Scénario : Cécile Dupuis, Gilles Marchand
Dessin : Cécile Dupuis
Editeur : CASTERMAN
160 pages
Sortie le 7 janvier 2026
Genre : roman(ce) biographique
Le 1er scénario de BD du romancier multi-primé et apprécié des libraires, Gilles Marchand.
Face A. Anton et Hélène vivent ensemble, dansent ensemble, écoutent de la musique ensemble, font tout ou presque ensemble : ils s’aiment. Elle est violoncelliste, il est livreur. Le temps s’écoule et, sans qu’ils ne s’en rendent compte, le silence commence à s’installer entre eux. Anton perd les mots et ne parvient plus à parler à Hélène, il ne sait plus lui dire qu’il l’aime. Il se réfugie dans sa musique et se retrouve seul dans un quotidien et un métier vide de sens. En perdant les mots, aurait-il perdu son lien à Hélène ? Se serait-il perdu lui-même ?
Face B. Au volant d’une vieille camionnette de livraison, Anton tombe en panne et découvre un dernier colis à l’adresse mystérieuse. La destinataire n’est autre qu’Hélène. Que fait-elle dans cette ville inconnue qui n’existe sur aucune carte ? Afin de livrer son colis à tout prix, il entame un étonnant voyage vers cette ville étrange des méandres de laquelle il aura du mal à s’extirper.
Mon avis.
C’est l’histoire d’un couple ordinaire, une fable contemporaine, une histoire d’amour banale qui s’enlise dans un confort rassurant. Au fil du temps, des attentes s’installent, les mots ne viennent plus, les gestes se raréfient. Ce qui était une belle fusion devient une relation parallèle. La narration se décompose en deux actes, comme les faces A et B d’un vieux vinyle. La face A suit la lente décrépitude de la relation entre les deux amants. La face B, elle, nous emmène sur la voie de la prise de conscience.

Le titre fait référence aux accords musicaux qui renvoient à la pratique d’Hélène et à l’omniprésence de la musique dans leur histoire. Mais aussi à tous les accords, compromis et renoncements que demandent la vie à deux. L’album est une évidente réflexion sur le couple, sur ce que devient un amour sur le long terme, sur la cohabitation, sur le poids des petits ratés du quotidien. Le récit a également une portée sociale, il illustre comment un travail vide de sens peut, user un individu jusqu’aux tréfonds de sa vie intime. Ces deux niveaux – l’intime et le social – laissent à la lecture une impression d’une grande vérité sincère.
Le dessin de Cécile Dupuis, aéré, lisible et inventif s’adapte très bien à la prose poétique de Marchand. Le rythme des planches, la composition spatiale et les longs silences graphiques ponctuent avec subtilité cette dérive sensible des sentiments. Nos Accords Imparfaits arrive à convaincre par sa profondeur introspective.

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SKIPPY

La réflexion sur le (non) sens de nos vies me semble bien retranscrite dans cette BD