Scénario : Juliette Leyvraz-Lagnaz
Dessin : Juliette Leyvraz-Lagnaz
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 29 avril 2026
128 pages
Genre : roman graphique
« Vivre dans le passé, le présent, les deux… c’est votre décision après tout. »
Présentation de l’éditeur
Nève, la trentaine, traverse une période difficile. Son couple bat de l’aile, mais elle s’en contente. Elle a un job stable, mais a toujours rêvé d’écrire. Quand un jour, son compagnon Matthieu propose des vacances dans sa famille à lui, cela la confronte à l’absence de sa famille à elle. Pourtant Nève n’a pas toujours été seule. Cet événement va la replonger dans ses souvenirs d’adolescence et la ramener 20 ans en arrière, aux pieds des montagnes où elle a vécu aux côtés de son père. Tiraillée entre les blessures du passé et un présent qui en est le miroir, Nève va devoir faire face à une part d’elle qui n’a jamais grandi : un enfant en quête d’amour et de reconnaissance. En croisant le chemin de Lucette, sa voisine excentrique au franc-parler, Nève va pouvoir débuter un chemin vers l’affirmation et l’acceptation de soi…
Nous restons toujours influencés par notre passé et nos parents. À moins que, la glace ne fonde. C’est ce qui arrive à Nève. Juliette Leyvraz-Lagnaz s’empare du schéma père/fille avec un réalisme poétique qui dépeint avec justesse les états intérieurs de l’héroïne. L’évocation de la glace comme symbole de l’entrave et une narration en flash-back nous permettent de suivre l’évolution de Nève jusqu’à la voir se libérer et devenir adulte. Un album puissant par une jeune autrice qui entre au catalogue Glénat.

Mon avis
Le regard de Nève est d’un bleu glacial, tout comme sa chevelure, il rappelle ce bleu froid de la silhouette géante de son père. Ce dernier est au centre du récit de Juliette Leyvraz Lagnaz, tout en n’apparaissant qu’indistinctement , comme un lointain souvenir.
La relation père/fille est ici évoquée via des images poétiques et des flashbacks. La lecture balance entre le vécu de Nève et ses songes. Le mystère s’installe, la question du trauma apparait au moment où l’héroïne ouvre les yeux sur sur son quotidien, ses désirs, son existence. La scénariste joue la carte de la rencontre intergénérationnelle qui renvoie un optimisme certain. Ces moments, colorés, tranchent avec les rêves bleutés de Nève qui jalonnent une histoire d’individu en recherche personnelle finalement assez commune. Lucette, la voisine, va pousser Nève à se faire violence, à oser s’affirmer et affirmer ses choix dans une démarche introspective qui semble douloureuse.
L’image du père dépasse ici le simple symbole patriarcal. Elle tétanise la jeune femme, l’empêchant de vivre pleinement le présent. Le regard de celui-ci est pesant voire écrasant. L’image de cette glace qui emprisonne Nève, la fige dans des souvenirs un peu confus, un peux énigmatiques pour le lecteur. On est comme attiré, poussé à plonger dans ses grands yeux. Les regards (celui des autres, celui de son père) ont un rôle central dans cet album qui ne s’attarde pas sur les lieux . La lecture apparaît comme analytique dans son évocation de la quête d’identité,du rôle du père et du passage à l’âge adulte. Cette approche très personnelle de la construction de soi fonctionne tout de même tant elle repose sur une problématique universelle.
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Petitgolem13




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