Levure

Autrice : Juliette Hayer
Éditeur : Sarbacane
112 pages
Date de sortie : 4 mars 2026
Genre : tranche de vie, drame social, paranormal

« L’autre fois, elle m’a raconté que les machines de la boulangerie s’infiltraient dans nos cerveaux… Elle m’a même parlé du gamin tué par un pétrin… C’est fou, cette histoire, non ? »

Présentation de l’éditeur :

L’arrière-goût du pain chaud

Charlotte rêve de cinéma mais personne ne veut de ses scénarios. Elle intègre alors les rangs d’une boulangerie-sandwicherie de gare. Un job alimentaire, du temporaire, le temps de… Mais ce travail, avec ses cadences infernales, ses règles d’hygiène strictes et sa manageuse tyrannique, la happe pour ne plus la lâcher. Comme ces phénomènes étranges, – ou hallucinations ? – qu’elle est la seule à voir : un liquide noir qui dégouline de partout, du pain, du plafond, du pétrin …

Mon avis :

Sans concession, Juliette Hayer nous embarque dans la vie d’une jeune étudiante diplômée en cinéma qui est bien obligée de prendre un petit boulot en attendant de pouvoir subventionner son scénario ou trouver un job dans son domaine d’expertise. Ce qui n’est pas gagné. Ses nouvelles collègues le lui font bien comprendre. L’une est maman solo donc un boulot, quel qu’il soit, c’est ce qui ramène de l’argent à la maison. L’autre voulait être aide-soignante, la vie en a décidé autrement… Il y a des années de cela.

Si ces trois femmes sont déjà de beaux exemples de vies qui ont dévié de leurs rêves, elles ne sont pas les seules. La patronne est à la limite de la tyrannie. Pourquoi ? Seule la mendiante SDF qui squatte le trottoir devant la boulangerie semble le savoir, mais au milieu de ses délires schizophrènes : allez savoir où est le vrai du faux ?!

Le scénario tourne à la limite du paranormal. Mais est-ce vraiment le cas, ou alors la “Levure” qui semble bouillonner et s’écouler de partout ne serait que les visions cauchemardesques qu’un travail qui ne nous plaît pas fait naître en chacune d’elle ? Entre légende urbaine et pression morale… est-ce le message voulu par Juliette Hayer ?

C’est possible quand on entend notre personnage principal, Charlotte, rabâcher à ses collègues que l’une est en burn-out, l’autre a un semblant d’urticaire qui lui parcourt le corps, chaque jour un peu plus. À en juger par la patronne, elle souffre aussi (peut-être de dépression) sans parler de Romina qui ne semble pas avoir choisi son emplacement par hasard pour quémander quelques petites pièces… on en serait presque déçus de ne pas avoir le fin mot de l’histoire.

Même si le graphisme n’est pas le plus accrocheur qui soit. Un crayonné majoritairement bleu, avec des détails (parfois majeurs, notamment sur les expressions de visages et les coulées visqueuses) en rouge pour accentuer certains passages. Alors enjoy…or not !

ShayHlyn.

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