’arrivée des années plus heureuse, le noir fait la place à une case blanche…On retombe dans des feuilles blanches, une bande dessinée plus conventionnelle au niveau du dessin. Cette transition graphique est très bien faite et donne au lecteur une impression de sortie du tunnel.

1305261734390001.JPG

Par moment, le lecteur est prêt à laisser couler une larme. Les auteurs sont parvenus à faire passer des sentiments forts comme la compassion, la révolte, la méchanceté gratuite, la différence et l’indifférence, le rejet, la rédemption, l’espoir… La société est cruelle mais parfois on y rencontre des gens bien… Joseph Carey Merrick dans son immense malheur se contentait de peu pour être heureux. Une leçon de vie. Un coup  de cœur assurément !

 

Graphisme :      

Scénario :        

Moyenne :        http://img96.xooimage.com/files/e/7/c/a09-3e78912.gif

Liens vers le site internet de Sandawé : ICI.

 

Capitol.

1305261733580001.JPG

JAMES JOYCE – L’HOMME DE DUBLIN

Couv_187858.jpgPlancheA_187858.jpgDessin & scénario: Alfonso Zapico

Editions Futuropolis

Sortie : 07/05/2013

240 pages

Prix conseillé : 27,00 €

ISBN : 9782754808934

James Joyce, littérature, Irlande, biographie.

 

 

Résumé (de l’éditeur): James Joyce (James Augustine Aloysius Joyce, 1882 à Dublin – Janvier 1941 à Zurich) est un romancier et poète irlandais expatrié, considéré comme l’un des écrivains les plus influents du XXe siècle. Ses oeuvres majeures sont un recueil de nouvelles, intitulé Dublinois, et des romans tels que Dedalus, Ulysse, et Finnegans Wake. Bien qu’il ait passé la majeure partie de sa vie en dehors de son pays natal, l’expérience irlandaise de Joyce est essentielle dans ses écrits et est la base de la plupart de ses oeuvres. En racontant son histoire, Alfonso Zapico nous aide à comprendre les liens qu’il peut y avoir entre son oeuvre fictionnelle et sa vie de famille, ses amis mais aussi ses ennemis, son enfance, ses études, la misère… Plus étonnant encore, les lecteurs découvriront comment le chantre de Dublin était avant tout un voyageur impénitent.

 

 

1305201510550001.JPG

 

Mon avis : Futuropolis continue à nous abreuver de biographies de grands auteurs, d’adaptation de chefs d’œuvre de la littérature et ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre !

C’est toujours fascinant de voir comment s’est construite l’œuvre d’un auteur au travers de son vécu, de ses expériences. James Joyce ne va pas aller à contre-courant de cette dominante.

1305201512360001.JPG

Ce qui impressionne dans cette vie, c’est James Joyce lui-même. Bien qu’il vive par moment dans la misère, il ne fait vraiment rien ou pas grand-chose pour faire changer la donne. L’argent reçu est aussitôt dépensé en restaurant, en beuverie alors qu’il n’est même pas capable de payer son loyer, qu’il vit à crédit chez des commerçants ou via des amis…Son père n’a pas été un exemple, loin de là. En plus, c’est un irlandais. Les pubs, la musique, la façon de refaire le monde devant un verre ou des verres,…Il ne peut renier ses origines. Profiter de la vie quoi qu’il en soit, sans peur du lendemain. Et pourtant, il va bien vite partir d’Irlande sans jamais y revenir. Mais cela ne l’a pas empêché de beaucoup voyager et de vivre notamment en Italie, Suisse, France,…Mais, son sujet principal a toujours été l’Irlande qu’il a connue dans la première partie de sa vie.

1305201514250001.JPG

Ce qui impressionne également à la lecture de cet album, c’est la difficulté qu’il a de se faire éditer. Sa prose est superbe mais le contenu de ses romans fait peur aux éditeurs et surtout aux imprimeurs qui peuvent être poursuivis pour avoir publié des écrits qui peuvent choquer une certaine société pudibonde, qui vit sous une chape de plomb imposée par l’Eglise.

1305201516030001.JPG

A niveau du dessin, il n’a rien de révolutionnaire, loin de là. Il illustre le propos plutôt  qu’il ne le fait vivre. C’est sobre et nous sommes loin d’un dessin détaillé et précis. Mais au final, même si le dessin n’est pas un sommet du genre, cela passe à la lecture.

1305201517010001.JPG

Une lecture qui m’a pris plus de deux heures. C’est très bien raconté avec les petites anecdotes qui cadrent bien avec le personnage, distillées tout au long de l’album. Rien d’extraordinaire au niveau du scénario, cela reste une narration somme toute très classique, mais bien racontée. C’est la vie de James Joyce qui est extraordinaire et s’emparer de sa vie pour la raconter est certes une excellente idée. Alfonsa Zapico s’est tire donc bien avec un album agréable à la lecture.

 

Graphisme :      7,0/10

Scénario :        8,0/10

Moyenne :        7,5/10

 

Liens vers le site internet de Futuropolis : ICI.

 

Capitol.

1305201521150001.JPG

Les petites chroniques (14)

WW 2.2  Tome 5 Une odyssée sicilienne

 

ww 2.2,blengino,del vecchio,052013,dargaud,510,guerre,uchronie,italie,sicile,39-45,la dynastie des dragons,herbeau-civiello,civiello,022013,delcourt,fantastique,410,seven shakespeares,sakuishi,kaze,manga,seinen,092012,910,l'homme qui n'aimait pas les armes à feu,western,lupano,salomone,champelovier,012013,8510ww 2.2,blengino,del vecchio,052013,dargaud,510,guerre,uchronie,italie,sicile,39-45,la dynastie des dragons,herbeau-civiello,civiello,022013,delcourt,fantastique,410,seven shakespeares,sakuishi,kaze,manga,seinen,092012,910,l'homme qui n'aimait pas les armes à feu,western,lupano,salomone,champelovier,012013,8510Scénario : Blengino, Luca
Dessin : Del Vecchio, Pasquale
Couleurs : Hubert
Dépôt légal : 05/2013  
Editeur : Dargaud
ISBN : 978-2-205-06804-7
Planches : 54

 

Allons droit au but !!!! Ce tome 5 est le plus faible et de loin de toute la série !!!!!  J’avais beaucoup apprécié le tome précédent et j’espérai que ce nouvel opus serait à la hauteur et bien non !!!!

 

L’histoire se déroule en Italie, juste avant le débarquement Alliés en Sicile.  Un déserteur de la marine Italienne se voit confier une mission secrète par le Vatican. Voilà pour le scénario. Scénario qui est inintéressant au possible !!! J’ai eu l’impression de déguster un plat en sauce, dont la sauce n’était absolument pas liée !!!!

 

Samba passe ton chemin !!!! Tu ne trouveras pas ton bonheur ici !!!!

 

Heureusement que je n’ai pas acheté Une odyssée sicilienne, j’aurai vraiment eu l’impression de m’être fait arnaquer !!!!

 

Ma note : 5/10 le dessin sauvant la mise.

