Auteur : Hiroshi Shimomoto
Éditeur : Glénat
202 pages par tome
Date de sortie : 22 avril 2026
Genre : seinen, thriller, drame
« On inscrit sur les murs les noms de ceux et celles qui n’ont pas droit à une tombe. Tu as déjà vu des noms gravés dans la rue ? Ils veulent dire que cette personne est morte juste là. Et vous autres, vous nous marchez dessus, sans rien savoir, sans même y prêter attention… Comme on marche sur un comics tombé par terre. »
Présentation de l’éditeur :
13 ans et le cœur sur la main !
Le jour où Akio a été vendu par sa mère, il a dû abandonner son nom. Aujourd’hui, il s’appelle Serpent, il a treize ans, et il est tueur à gages. Alors que le souvenir de ses victimes hante régulièrement ses rêves, il fait la rencontre de Lynne, une jeune aveugle. Désireux de gagner l’argent nécessaire à l’opération des yeux de celle-ci, il accepte une mission particulièrement dangereuse…

Mon avis :
“Cette série est une fiction” ! D’entrée de jeu, Hiroshi Shimomoto nous avertit, un peu comme les annonces avant chaque film ou série qui nous déclarent que “toute ressemblance avec des personnes ou des lieux seraient fortuite”. Car l’auteur plonge le scénario de “Smother Me” au cœur de Détroit, la ville du crime… dans les fictions en tout cas. Peut-être en vrai aussi, mais ceci est un autre débat.
Puis, comme c’est un diptyque, il ne ménage personne. Pas même son héros. L’entame parle directement de la manière de tuer un adulte quand on n’est qu’un enfant. Simple, rapide, efficace : Akio, baptisé “Serpent” dans le milieu de la pègre, ne fait pas de cadeaux aux adultes qu’il déteste. Parce qu’ils utilisent les enfants, sa mère l’a carrément vendu pour s’acheter de l’alcool. Parce qu’ils abusent de l’innocence des gamins ; les premières victimes qu’on découvre dans le premier tome ne sont pas moins qu’un receleur et deux pédophiles en pleine transaction pour acquérir un garçon de 5 ans et une fillette de 3 ans “prêts à servir”.
Or, dans cette laideur, un homme veut nettoyer la ville avec l’aide de ses “bêtes”, des tueurs à gages souvent embrigadés depuis l’enfance afin de devenir des machines à tuer, comme Akio qui n’a que treize ans. En face, d’autres noms d’animaux au service de Singe, la cheffe de gang qui veut dominer la ville plutôt que la purifier.
La trame est classique, mais efficace. Deux amis d’enfance se font une guerre des gangs avec au milieu : les dommages collatéraux. Akio et Lynne, cette jeune femme malvoyante qui redonne de l’espoir en l’espèce humaine aux yeux du garçon.
Pour le graphisme, c’est une toute autre paire de manches ! Les influences sont multiples et servent avec brio l’ambiance anxiogène et sanguinaire de “Smother me”. Son ambivalence également (ne serait-ce que le titre qui peut être compris de deux façons bien différentes). Car nous sommes face à un manga, mais qui, par bien des aspects, ressemblent à un comics bien glauque. Un peu à l’instar des œuvres du duo Sean Philips et Ed Brubacker avec leur encrage épais, les ombres et les contrastes appuyés. Voire même un peu de folie comme “les fleurs du mal”, magistrales, de Shuzo Oshimi. Du coup, on s’attache à ces deux jeunes gens qui ne sont pas prêts à ce qui les attend. L’un avec l’autre. L’un contre l’autre sans le savoir... c’est moche, mais beau à la fois. Classique dans le genre, mais addictif malgré tout. Alors : Enjoy ~
ShayHlyn.







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