Scénario : Arnaud LE GOUEFFLEC
Dessinateur : Nicolas MOOG
Editeur : GLENAT
336 pages – cartonné
Parution : 14 mai 2025
Genre : encyclopédie graphique
Derviches Tourneurs & punks cosmiques
Ces femmes et ces hommes ne sont pas connus du grand public, ou alors pas connus pour les bonnes raisons, et pourtant leurs œuvres ont bouleversé l’Histoire de la musique.
Pour remettre sur le devant de la scène des artistes dont la popularité n’égale pas l’influence, Arnaud Le Gouëfflec et Nicolas Moog, auteurs de bande dessinée mais également tous deux musiciens aguerris, dressent une trentaine de portraits de ces fabuleux créateurs.
Un concept éditorial affûté : de l’encyclopédie au roman graphique.
La brique renouvelle l’idée d’encyclopédie musicale illustrée inaugurée avec Rockers maudits & grandes prêtresses du son : chaque portrait se lit comme une nouvelle graphique, condensant biographie, discographie et mise en contexte historique. La structure reste identique – quatre à six planches par artiste, une discographie commentée et, cette fois, une playlist de 101 titres – mais Moog pousse son trait à l’essentiel : aplats noirs charbonneux, visages tirés, minimalisme acéré.

Equilibre entre stars et fantômes.
Le duo revendique un panthéon personnel guidé par « l’étincelle de dinguerie ». Résultat : un casting acrobatique où Basil Kirchin côtoie Björk, Roky Erickson frôle Erik Satie et Fela Kuti n’est pas loin d’Ennio Morricone. Ce télescopage éclectique fonctionne grâce à un fil rouge : la capacité de chaque musicien·ne à tordre les codes, quitte à disparaître des radars du grand public.
Virtuosité graphique et narration syncopée : noir & blanc sous acide.
Ici on utilise le bicolore comme un ampli saturé : le noir engloutit les cases, le blanc les fait vibrer. Quand Kate Bush invente l’usage du micro sans fil, sa silhouette s’embrase d’un halo blanc quasi spirituel. À l’inverse, la nuit texane de Roky Erickson se noie dans un encrage épais qui évoque les pochettes psyché de l’époque.
Art du cut.
Les auteurs excellent dans l’ellipse : trois bulles suffisent pour relier Erik Satie à Brian Eno via la notion de « mobilier sonore ». Cette écriture syncopée épouse la logique playlist : le lecteur zappe d’un genre à l’autre sans perdre le fil. Le risque ? Un effet « best of » parfois frustrant : certaines trajectoires auraient peut-être mérité plus que six planches.
Pertinence documentaire.
Cette rigueur fait d’Underground 2 un outil pédagogique crédible, recommandé tant aux mélomanes qu’aux médiathèques. On reste très focalisé sur les années 70-80, avec quelques incursions contemporaines (Mike Patton, Björk). Mais l’ouvrage reste centré sur l’âge d’or du vinyle.

Plus dense, plus sauvage et plus didactique que le premier tome, Underground 2 confirme la maîtrise du tandem Le Gouëfflec/Moog : un documentaire graphique indispensable pour qui veut explorer l’ombre portée de la musique populaire. La force de cette anthologie est de réussir à transformer chaque page en invitation à l’écoute : on en a pour des heures de découvertes. En refermant (provisoirement) l’album, impossible de ne pas lancer la playlist et de sentir la promesse tenue : « faire remonter l’underground à la surface ».

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SKIPPY
Un grand moment !!!!

J’ai rajouté 2 titres de cette playlist improbable…..je vous laisse juge !
En effet ;-DD
Mais je suis client de ce genre de musique
oh moi aussi, toujours été fan de la musique « alternative ». Dans la liste, on y trouve un de mes groupes préférés des années 80, Siouxsie and the banshees
https://youtu.be/TjvvK-Rj0WI?si=8imSOmDK_1NtNVNl
And don’t forget when your elders forget
To say their prayers
Take them by the legs
And throw them down the stairs
hahahaha