 

Revedefer

 

 

***************************************************

 

La dynastie des dragons T3 : la prison des âmes.


ww 2.2,blengino,del vecchio,052013,dargaud,510,guerre,uchronie,italie,sicile,39-45,la dynastie des dragons,herbeau-civiello,civiello,022013,delcourt,fantastique,410,seven shakespeares,sakuishi,kaze,manga,seinen,092012,910,l'homme qui n'aimait pas les armes à feu,western,lupano,salomone,champelovier,012013,8510ww 2.2,blengino,del vecchio,052013,dargaud,510,guerre,uchronie,italie,sicile,39-45,la dynastie des dragons,herbeau-civiello,civiello,022013,delcourt,fantastique,410,seven shakespeares,sakuishi,kaze,manga,seinen,092012,910,l'homme qui n'aimait pas les armes à feu,western,lupano,salomone,champelovier,012013,8510Scénario : Herbeau-Civiello, Hélène
Dessin : Civiello, Emmanuel
Couleurs : Civiello, Emmanuel
Dépôt légal : 02/2013  
Editeur : Delcourt
ISBN : 978-2-7560-2817-0
Planches : 56

 

Dans sa quête éperdue pour arracher son fils des griffes du dragon Ying Long, la princesse aux mille prétendants sème l’effroi parmi les dragons. 

C’est bien joli des beaux dessins, encore faudrait il y annexer un scénario passionnant et compréhensible. J’avais bien aimé le début de ce triptyque mais là, j’ai  pataugé dans les noms et l’univers chinois. Et comme je n’avais aucune bouée de sauvetage, mon intérêt a sombré corps et âme avec les dragons.

Ma note : 4/10

Samba.

 

***************************************************

 

 

Seven  Shakespeares – Tome 3

ww 2.2,blengino,del vecchio,052013,dargaud,510,guerre,uchronie,italie,sicile,39-45,la dynastie des dragons,herbeau-civiello,civiello,022013,delcourt,fantastique,410,seven shakespeares,sakuishi,kaze,manga,seinen,092012,910,l'homme qui n'aimait pas les armes à feu,western,lupano,salomone,champelovier,012013,8510ww 2.2,blengino,del vecchio,052013,dargaud,510,guerre,uchronie,italie,sicile,39-45,la dynastie des dragons,herbeau-civiello,civiello,022013,delcourt,fantastique,410,seven shakespeares,sakuishi,kaze,manga,seinen,092012,910,l'homme qui n'aimait pas les armes à feu,western,lupano,salomone,champelovier,012013,8510Scénario & Dessin : Sakuishi, Harold
Editions Kazé
Manga Seinen
Sortie : 26/09/2012
260 pages
Prix conseillé : 9,99 €
ISBN : 978-2-8203-0488-9

Histoire, William Shakespeare, Manga

Mon avis : Alors que vient de sortir le tome 5, je me suis plongé avec retard dans le tome 3. C’est toujours aussi excellent tant au niveau du dessin, qui est vraiment très bon, que du scénario qui est novateur et très bien documenté sur l’époque, une époque en fin de compte peu traitée.


Cette série manga est vraiment ce qu’on fait de mieux au niveau de la catégorie    « Seinen » et « historique ». La série prend comme principe de départ que William Shakespeare n’a pas été seul pour écrire son répertoire que l’on connaît. C’est franchement bien ficelé !

Moyenne : 9,0/10

Capitol.

 

***************************************************

 

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu – T 2 : Sur la piste de Madison

 

ww 2.2,blengino,del vecchio,052013,dargaud,510,guerre,uchronie,italie,sicile,39-45,la dynastie des dragons,herbeau-civiello,civiello,022013,delcourt,fantastique,410,seven shakespeares,sakuishi,kaze,manga,seinen,092012,910,l'homme qui n'aimait pas les armes à feu,western,lupano,salomone,champelovier,012013,8510ww 2.2,blengino,del vecchio,052013,dargaud,510,guerre,uchronie,italie,sicile,39-45,la dynastie des dragons,herbeau-civiello,civiello,022013,delcourt,fantastique,410,seven shakespeares,sakuishi,kaze,manga,seinen,092012,910,l'homme qui n'aimait pas les armes à feu,western,lupano,salomone,champelovier,012013,8510Scénario : Lupano, Wilfrid
Dessin : Salomone, Paul
Couleurs : Champelovier, Simon
Dépôt légal : 01/2013  
Editeur : Delcourt
ISBN : 978-2-7560-2646-6
Planches : 46

 

 

Après avoir accordé un coup de cœur au T1 de l’Homme qui n’aimait pas les armes à feu, je me demandais si la suite serait à la hauteur. Eh bien, mission accomplie !

En effet la suite de cet excellent « désert movie » est à la hauteur de mes espérances. La traversée du désert n’avance pas très vite, mais c’est pour mieux dévoiler le secret des fameux papiers volés et la rencontre et les motivations des 3 personnages principaux à coups de flash backs judicieusement intercalés dans la quête de ceux-ci.

Wilfrid Lupano nous livre (encore) un scénario dense et cohérent avec des dialogues truculents et que dire des illustrations très fouillées du talentueux Paul Salomone réhaussées de sublimes couleurs ?

Cerise sur le gâteau : un superbe cahier graphique de 8 pages en fin d’album.

Vivement le 3e tome qui devrait nous en apprendre un peu plus sur le passé de cette garce de Margot !

 
Scénario : 9/10
Dessins et couleurs : 8/10

Global : 8,5/10


Dgege

RIMBAUD, L’INDESIRABLE.

 

 

Couv_187604.jpgPlancheA_187604.jpgDessin & scénario: Xavier Coste

Editions Casterman

Collection Univers d’auteurs

Sortie : 15/05/2013

128 pages

Prix conseillé : 22,50 €

ISBN : 9782203066465

Rimbaud, poésie, biographie.

 

 

Résumé (de l’éditeur): « Comme moral et comme talent, ce Rimbaud est une monstruosité. Il a la mécanique des vers comme personne, seulement ses oeuvres sont absolument inintelligibles et repoussantes. » Voici comment Arthur Rimbaud est décrit dans un rapport policier de 1873. Arthur Rimbaud est ancré dans l’imaginaire collectif, mais son histoire réelle est méconnue du grand public. Il n’a jamais connu le succès, ses poèmes ne lui ont jamais rapporté le moindre sou, et il est pourtant aujourd’hui l’un des poètes les plus connus et reconnus dans le monde.

 

 

1305151042390001.JPG

 

220px-Carjat_Arthur_Rimbaud_1872_n2.jpgMon avis : Dès la première planche, le ton est donné. On assiste à l’amputation de Rimbaud, de retour d’Afrique…Et ce n’est qu’un épisode parmi tant d’autres d’une vie courte mais mouvementée. Arthur Rimbaud (1854-1891) a connu deux époques dans sa vie. Une première, située entre 15 et 20 ans, est sa période de poète. Il est jeune, hyper doué, arriviste, plein de suffisance. Il veut vivre de sa plume alors qu’il n’a aucune relation et pas le sou. Il va partir pour Paris à 16 ans sans prévenir ses parents et alors que les Prussiens font le siège de Paris. Grosse désillusion où on lui fait comprendre qu’on a autre chose à faire que de s’occuper de lui. Il repartira à Paris plus tard et y rencontre Paul Verlaine qui va le prendre sous son aile et devenir son amant. Cette relation sulfureuse et destructrice va se terminer mal et Rimbaud va abandonner la poésie pour partir en Afrique. C’est sa seconde partie de sa vie. Il veut y faire fortune mais trimballe son mal de vivre au Yémen, en Ethiopie,…Il sera négociant, vendeur d’armes,…Il reviendra en France pour se faire soigner mais sa santé est déjà au plus mal…Ce sera l’issue fatale.

800px-Henri_Fantin-Latour_005.jpg

Le sujet est magnifique. Il est le moteur de l’album. Je connaissais dans les grandes lignes la vie de Rimbaud mais je ne savais pas à quel point il était grossier, sans-gêne, manipulateur, imbuvable et invivable. Xavier Coste a le mérite d’avoir bien choisi les moments de la vie de Rimbaud les plus emblématiques pour faire passer auprès des lecteurs quel genre de personnage il était. Un grand poète de la littérature française (le plus grand pour certains) mais aussi un personnage abject et sans grande morale. Le découpage, la construction du scénario est excellent et tient le lecteur depuis le début jusqu’à la fin de l’album, même si la fin de l’histoire est connue par beaucoup.

