Scénario : Jérôme Lavoine / Laurine Roux
Dessin : Jérôme Lavoine
Éditeur : Sarbacane
Date de sortie :4 février 2026
160 pages
Genre : Post-apo-survival
« Autour de la maison le sol crépite, piégé par le givre. Je pénètre l’épaisse forêt à l’aveuglette. Un vacarme minuscule colonise la nuit. »
Présentation de l’éditeur
D’après le roman de Laurine Roux
À l’orée de la forêt, son arc à la main, Gemma s’immobilise. Ses pieds s’enfoncent doucement dans la neige fraîche. Le sanglier qu’elle traque depuis l’aube est là, tranquille.
De l’autre côté du rideau d’arbres, il la fixe, au-delà de la frontière du sanctuaire établie par son père. En aucun cas elle ne doit la franchir.
Que faire ? Y aller et prendre le risque de désobéir ?
Revenir en arrière, sans gibier ?
Dans les deux cas, c’est s’exposer à la colère du père …

Mon avis
Sur un sol neigeux à la blancheur aveuglante, Gemma apparait parmi de hauts troncs noirs. Penchée en avant, l’arc et la flèche en mains, vêtue de guenilles, elle chasse. La scène mise en avant sur la couverture renvoie quelque chose d’intemporel. L’héroïne semble complètement détachée du temps et du monde. Le récit post-apocalyptique se déroule dans un décor sauvage et isolé dans lequel sa famille survit. Tous se sentent à l’abri dans ce sanctuaire où les journées sont rythmées par les besoins de se nourrir, se réchauffer et tuer des oiseaux, vecteurs de maladie.
Jérôme Lavoine adapte en BD le roman de Laurine Roux. Un bleu glacial donne du relief à un dessin noir et blanc qui matérialise un environnement à la fois protecteur et austère. L’être humain revient à son état primitif, là où il est davantage question de survivre plutôt que de bâtir de meilleurs lendemains.
L’hiver semble éternel, le scénario file, la lecture alterne moments de contemplation et rebondissements. Les fausses pistes sont multiples mais l’inévitable apparaît rapidement comme une évidence. L’issue, fatale, semble s’écrire sous nos yeux avec du sang sur ce cadre immaculé.
L’homme, avec un petit « h » est despotique et rempli de vices, les femmes se réfugient dans une sororité qui leur permet de supporter une violence patriarcale écrasante qui fait de ce sanctuaire un lieu étouffant.
Au cœur du récit se trouvent les oiseaux : symboles à la fois de mort et de liberté, à l’image de cette condition humaine. Le parcours de Gemma, pierre précieuse convoitée , est empli de douleurs et de dilemmes . Elle qui n’a pas connu le monde d’avant ouvre les yeux alors qu’elle devient adulte. Un roman graphique d’une richesse narrative marquante et captivante.
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Petitgolem13




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