Post Mortem

Scénario : Philippe Boxho ; Pierre Alary
Dessins et couleurs : Pierre Alary
Éditeur : Kennes
100 pages
Date de sortie : août 2026
Genre : documentaire


« Ah ouais !! quand même !! … C’est comme un sac à main, en gros … Gucci, si tu nous lis… »


Présentation de l’éditeur

Aux côtés de Philippe Boxho, Pierre Alary plonge dans le quotidien fascinant et parfois insoutenable de la médecine légale.
Pour accompagner le lecteur, il imagine un petit être malicieux, inspiré du concept de la coccinelle de Gotlib : une caricature de lui-même, visible uniquement par Philippe Boxho et bien sûr par le lecteur mais invisible pour tous les autres. Ce « double » miniature pose toutes les questions que l’on n’ose jamais formuler : comment vit-on avec la mort ? Qu’est-ce qu’un corps révèle vraiment ? Entre humour, précision scientifique, et philosophie la BD dévoile les coulisses d’un métier où chaque détail compte

Mon avis

Voilà un album qui était attendu depuis la sortie du 4ème opus – La mort c’est ma vie – des aventures médico légales du Dr Philippe Boxho. Pour ceux qui ne connaissent pas monsieur Boxho, ce dernier est médecin légiste et s’est mis il y a quelques années à raconter son métier en mettant en scène des histoires vécues, pour la plupart insolites, extraordinaires, inimaginables, épouvantables… un peu tout ça à la fois. Tout ça dans 4 bouquins publiés chez Kennes. Médecin légiste, à priori ça n’est pas un métier super sexy, et ça n’est en tout cas pas ce que l’on en voit dans les séries policières. Philippe Boxho a trouvé le truc pour rendre ses histoires fascinantes et faire découvrir et comprendre son métier au commun des mortels. L’autopsie d’un cadavre, ça n’est pas qu’une partie d’une enquête policière, c’est une enquête à part entière pour découvrir la cause de la mort. Il faut lire ses bouquins, c’est passionnant.
Et donc, en lisant le dernier sorti en 2025, je me demandait comment en faire l’adaptation en BD, puisqu’elle était déjà annoncée, sans tomber dans le gore et la surenchère sanguinolente. Parce que dans les livres, c’est parfois un peu chaud quand même…
Eh bien, la mission est parfaitement réussie, avec la complicité de Pierre Alary qui se pose en mascotte candide tout au long de l’ouvrage et sert de fil conducteur à la découverte du métier de médecin légiste. Ce petit personnage met de la légèreté, de la distance et permet même de glisser un peu d’humour dans un sujet qui à priori n’aspire pas à faire rire. Sans édulcorer les scènes crues, ce procédé narratif désamorce le côté dramatique et évite de sombrer dans le macabre, le sensationnalisme ou pire, le voyeurisme. Et c’est d’ailleurs là la force du dessin que de pouvoir montrer, comme cela est cité en fin d’album « ce que la caméra ne peut pas filmer, ce que la photographie ne peut pas saisir, et ce que le réel ne permet pas de regarder. Le dessin n’adoucit pas, il rend lisible ». A ce titre, le mélange de styles semi-réaliste et caricatural est parfait et rend accessible à tous (enfin presque…) ce sujet sensible.
Pari réussi pour ce docu BD qui allie sérieux, gravité, légèreté et humour.

Loubrun

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