1305151043040001.JPG

Au niveau du dessin, je dois bien reconnaître que je n’ai pas été emballé au départ. J’ai trouvé le dessin fort approximatif, par moment bâclé, pas très détaillé. Nous ne sommes pas dans un style réaliste mais plutôt stylisé. La partie qui se passe en Afrique par exemple est pauvre en décor. Le dessin suggère plus qu’il ne décrit. Mais il y a un style bien reconnaissable qui sert l’histoire sans pour autant la magnifier, mais qui en fait ressortir le côté noir et tragique.


C’est le type même d’album qui ne laisse pas indifférent. Certains vont adorer, d’autres vont le détester. Casterman a fait le pari de sortir un album important de 128 pages, en misant sur un produit atypique mais fort au niveau des sentiments qu’il dégage.

 

Graphisme :      7,0/10

Scénario :        9,0/10


Moyenne :        8,0/10

 

Lien vers le site des éditions Casterman: ICI.

 

Capitol.

1305151046100001.JPG

INTERVIEW DE TED BENOIT

Le parcours d’un homme libre…

capitol,interview,ted benoit,champaka,camera obscura,042013Mardi 16 avril 2013, SambaBd a rendez-vous à la galerie Champaka à Bruxelles avec Ted Benoit, une des figures emblématiques de la « ligne claire », à l’occasion de la sortie de l’album « Camera Obscura » qui retrace une partie de son parcours artistique, et de l’exposition qui lui est consacrée. Ted Benoit, c’est le père tranquille de la BD avec un parcours atypique guidé par la liberté de ses choix. Il a répondu à nos questions avec simplicité et en toute franchise.

 

SambaBD : Champaka vient de sortir un livre qui retrace une grande partie de votre carrière. Comment pourriez-vous commenter cet album ? Quels sont vos sentiments vis-à-vis de cet album ?

capitol,interview,ted benoit,champaka,camera obscura,042013Ted Benoit : Au départ, j’ai voulu que des livres ne disparaissent pas. Ce sont souvent des livres qui sont épuisés. Pour moi, c’est fort important. A la différence de la bande dessinée, le roman peut être réédité, retravaillé à l’infini, ce n’est pas trop compliqué. Pour la BD, il faut garder des traces plus tangibles, il faut que cela ne disparaisse pas car c’est une satisfaction pour moi que ce soit toujours là. Tout le travail de recherche, de mise en perspective du parcours m’intéressait mais le bémol, c’est que je ne voulais pas non plus faire de l’autobiographie, le truc qu’on fait 5 ans avant de mourir! C’est un peu cette impression là au départ mais il suffit de l’écrire un peu différemment pour éviter cet écueil. Les textes, ce sont des moments choisis, des choses intéressantes de mon point de vue. Je n’essaye pas du tout de faire une continuité. 

 

SambaBD : On remarque à la lecture de ce livre que vous n’avez pas une trajectoire linéaire mais plutôt un cheminement avec des allées et venues entre la bande dessinée et la publicité. Pourquoi en fin de compte avez-vous peu produit d’albums de BD ?

Ted Benoit : Je n’ai pas fait assez de bande dessinée mais il y a plein de choses  que je n’ai pas fait assez ! Je n’ai jamais été très productif mais quelque part ma carrière n’est pas vraiment maîtrisée. Le mot « carrière » n’est pas grand-chose pour moi de toute façon. Je me suis un peu laissé porter par mon plaisir, mon désir de liberté. Je me suis laissé porter sans idées préconçues. Il y a aussi des impératifs économiques tout bêtement.


capitol,interview,ted benoit,champaka,camera obscura,042013capitol,interview,ted benoit,champaka,camera obscura,042013Le seul moment où le mot « carrière » a pris du sens pour moi, c’est quand j’ai commencé Ray Banana. J’ai fait un pari que je pouvais faire des choses qui me plaisaient, en toute indépendance quelque part, et qui se vendaient. Je n’ai pas voulu faire le pur artiste, ni faire des séries à succès. J’ai voulu faire ce qui me plait. Je n’aime pas du tout la dichotomie entre les artistes solitaires et les commerçants.


SambaBD : Vous avez une « aura » certaine auprès des spécialistes du 9e art mais vous êtes peut-être moins connu du grand public. Comment pouvez-vous expliquer ce phénomène ?

Ted Benoit : Pour expliquer ce phénomène, on peut parler de vente de bouquins. Jusqu’à « Blake et Mortimer », mon tirage le plus important était « la berceuse électrique » qui a fait 50.000 exemplaires. Mais, vous voyez comment fonctionne la bande dessinée dans les librairies. C’est classé dans des bacs par série. Dans le début des années 2000, Casterman a fait une série « Les classiques (A Suivre) ». Ils avaient  repris des bouquins de l’époque d’(A Suivre), 12 titres, dont 3 des miens. Mais ce n’était pas des séries par personnage. Dans les librairies, on ne savait pas où classer ces bouquins-là ! La librairie fonctionne par série et tout ce qui sort en dehors de ce principe, c’est un peu difficile. Comme moi je faisais des séries de deux albums maximum, cela n’a pas sa place en librairie.


SambaBD : Cela reste dans les cartons…

capitol,interview,ted benoit,champaka,camera obscura,042013capitol,interview,ted benoit,champaka,camera obscura,042013Ted Benoit : Donc, c’est ça. « Blake et Mortimer », la série existait déjà. Le premier album que je fais, en plus poussé par le bruit qu’il y a autour, c’est 600 à 700.000 exemplaires ! Il n’y a pas de commune mesure.


SambaBD : Cela ne se refuse pas…

Ted Benoit : Cela ne se refuse pas. C’était très amusant et intéressant à faire.


SambaBD : Vous avez dû rentrer pour Blake et Mortimer dans un style de dessin bien précis…

Ted Benoit : Non, je n’ai pas eu de gros problèmes. J’étais dans un style assez proche. Au départ, j’étais autodidacte, et comme je dessinais dans un style plutôt réaliste, il fallait que je travaille beaucoup. Après je suis passé à des dessins style « Hergé ». Or, avec Jacobs, j’étais à la croisée des deux. Donc, ce n’était pas un problème pour moi.


SambaBD : Quand on prononce votre nom, on fait référence directement à « la ligne claire ». Pourtant au départ, vous n’étiez pas très « ligne claire », vous l’êtes devenu. Qu’est ce qui vous a poussé à aller vers ce courant ?

Ted Benoit : Pour moi, le grand précurseur de ce qu’on a appelé la « Ligne claire » et qui a appelé ce style « Ligne claire », c’est Joost Swarte en 1977. Hergé n’aurait jamais pensé qu’il faisait de la « Ligne claire ». C’est classique dans l’Art. On fait des œuvres puis arrive un critique qui met un nom dessus. C’est sur son exemple que j’ai été dans cette direction. Je le lisais dans Charlie mensuel dans les années ’70 et je trouvais cela très drôle. On avait une origine commune via la presse underground, la contre-culture des années ’60 et donc il faisait un dessin qui était pour moi un dessin dans l’air du temps avec des sujet tout à fait différents. J’ai fait un peu la même chose. J’ai pris le style « Hergé » pour faire des histoires qu’Hergé n’aurait jamais faites.

