Scénario : James Albon
Dessin : James Albon
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 15 avril 2026
176 pages
Genre : Romance
« Lorsque je parle une autre langue, j’entraperçois une vision d’une autre moi, d’une Sarah alternative. »
Présentation de l’éditeur
Love in Translation
Sarah Huxley a quitté Londres pour Paris. Mais elle y mène une vie solitaire, faite de travail, loin des attentes romantiques que l’on peut prêter à la capitale. Quand elle rencontre Ping Loh, une jeune fille au pair d’origine chinoise, la vie des deux femmes bascule… Des premiers balbutiements timides en passant par les incompréhensions, les deux femmes vont progressivement trouver un langage commun et essayer de surmonter les barrières linguistiques. À travers les rendez-vous au musée ou au marché, entre les SMS et les applications de traduction, Ping et Sarah vont commencer lentement à apprendre la langue de l’autre, communiquant dans un mélange d’anglais, de français et de cantonais. À mesure que leur amitié s’épanouit, leur dialecte privé s’enrichit également, un patchwork linguistique personnel, un secret partagé rien que pour elles. Mais lorsque leurs sentiments l’une pour l’autre s’intensifient, elles vont découvrir que les mots les plus simples à traduire peuvent être parfois les plus difficiles à prononcer…
Après Recette de famille, James Albon revient avec un roman graphique lumineux tant sur le fond que sur la forme. L’artiste, aussi exigeant que talentueux, interroge le sens des mots, les liens interculturels et le rapport à l’autre à travers une romance inattendue qui dépasse nos différences et fait tomber les barrières. Un album puissant, réalisé en couleur directe, qui nous éblouit.

Mon avis
Love Languages est un bel album. Les dessins sont plein de détails, les arrière-plans soignés. On se laisse aller à se promener dans les rues parisiennes. Les aquarelles de James Albon invitent à la contemplation et créent des ambiances qui varient selon les contextes. Au boulot, dans des situations de tension, Sarah apparait dans des environnements au bleu froid alors que la présence de Ping crée une aura de couleurs chaudes, avec un jaune soleil dominant. Ces variations de couleurs et d’humeurs renforcent le « lien » entre le lecteur et Sarah.
De liens il en est justement questions dans le récit de James Albon. L’amitié entre Ping et Sarah se construit au fil du temps et résulte d’une curiosité commune. La barrière de la langue est surmontée grâce à une motivation partagée qui transforme cette complicité en véritable romance. Traduit de l’anglais, Love Languages s’applique à garder l’esprit et la forme initiale du récit. Des codes couleur et des inserts permettent de discerner les langues maternelles, le français, l’anglais, le mandarin, les traductions. Une vraie gymnastique , un effort de lecture nécessaires qui là encore permet un processus d’identification qui fonctionne.
La réflexion sur l’apprentissage d’une langue étrangère est centrale, tout comme l’ouverture sur l’autre. Le roman graphique est empreint de tolérance et d’une douceur communicatives. Sarah et Ping sont des personnages touchants. La bonhommie de la jeune hongkongaise et la fragilité apparente de Sarah semblent détonner. Mais c’est tout naturellement qu’une connivence évidente se forme. Alors oui on voit le truc venir mais qu’importe. Cette douceur, cette bulle de quiétude font du bien. L’album évite la caricature et le simplisme du feel-good et propose une histoire pleine d’intelligence et de délicatesse.
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Petitgolem13




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