Chamka
Scénariste : Kevan Stevens
Dessinateur : Jef
Editeur : Soleil
Genre : Post-Apocalypse
Sortie : le 15 octobre 2025
Avis de l’éditeur :
Le Major sent que la situation devient hors de contrôle, alimentée par un début de coup d’Etat Fédéral et la révolte du groupe des Invisibles frontalement exposé à la secte de Ganz. Safir s’allie aux triades. Et Vananka, dans sa quête pour retrouver ce qui est arrivé à Isabelle, a pris un ticket direct pour la station terminus de son cauchemar. La Mécanique s’emballe.
Mon avis :
« La chair se paye par la chair »
Comment décrire cette mécanique peinte dans un univers post-apo (voire pré-apo ou doublement pré et post-apo) par l’excellent Jef aux commandes graphiques et exploitée cérébralement par l’ingénieux Kevan Stevens ? La Mécanique pourrait correspondre à une minuterie d’une horlogerie à l’ancienne, pour lesquels le balancier, le train d’engrenage et le ressort mettent en place son bon fonctionnement.
Autant dire que chaque entité se veut étroitement reliée l’une à l’autre, à l’instar des figures de ce récit que sont Safir, Vananka et Le Major. Afin de saisir l’ampleur et le fil conducteur de cette trilogie, il est impératif de déconstruire les rouages classiques du genre à l’image de son duo d’auteurs qui s’aventurent à distiller une ambiance complexe pour laquelle tout ce qui est du domaine du cartésien n’y trouve nullement sa place.
Expliquer et détailler la Mécanique s’avoisinerait à vous décrire une aventure de Julius Corentin Acquefaques, bien que ces deux univers n’aient pour ainsi dire absolument rien en commun, si ce n’est cette échappatoire au radicalement concret, pour déverser son flux d’énergie si colossale, qu’on en ressent pleinement cet accord et harmonie qui relient le lecteur à l’œuvre. C’est plutôt rare et doublement envoutant. Là où certains n’y décèleront absolument rien, d’autres y verront une clairvoyance à décoder, à l’instar d’une quête qui prendra tout son essor une fois complétée.

Mélange subtil de SF anticipative et d’un prologue vers une fin d’un système où l’humain, ou dû moins ce qu’il en demeure, tente par tous les moyens utiles à franchir une étape, celle qui le placera face à lui-même sur cet échiquier déstabilisateur où l’ennemi ne correspond pas uniquement aux autres, mais s’invite à sa propre tribulation. D’un côté, une secte arriviste, dont le dessein consiste à se réapproprier les enceintes de la méga cité Megalopolyon, de l’autre, des protagonistes bien isolés, à la recherche de réponses les concernant.
Comme à son habitude, Kevan Stevens emprunte un couloir loin des stéréotypes classiques, mettant en scène une foule d’ingrédients en marge avec le moteur sociétal : La biotechnologie, les drogues de synthèse, les dérapages gouvernementaux, la main mise du contrôle jusqu’à la pensée même des citoyens, l’ultra information et son contraire, l’ignorance la plus plate, sans oublier, cette quête du monopole du pouvoir absolu sous diverses formes peu glorieuses.
D’un point de vue graphique, le trait de Jef régale autant qu’il suscite des éloges. On a cette impression que les ténèbres rencontrent un monde de lumière, où chaque personnage gravite dans un cocon illusoire où l’adversaire se veut être tout un chacun. Cette atmosphère glaciale peint un contexte inhospitalier, dangereux, à bout de souffle. Un concept d’un monde parallèle, issu d’une autre dimension, ou tout simplement ici, bientôt et sûrement.
Le meilleur des Mondes d’Aldous Huxley n’a jamais tant fait parler de lui, et risque de dévoiler ses griffes sur une société en déclin et perte de vitesse. La Mécanique se veut être ce parfait exemple d’une société moulée dans le granit, fécondée par une ère composite, sinueuse par son simple voile à peine tangible pour berner l’individu de ses lacunes intellects.
Et dans cette désolation irradiée vers le néant, Safir et Vananka jubilent, non pas pour cet artefact sociétal conditionné vers un no man’s land émotionnel, mais bien pour défaire ces nœuds d’une destinée n’étant pas la leur.
Du grand art les artistes. On en redemande !
Coq de Combat







Bien noir comme monde pre/post/post-post/ pré-post ou post-pré apocalyptique !
Ca promet pour la fin ? A moins que cela soit le début ? A creuser
je n’ai rien compris ! Texte trop intellectuel pour moi…