 

capitol,interview,ted benoit,champaka,camera obscura,042013

 

SambaBD : Cela consiste en quoi la « Ligne claire » ? Quelles en sont les caractéristiques techniques ?

Ted Benoit : Je crois qu’il a repris ce style des chinois ou des japonais. Par exemple, on ne met pas de hachures. C’est un trait dépouillé qui fait le contour des choses. Les ombres sont réduites au minimum. Swarte, lui, en met sous les voitures et j’ai fait pareil. Par contre, cela demande un dessin très solide en dessous pour que cela fonctionne. On ne peut pas être approximatif. L’approximatif, on ne peut pas le gommer, le cacher en multipliant des ombres, des traits, des hachures,…Avec la « Ligne claire », il faut que ce soit du solide.


SambaBD : Est-ce que cela vous a pris beaucoup de temps, de travail pour en arriver là ?

Ted Benoit : C’est justement beaucoup de travail ! Cela a été assez vite et progressif. Par exemple, sur les décors, je me suis un peu perdu dans les perspectives que j’ai apprises à l’occasion. On ne peut pas faire les décors « au pif » en « Ligne claire ». Déjà, on dessine souvent des choses qui n’existent pas. On n’imagine pas, comme le font les américains, un genre de voiture qui n’existe pas. On fait de la vraie voiture. Hergé faisait, je ne m’en rendais pas compte quand j’étais petit,  des vraies voitures et donc on travaillait plus sur documentation. On dessine les voitures de façon plus rigoureuse. Cela prend du temps mais plus on arrive à le faire, plus on fait des trucs compliqués.


SambaBD : Vous avez été en contact avec Yves Chaland. J’ai retrouvé un portrait que vous avez fait de lui dans un album que Champaka lui a consacré. Pouvez-vous me parler de lui ? Que vous a-t-il amené au niveau graphique ?

capitol,interview,ted benoit,champaka,camera obscura,042013capitol,interview,ted benoit,champaka,camera obscura,042013Ted Benoit : On a des origines un peu différentes. Moi, j’étais plus sur Hergé, lui était plus Franquin et Jijé. On était des amis. Il y avait tout un groupe de dessinateurs plus de son âge que du mien. Moi, je suis plus vieux qu’eux, même si on a débuté au même moment. On a beaucoup travaillé et évolué ensemble. Au niveau dessin, c’était un superbe dessinateur. Mais c’est plutôt au niveau de son inspiration qu’il m’a intéressé. Tout à coup, il y a eu un album de Chaland qui m’a beaucoup frappé qui s’appelle « La comète de Carthage » car on prend les choses au sérieux. Freddy Lombard devient amoureux de la fille. On peut toujours avoir de l’humour mais en même temps, il y a des sentiments, des choses qui étaient alors très discrètes en bande dessinée. Et ça, c’était une grande leçon pour moi. A partir de cet album, c’était peut-être en prémices avant, cela s’accentue dans les suivants. Son dernier album « F52 » est pour cela fabuleux. Ca m’a vraiment marqué. Et c’est un peu pourquoi j’ai fait « Blake et Mortimer ». Sur « Blake et Mortimer », je me disais :  » là, il n’y a plus de second degré possible ». Dans Jacobs, on ne va pas rigoler avec les personnages, on est au premier degré mais c’est aussi intéressant à raconter.

 

capitol,interview,ted benoit,champaka,camera obscura,042013

 

SambaBD : Savez-vous que « Blake et Mortimer » via Izneo, le site de publication numérique, ont été censurés sur Ipad par Apple pour pornographie ? (NDLR : l’information venait de sortir peu de temps avant l’interview…)

Ted Benoit : Ah bon, je ne suis pas au courant ! Lesquels ?


SambaBD : Je vous enverrai l’article que j’ai lu à ce sujet.

Ted Benoit : Ah, ça, je veux lire !


SambaBD : Avec votre style qui vous est propre, vous avez été beaucoup sollicité par la publicité. Maintenant c’est les galeries qui s’intéressent à vous. Vous faites partie d’un courant au même titre qu’Yves Chaland, Ever Meulen, Serge Clerc,…Champaka vous consacre une exposition ici à Bruxelles et à Paris. Etes-vous conscient que vos œuvres sont à la mode, que vous êtes un artiste coté ?

Ted Benoit : Chez Champaka, je travaille avec eux depuis environ 30 ans. Oui j’ai accompagné ce mouvement là mais je pense que c’est comme la mode, c’est cyclique.


SambaBD : Quand on voit ce qui se passe en salles de vente pour certains auteurs, ça devient de la folie avec des auteurs tels que Hergé ou Franquin…

Ted Benoit : C’est le marché de l’Art. Cela nous intéresse quand même nettement moins. Je veux bien vendre à ce prix là ! Mais quand on vend à des prix pareils, c’est que cela a déjà été vendu deux ou trois fois, ce n’est pas l’auteur lui-même qui les vend !

 

capitol,interview,ted benoit,champaka,camera obscura,042013

 

SambaBD : Je reviens maintenant sur Ray Banana. Vous avez fait deux albums. Cela pourrait devenir une série, un héros récurrent. Pensez-vous en faire un troisième un jour ? Avez-vous quelque chose dans vos tiroirs ?

Ted Benoit : Je suis entrain d’en faire un pour le moment mais il ne sera pas comme les autres. Ce ne sera pas vraiment de la fiction. Le dessin est différent. Certaines planches se trouvent dans l’album « Camera obscura ».


SambaBD : C’est plus dans le style psychologique ?

Ted Benoit : Non, dans cette histoire là, Ray Banana est mort et il est au purgatoire.

C’est plutôt allégorique. Au départ, c’était une histoire de fiction avec un début et une fin. Mais je l’ai abandonnée car je ne savais pas  si ce serait bien…Maintenant je fais des histoires en une page. Ce n’est plus du tout le même style d’histoire.

 

capitol,interview,ted benoit,champaka,camera obscura,042013

 

SambaBD : Vous faites plus court mais mieux…

Ted Benoit : Non, pas forcément mieux, plus rapide…Il y a plus de travail sur l’idée, la conception, le texte que sur le dessin. La fiction a des exigences et je désirais faire tout à fait autre chose. Mais je ne pense pas qu’il y aura un jour un troisième album de fiction.

Après les deux « Blake et Mortimer », quelque part, je n’ai pas pu continuer dans cette ligne là. Je ne sais pas pourquoi…


SambaBD : Avez-vous d’autres projets ?

Ted Benoit : J’ai un autre projet d’un livre d’images chez Champaka mais on doit encore en discuter. Il s’appellerait « un siècle de progrès », sur toute l’idéologie et l’imagerie du progrès au XXe siècle, avec également des documents…Mais ce n’est pas de la bande dessinée. C’est de l’illustration. J’ai déjà fait pas mal de travaux en ce sens. C’est une vieille inspiration qui continue. Il y a toujours des trucs intéressants à faire. Une idée de progrès, de modernisme. On ne dit plus moderne depuis la fin des années ’50-’60. Moderne, c’est un terme dépassé. C’est le post-modernisme maintenant. L’idée de progrès a beaucoup été remise en question et je voudrais faire une réflexion là-dessus à travers les images.

 

Interview réalisée par Capitol pour SambaBD.

Remerciements à Ted Benoit et à Champaka pour avoir permis cette rencontre.

Liens vers Champaka: ICI.

 

capitol,interview,ted benoit,champaka,camera obscura,042013

 

Les petites chroniques (12)

Beauté Tome 3 : Simples mortels.

beaute,hubert,kerascoet,052013,810,dupuis,inner city blues,integrale,bruno,ammari-b,vents d'ouest,polar,blaxploitation,seventiesbeaute,hubert,kerascoet,052013,810,dupuis,inner city blues,integrale,bruno,ammari-b,vents d'ouest,polar,blaxploitation,seventiesScénario : Hubert
Dessin : Kerascoët
Couleurs : Hubert
Dépôt légal : 05/2013  
Editeur : Dupuis
ISBN : 978-2-8001-5426-8
Planches : 46

Après avoir connu l’ivresse du succès et du pouvoir, Morue connait des heures sombres. Quand je regarde dans le rétroviseur de mes lectures, je me rends compte que mes souvenirs se résument souvent à pas grand-chose. Pour beauté, c’est tout le contraire, pas besoin de me remettre les idées en place, ce conte est assurément très marquant.


Ce tome 3 clôt les tribulations de Morue/beauté avec un ton plus sérieux, une sorte d’âge de raison. Mais le charme agit toujours et j’ai même eu de la compassion ou de l‘empathie pour pas mal de personnages. J’ai maintenant envie de faire lire cette histoire à ma filleule de 8 ans, curieux de voir comment elle va interpréter tout ça car le contenu n’est pas si innocent qu’il n’y parait.


8/10


Samba.


*********************************************


 

Inner City Blues – Intégrale


beaute,hubert,kerascoet,052013,810,dupuis,inner city blues,integrale,bruno,ammari-b,vents d'ouest,polar,blaxploitation,seventiesbeaute,hubert,kerascoet,052013,810,dupuis,inner city blues,integrale,bruno,ammari-b,vents d'ouest,polar,blaxploitation,seventiesScénario : Ammari-B, Fatima
Dessin : Brüno
Couleurs : Brüno
Dépôt légal : 03/2009
Editeur : Vents d’Ouest
ISBN : 978-2-7493-0501-1
Planches : 152

 

Achetée en 2010, cette intégrale attendait sur une pile en attente de lecture (PAL). Ayant pris comme résolution 2013 de faire baisser mes PAL, j’alterne mes lectures entre des nouveautés et des trucs plus anciens.  Bien m’en a pris !!!


J’aime beaucoup le dessin de Brüno et j’apprécie beaucoup ses œuvres : Commando Colonial, Junk, Lorna, Biotope, Atar Gull…  Je n’ai pas été déçu par la lecture d’Inner City Blues !!!!


Le scénario d’Ammari-B est très bien construit !!!  Il nous plonge dans les seventies en plein dans la Blaxploitation. La construction de l’histoire n’est pas sans rappeler celle utilisée par Quentin Tarantino dans Pulp Fiction.  Les mêmes actions vues successivement par chacun des différents protagonistes.  Une vraie réussite !!!!!


Ma note 8/10


Revedefer


*********************************************


RAOUL SCOPITONE – Tome 1: Du rififi chez les Yéyés.


beaute,hubert,kerascoet,052013,810,dupuis,inner city blues,integrale,bruno,ammari-b,vents d'ouest,polar,blaxploitation,seventiesbeaute,hubert,kerascoet,052013,810,dupuis,inner city blues,integrale,bruno,ammari-b,vents d'ouest,polar,blaxploitation,seventiesDessin: Jérôme Lebrun – Scénario: Philippe Pinard
Editions Paquet
Collection Calandre
Sortie le 17/04/2013
48 pages
Prix conseillé: 13,50€
ISBN: 9782888904823
Automobile, Polar, Humour

Voici un nouvel album dans la collection Calandre de chez Paquet avec Lebrun au dessin (auteur de « Félix dans le rétro ») et Pinard au scénario (« Ciel en ruine », « Zone rouge »).


Même si l’album est d’un abord bien sympathique, j’ai eu du mal à la lecture. L’humour potache, les références aux années ’60 ne m’ont pas transporté, hélas ! J’ai trouvé l’intrigue très basique, trop pour emporter mon adhésion. Les personnages qui sont des bras cassés, demanderaient peut-être un peu plus de profondeur.


Bref, j’ai été un peu déçu par cet album qui n’est pas assez abouti. J’attendais plus d’un album de la collection Calandre.

Note générale: 6,5/10.

Capitol.


 

*********************************************


CESARE – Tome 2 : Due


beaute,hubert,kerascoet,052013,810,dupuis,inner city blues,integrale,bruno,ammari-b,vents d'ouest,polar,blaxploitation,seventies,lebrun,pinard,paquet,calandre,042013,6510,automobile,humour,raoul scopitonebeaute,hubert,kerascoet,052013,810,dupuis,inner city blues,integrale,bruno,ammari-b,vents d'ouest,polar,blaxploitation,seventies,lebrun,pinard,paquet,calandre,042013,6510,automobile,humour,raoul scopitoneDessin & scénario: Fuyumi Soryo – Supervision : Motoaki Hara
Editions Ki-oon
Manga Seinen
Sortie : 21/03/2013
228 pages
Prix conseillé : 7,90 €
ISBN : 9782355925085


Histoire, Borgia, Italie, Manga

Mon avis : Le tome 2 est à la hauteur du tome 1. On trouvera toujours la même précision dans le dessin. Le scénario tient la route. Le lecteur fait un peu plus connaissance avec Cesare qui est un personnage doté d’une grande intelligence mais qui est aussi énigmatique. C’est un manga d’une grande richesse historique. L’histoire est très prenante alors que le tome 3 vient déjà de sortir en librairie.


A noter en fin d’album, une bibliographie très riche et importante, un lexique, un chapitre consacré à la Renaissance, à Dante et à la « Divine Comédie », un entretien avec les auteurs. Ces éléments permettent de recadrer l’action et le travail des auteurs par rapport à la vérité historique. Excellent.

Moyenne : 8,0/10

Capitol.


*********************************************


WAYNE SHELTON – Tome 11 : Cent millions de pesos.


beaute,hubert,kerascoet,052013,810,dupuis,inner city blues,integrale,bruno,ammari-b,vents d'ouest,polar,blaxploitation,seventies,lebrun,pinard,paquet,calandre,042013,6510,automobile,humour,raoul scopitone,cesare,soryo,032013,borgia,italie,histoire,seinen,manga,ki-oon,wayne shelton,denayer,van hamme,dargaud,022013,7510,action,mercenaire,geopolitique,espionnagebeaute,hubert,kerascoet,052013,810,dupuis,inner city blues,integrale,bruno,ammari-b,vents d'ouest,polar,blaxploitation,seventies,lebrun,pinard,paquet,calandre,042013,6510,automobile,humour,raoul scopitone,cesare,soryo,032013,borgia,italie,histoire,seinen,manga,ki-oon,wayne shelton,denayer,van hamme,dargaud,022013,7510,action,mercenaire,geopolitique,espionnageDessin : Christian Denayer – Scénario: Jean Van Hamme
Editions Dargaud
Sortie : 15/02/2013
48 pages
Prix conseillé : 11,99 €
ISBN : 9782505016038


Action, espionnage, mercenaire, géopolitique.

Mon avis : 


Le onzième tome de Wayne Shelton est dans la droite ligne des derniers albums parus. Le dessin de Denayer est toujours au top. Les couleurs de Bertrand Denoulet amène un plus certain. Le scénario de Jean Van Hamme nous amène son lot de rebondissements. Au final, un excellent divertissement dont se régaleront les amateurs du genre. Pour les autres, ceux dont le seul nom de Jean Van Hamme donne des boutons, ils iront s’endormir dans leur fauteuil en regardant un ersatz de la série « Derrick » sur une sombre chaîne câblée…

Moyenne : 7,5/10

Capitol.

CESARE – Tome 1: Uno

Couv_184095.jpgPlancheA_184095.jpgDessin & scénario: Fuyumi Soryo – Supervision : Motoaki Hara

Editions Ki-oon

Manga Seinen

Sortie : 21/03/2013

228 pages

Prix conseillé : 7,90 €

ISBN : 9782355925078

Histoire, Borgia, Italie, Manga

 

 

1305071019130001.JPGRésumé (de l’éditeur): Naïf et studieux, Angelo Da Canossa n’est guère armé pour la vie d’étudiant à l’université de Pise, lieu d’intrigues et de tensions dans l’Italie de la Renaissance. Son innocence résistera-t-elle à sa rencontre avec Cesare Borgia, rejeton d’une famille à la réputation sulfureuse, dont le père est sur le point d’accéder au Saint-Siège ?
Rivalités entre les différentes factions de l’université, machinations politiques et luttes fratricides, Angelo va partager les années de formation d’un jeune homme en passe de devenir l’un des personnages les plus fascinants de l’Histoire. À ses côtés, il croisera le chemin de certains de ses contemporains les plus célèbres, de Christophe Colomb à Machiavel en passant par Léonard de Vinci…

 

 

1305071029560001.JPG

 

Mon avis : Une nouvelle série historique sort dans la catégorie « manga » et c’est du tout bon. Fuyumi Soryo, une artiste japonaise qui compte déjà plus de 30 ans de carrière. Mais, c’est la première fois qu’elle se lance dans un projet d’une telle envergure car non seulement il y a le dessin mais aussi le scénario historique centré sur la Renaissance Italienne et une des familles les plus sulfureuses du moment, la famille Borgia. Elle se focalise dans cette famille sur Cesare Borgia. Elle travaille sous la supervision de Motoaki Hara, diplômée de l’Université de Tokyo des études étrangères et qui a continué son cursus en Italie à l’Université de Venise pour approfondir ses connaissances sur la Renaissance. Le résultat est étonnant tant au niveau du dessin que du scénario. Le dessin est excellent tant au niveau des personnages, des chevaux et surtout des costumes, des décors, de l’architecture. L’auteur parvient à faire le mixte entre des cases et des planches dépouillées et d’autres d’une complexité et d’une précision redoutable. Le rapport entre les personnages et la description de la société de l’époque sont très bien rendus.

1305071032210001.JPG

Ce premier tome permet au lecteur de découvrir les personnages principaux et de déjà poser la problématique de la série : le rapport entre les familles qui se disputent le pouvoir temporel et spirituel (via le Vatican). Le lieu de l’action est la ville de Pise. Le lecteur aura droit à une visite détaillée de la ville, depuis les lieux d’une sublime beauté jusqu’au bas-fonds tenus par les Dominicains…

1305071033490001.JPG

J’ai trouvé ce premier tome passionnant d’emblée et je me suis lancé de suite dans le deuxième tome qui est sorti en même temps que le premier. Le poisson est ainsi bien ferré…Le tome 3 sort ce 7 mai 2013 et actuellement 10 tomes sont sortis en édition originale au Japon…La série est recommandée par le magazine spécialisé « Historia », une référence !

 

Graphisme :      8,0/10

Scénario :        8,0/10

Moyenne :        8,0/10

 

Capitol.

1305071019580001.JPG

Les petites chroniques (11)

Cauchemar dans la rue


jason aaron,danijel zezelj,r.m. guéra,davide furnò,urban comics,scalped,rez blues,jaxom,sala david,casterman,cauchemar dans la rue,robin cook,luc cromheecke,laurent letzer,glénatjason aaron,danijel zezelj,r.m. guéra,davide furnò,urban comics,scalped,rez blues,jaxom,sala david,casterman,cauchemar dans la rue,robin cook,luc cromheecke,laurent letzer,glénatScénario : Sala, David
Dessin : Sala, David
Couleurs : Sala, David
Dépot légal : 04/2013
Editeur : Casterman
Collection : Rivages/Casterman/Noir
ISBN : 978-2-203-04641-2
Planches :95


D’après un roman de Robin Cook.

Flic parisien, Kléber voit sa vie partir en couille après avoir tué 3 truands.

David Sala fait rarement dans les récits très comiques (Nicolas Eymerich inquisiteur –one of us) mais ici, on va au plus profond de l’abime. Si vous voulez  vous payer une bonne dépression, je vous conseille ce titre . J’ai espéré un moment au moins à une bonne vengeance mais celle ci se  dégonfle aussi  dans des orgies incompréhensibles ou dans des discours défaitistes. Cauchemar, quel titre judicieux !

Ma note : 4/10

Samba.


***********************************************


Scalped Tome 07 : Rez Blues


jason aaron,danijel zezelj,r.m. guéra,davide furnò,urban comics,scalped,rez blues,jaxom,sala david,casterman,cauchemar dans la rue,robin cookjason aaron,danijel zezelj,r.m. guéra,davide furnò,urban comics,scalped,rez blues,jaxom,sala david,casterman,cauchemar dans la rue,robin cookScénario : Jason Aaron
Dessin : Danijel Zezelj, R.M. Guéra, Davide Furnò
DL : 02/2013
Editeur : Urban Comics
ISBN SC : 978-2-365-77190-0
ISBN HC : 978-2-365-77189-4
Pages : 192


jason aaron,danijel zezelj,r.m. guéra,davide furnò,urban comics,scalped,rez blues,jaxom,sala david,casterman,cauchemar dans la rue,robin cookUn tome centré sur l’arrivée du père de Dashiel par un flashback mettant en scène la jeunesse de son père dans l’armée suivi de sa rencontre avec la future mère de Dashiel mis en parallèle avec sa propre histoire, les chiens ne font pas des chats.

De nouvelles alliances se laissent entrevoir par l’entremise d’un homme de main de Red Crow violent et rongé par un secret inavouable.

jason aaron,danijel zezelj,r.m. guéra,davide furnò,urban comics,scalped,rez blues,jaxom,sala david,casterman,cauchemar dans la rue,robin cookEt enfin Dashiel reprends sa vie et est bien déterminé à régler ses comptes.

Un très bon tome comme d’habitude pour l’une des meilleures séries Vertigo de chez DC.

A lire, relire et découvrir. Deux éditions disponibles, couverture dure ou souple.


Note : 08,5/10

JaXoM


***********************************************

TOM CARBONE – Intégrale tome 2



jason aaron,danijel zezelj,r.m. guéra,davide furnò,urban comics,scalped,rez blues,jaxom,sala david,casterman,cauchemar dans la rue,robin cookjason aaron,danijel zezelj,r.m. guéra,davide furnò,urban comics,scalped,rez blues,jaxom,sala david,casterman,cauchemar dans la rue,robin cook,luc cromheecke,laurent letzer,glénat012013,810,410,042013,rivages noir,polar,policier,humour
Scénario : Letzer, Laurent
Dessin : Cromheecke, Luc
Couleurs : Cromheecke, Luc
Sortie : 30/01/2013
208 pages
Prix conseillé : 30,00 €
ISBN : 9782723486934
Humour

Mon avis : Cet album reprend les tome 3 et 4 paru chez Dupuis et le tome 5, inédit en langue française. A noter que la couverture du tome 5 orthographie « Tom Carbone » en «Tom Carbon », la dénomination flamande ou néerlandaise du héros. Glenat a « oublié » de rectifier, de traduire en français…Cela fait un peu amateur…L’album est complété par 120 pages de jeux, de couvertures parues pour le journal de Spirou où sévit encore Cromheecke, de caricatures de Tom Carbone réalisées par d’autres auteurs.


Alors maintenant la question à 5 euros ou plus…Qui va oser sortir un tome 6 de Tom Carbone ? Glénat ou Dupuis ? Lewis Trondheim qui trouve Tom Carbone « génial », va pouvoir mouiller sa chemise sur ce coup là ! Moi, j’adore l’humour « non sense » de Tom Carbone et j’en redemande…


Moyenne : 8/10

Capitol.

JERUSALEM – Portrait de famille.

Couv_188006.jpgPlancheA_188006.jpgDessin : Nick Bertozzi – Scénario: Boaz Yakin

Editions Casterman

Collection écritures

Sortie : 24/04/2013

400 pages

Prix conseillé : 21,00 €

ISBN : 9782203024090

Histoire, Palestine,Israël, Jérusalem.

 

 

Résumé (de l’éditeur): À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Israël n’existe pas encore et Jérusalem est administré sous mandat britannique – un mandat qui s’apparente, par bien des aspects, à une occupation pure et simple. C’est en tout cas ainsi que le vivent de nombreux Juifs, qui depuis plusieurs décennies rêvent d’un foyer national qui serait le leur et, pour une partie d’entre eux, militent plus ou moins ouvertement pour l’établissement d’un véritable état en Palestine, avec Jérusalem pour capitale.
C’est la chronique de cet activisme politique que tient Jérusalem, à travers l’évocation au quotidien d’une famille juive de Jérusalem, les Halaby, à partir de 1945. Lente montée de la revendication nationaliste, militantisme de l’ombre et, bientôt, surgissement de la lutte armée… Les membres de la famille se divisent et parfois s’affrontent sur la question du recours à la violence, mais sauront néanmoins faire front lorsqu’il sera question de se retrouver sur l’essentiel : le combat final pour que naisse Israël.

 

 

1305031137240001.JPG

 

Mon avis : Une brique, cet album ! Casterman le sort dans sa collection « écritures » qui est un gage de qualité. Il s’agit en réalité d’une traduction française d’un album américain. Ce n’est pas une histoire de Super héros du style Superman ou Batman mais une production indépendante américaine, une pépite que nous livre Casterman. C’est l’histoire d’une famille Juive et de la fondation de l’Etat d’Israël. A travers l’histoire de cette famille, on découvre une période méconnue de la Palestine entre 1945 et 1948. Mais cette histoire a déjà commencé depuis près de 2000 ans. Le livre, dans un préambule, remet le lecteur dans la réalité historique qui précède le récit. A la lecture de l’album, on se rend compte de l’extrême actualité de l’ouvrage. La situation a un peu changé depuis lors mais rien ne s’est arrangé ! Les problèmes persistent. On se pose la question essentielle de savoir : qui persécute qui ? Qui est l’envahisseur ? Qui est le persécuté ? Qui est l’agresseur ? Qui est l’agressé ? Les destins des Juifs, des Israéliens, des Arabes et des Palestiniens sont étroitement liés avec Jérusalem comme symbole.

1305031139190001.JPG

Je suis ressorti de la lecture de cet album avec des sentiments mélangés et mitigés. Où se trouve la vérité ? Y a-t-il une vérité en Palestine ? Il faut reconnaître aux auteurs qu’ils racontent une histoire sans langue de bois et qu’il n’y a pas uniquement que des gentils Juifs  ou des méchants Juifs. Les phénomènes d’immigration sont des sources de conflits, l’histoire de la Palestine est là pour nous le rappeler et les religions n’arrangent rien, que du contraire, elles radicalisent plutôt le débat. Les derniers événements en Europe et en Syrie sont aussi là pour nous le rappeler !

Ce n’est qu’à la lecture que vous pourrez vous faire votre propre idée sur cet album qui fait réfléchir et qui vous donne l’impression que rien n’est facile, même de comprendre le conflit Israélo-Palestinien. J’ai trouvé  le scénario très intéressant et très instructif. Même s’il s’agit d’un roman, c’est inspiré de faits réels, du vécu.

1305031141120001.JPG

Concernant le dessin, j’ai eu plus de mal avec les personnages dont certains se ressemblent parfois un peu trop à mon goût, même s’il sont de la même famille. D’ailleurs, en début d’album, les auteurs ont fait une sorte d’arbre généalogique qui vient parfois bien à point pour savoir qui est qui dans la famille. Le rythme de la narration est cependant bon et la lecture plaisante pour tout qui s’intéresse un peu au sujet.

Le prix de 21€ n’est pas excessif pour un livre de 400 pages.

J’ai bien aimé cet album même s’il demande un minimum d’attention et un peu d’investissement personnel. Un livre qui fait réfléchir et qui, je crois, rend un peu plus intelligent par rapport à une problématique très compliquée.

Liens vers le site de Casterman: ICI.

 

Graphisme :      7,0/10

Scénario :        8,0/10

Moyenne :        7,5/10

 

Capitol.

1305031142280001.JPG

ALEXANDRE POMPIDOU – Tome 2: Des faux airs de faussaire.

186603_c.jpg1304271135090001.JPGDessin : Nicolas Witco – Scénario: Jean-Luc Cornette & Jerry Frissen

Editions Le Lombard

Sortie : 26/04/2013

48 pages

Prix conseillé : 12,00 €

ISBN : 9782803632206

Humour

 

 

Résumé (de l’éditeur): Le monde de l’art reconnaîtrait-il enfin Alexandre Pompidou à sa juste mesure ? Malgré l’échec de ses sculptures à base de barbaque et le succès pour le moins balbutiant de ses peintures à la place du Tertre, voilà qu’un grand magazine de la profession veut l’interviewer ! Cette fois, c’est sûr, sa carrière va décoller…

 

 

1304271136110001.JPG

 

Mon avis : Je viens de recevoir le tome 2 d’Alexandre Pompidou. J’avais loupé complètement le tome 1 et je dois bien dire qu’en ouvrant l’album, ce n’était pas l’enthousiasme au niveau du graphisme. Il s’agit d’un dessin typiquement d’humour, une sorte de « rough », pas très fignolé. Mais est-ce vraiment un problème ? Non, car après quelques pages, j’ai été pris par le scénario. C’est le comique de situation, les personnages improbables et atypiques, la caricature d’un certain milieu de l’art qui a fait qu’au fil des pages, j’ai de plus en plus apprécié l’histoire racontée par ce trio d’auteurs. C’est déjanté.

1304271136530001.JPG

 Cela part dans tous les sens et j’ai apprécié certaines répliques du style :

-« Cet appel à l’aide est un très beau concept. J’y vois le questionnement schizophrénique identitaire de l’artiste. »

-« Vos murs seront un écrin nacré dont l’impeccable verticalité bravera les temps nouveaux. Mes toiles en seront les exemplaires catadioptres. »

-« Il faut suivre le plan exact de la cosmogonie afin que cette exhibition devienne un feu d’artifice pigmentaire »

-« Ces œuvres sont après tout des fenêtres ouvertes sur la voie lactée. »

1304271138030001.JPG

Après de telles réflexions de très haute volée, le reproche de l’emploi du caractère « Comic sans MS » pour cette chronique par des « ayatollahs de la composition » me font bien marrer…Il pourront toujours sortir ce genre de sentences dans les cocktails auxquels  ils assisteront. Espérons seulement pour eux que les petits fours seront chauds et que le champagne sera froid…On a les préoccupations qu’on mérite…

Ceci étant dit, la lecture de cet album m’a bien amusé…

 

Graphisme :      6,0/10

Scénario :        8,0/10

Moyenne :        7,0/10

 

Capitol.

1304271139050001.JPG

INTERVIEW DANY (2eme partie)

DSC_9143(1).jpgDeuxième partie de l’interview de DANY réalisée le 8 mars 2013 à la Foire du Livre de Bruxelles.Dany nous parle plus précisément de sa façon de travailler, des intégrales d’Olivier Rameau et de ses relations avec ses scénaristes.

SambaBD : Et au niveau des couleurs, quelle est votre technique ?

Couv_110625.jpgDany : Il y a d’abord une sorte de « rough » sur un papier séparé. Il y a une raison pratique à ça. Si on commence à crayonner directement sur un papier aquarelle, ça fatigue le papier ( plus encore que le dessinateur ! ), l’amoche, le détruit. Quand on met la couleur , cela fait des pluches, des tâches … une horreur ! Donc, je prépare la mise en scène, je crayonne en charbonnant toute la page d’ailleurs, etc…Je reprends à la table lumineuse un crayonné relativement succinct puis je passe au net avec des feutres qui résistent à l’eau et je fais la couleur avec de l’écoline et de la gouache. C’est impensable pour moi de faire réaliser mes couleurs par quelqu’un d’autre. Au moment de la mise en page, j’ai déjà l’ambiance chromatique en tête. Et je ne fais pas du «coloriage » , je dessine autant à la couleur qu’avec le trait noir.  Je me vois donc mal expliquer cela à un coloriste. Par contre, j’ai pas mal de collègues qui travaillent avec des coloristes qui sont extraordinairement plus doués que moi d’ailleurs et qui proposent à mes copains des choses auxquelles ils n’auraient pas pensé. Et peut-être  que  je devrais peut-être aussi essayer de déléguer les couleurs à un coloriste professionnel. Mais j’aime tellement faire les couleurs que cela m’embêterait un peu de ne plus les faire.  Peut-être que les séries y gagneraient et en tout cas, c’est vrai que moi , je gagnerais du temps , c’est sûr, mais bon…

 

Guerrières II color 25B(1).jpg

Les guerrières de Troy tome 2 (copyrights DANY).

SambaBD : Je suppose que les coloristes travaillent avec photoshop et qu’il y a moyen de rattraper certaines erreurs ?

Dany : Oui…Photoshop, c’est très bien. Je fais parfois des couleurs entièrement à l’ordinateur pour certains boulots mais il n’y a rien à faire, j’adore vraiment ce contact avec le  papier , avec le pinceau , l’eau, la couleur, etc…Je suis sans doute un peu obsolète , de la vieille école mais j’aime ça.  Avec photoshop, c’est plus mécanique. Même si, je le reconnais,  certains font des choses magnifiques avec la même finesse, la même souplesse.

Un autre aspect que le grand public peut-être n’appréhende pas, c’est qu’il existe un marché important pour les planches originales. Certains en vendent beaucoup dans les expos-ventes, dans les galeries, etc… Les planches virtuelles, c’est plus difficile (rires ) .

Guerri+¿res edito 2.jpg

Les guerrières de Troy (copyrights DANY).

 SambaBD : Ou alors on les multiplie…

 Dany : Certains font leurs planches à l’ordinateur puis , pour ce marché des originaux, ils refont les  mêmes planches sur papier . C’est bizarre …

RameauInt2Couv1.jpgSambaBD : Vous avez publié chez Joker des albums qui j’appellerai « coquins ».Vous avez aussi fait une réédition des albums d’Olivier Rameau chez P&T éditeur. Qu’est ce qui vous a poussé à cette réédition chez P&T ? Y avait-il un problème avec le Lombard ?

Dany : C’est JOKER  qui a  les droits d’Olivier Rameau. Le tome n°12 avait déjà été publié chez P&T. Ils avaient racheté les droits au Lombard . Le problème, c’est que Joker éditions qui était vraiment une très bonne maison et avec qui j’ai vraiment très bien travaillé sur les albums coquins , a perdu de son importance. Moi, entre temps, j’ai fait un album Casterman puis je suis passé chez Soleil  et je n’ai plus guère travaillé pour Joker. Quand il a été question à un moment donné de faire des intégrales d’Olivier Rameau, c’était le Lombard qui voulait les faire et récupérer Olivier Rameau par la même occasion. Et Joker leur a demandé un peu cher. Le Lombard n’a pas suivi. Et Joker a décidé alors de publier ces intégrales . Ils ont fait un très bon travail. Ces intégrales Olivier Rameau sont  magnifiques. Tout le matériel additionnel est très bien, inédit et les textes signés Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault sont extraordinaires. Donc, je suis content. Le problème, c’est la puissance commerciale de Joker qui n’est plus ce qu’elle était, ils ne représentent pas une force suffisante par rapport aux autres éditeurs. On a été pénalisé au niveau de la diffusion alors qu’il s’agit d’un très bon produit. Cela fonctionne mais on mettra plus de temps à les vendre.

Venise- OR+Comlombe 2.jpg

Olivier Rameau et Colombe à Venise (Copyrights DANY).

SambaBD : Dernière question. Vous avez travaillé avec plusieurs scénaristes comme Greg, Jean Van Hamme, Arleston, Yves H. Quelles sont les qualités de chaque scénariste ?

Dany : Ils ont tous une qualité indispensable pour travailler avec moi, c’est la faculté d’adaptation. Même Greg qui était assez dirigiste au début,  s’est adapté à ma manière de travailler. Il leur faut de la patience aussi parce que je me disperse énormément. Il faut aussi , bien sûr , que je m’entende bien avec eux. Je ne supporterais pas de travailler  avec un scénariste ,même extrêmement côté par exemple , mais avec qui je n’ai pas d’affinité. Il faut qu’on aime les mêmes choses, les bons  vins,  les belles filles,  les  grands voyages,etc … J’ai été très proche de Greg et j’aimais son   côté flamboyant , un  peu  esbroufe , c’est certain,  mais très généreux aussi, tout le contraire de la mesquinerie . Je crois que je suis un peu comme ça, pas du tout économe, en tous cas . Van Hamme, on est  amis depuis 45 ans. Arleston, il y a moins longtemps mais je l’adore .J’apprécie aussi  énormément la manière dont Yves H. appréhende les gens et les choses .  Certains me disent que je devrais essayer d’écrire mes propres scénarios , au lieu de travailler avec toutes les personnes qui me font des propositions,. C’est vrai qu’ils ont raison mais  un scénariste vous pousse  souvent à dessiner des choses plus difficiles, des sujets que vous n’imagineriez même pas être capable d’aborder. C’est excitant . Franquin disait : « Quand vous avez une phrase du scénario qui dit : –  une foule immense avance dans la méga cité envahie par des milliers d’extraterrestres-  ,  c’est une idée de scénariste. Quand vous avez un héros, seul , dans le désert, c’est une idée de dessinateur ! » . Il faut se méfier de la facilité.

Taj Mahal 2.jpg

Taj Mahal (copyrights DANY).

 Nous attendons avec impatience le tome 2 des « Guerrières de Troy » prévu pour octobre 2013. Les projets ne manquent pas pour Dany. En attendant, les lecteurs pourront se plonger dans la bibliographie de l’auteur et plus particulièrement les derniers albums en date, à savoir, « Les guerrières de Troy- tome 1 » et la très belle « intégrale » d’Olivier Rameau.


Liens vers le site de Soleil: ICI.

Liens vers le blog de Dany: ICI.


Interview réalisée par Capitol pour SambaBD.


Remerciements aux éditions Soleil et à Dany pour avoir facilité cette interview.

Un grand merci à Dany pour la confiance qu’il nous a témoignée en nous permettant de reproduire les nombreux travaux inédits, jamais publiés, qui illustrent cette entrevue.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