La Muette. Drancy, un camp aux portes de Paris

Scénario : Valérie Villieu
Dessin : Simon Géliot
Préface : Annette Wieviorka
Éditeur :
 La Boîte à Bulles
Pages: 304
Date de sortie : 02/04/2025
Genre : 2ème guerre mondiale,
Histoire, Témoignage

« Comment rendre l’histoire de ce camp accessible à chacun et surtout aux plus jeunes ? Valérie Villieu et Simon Géliot ont choisis le vecteur qu’affectionne la jeunesse : la BD. Elle permet d’incarner l’Histoire, de la rendre présente à travers des hommes et des femmes qui la vivent. Bien qu’ils soient fictionnels, les personnages que nous suivons dans La Muette reposent sur des témoignages d’internés. »

Résumé de l’éditeur:

À travers divers destins croisés, le camp d’internement de la Muette, à Drancy, raconté pour la première fois en bande dessinée.

20 août 1941, la police française se prépare à arrêter 5000 habitants du 11e arrondissement de Paris, tous de confession juive… Quelques jours plus tard, ils seront 4230 hommes à être emprisonnés dans la cité de La Muette à Drancy.

Durant trois années, la cité verra ainsi passer 67  000 hommes, femmes et enfants en partance pour les camps de la mort… Parmi eux, Béno, Nissim, Jean, Chil, Chana et bien d’autres. Des noms qui sont autant de victimes de la logique d’extermination nazie – et de ses complicités françaises. Des destins qui se croiseront dans un quotidien rythmé par les rafles et déportations qui emplissent et vident alternativement le camp…

À travers ces histoires, Valérie Villieu et Simon Géliot donnent pour la première fois à voir la vie du camp de La Muette  : son organisation, son évolution et le quotidien des interné.e.s qui y sont passés. Un quotidien marqué par la souffrance, la lutte pour survivre mais aussi la solidarité et la foi en un avenir meilleur.

Avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Mon avis:

J’ai la sensation que ce qui s’est déroulé durant la 2ème guerre mondiale et en particulier les atrocités, n’ont pas de fin ! Je continue d’apprendre et de découvrir des choses, des faits. Que les chercheurs, et autres historiens, auteurs, continuent de découvrir des faits enfouis. Bien sûr, je connaissais le camp d’internement de Drancy, antichambre des convois pour l’Est et les camps comme Auschwitz. Mais j’ignorais que ce camp ressemblait déjà à la mort lente des autres camps tristement célèbres. Cette BD met en lumière, avec des détails troublants, ce qui s’y déroulait et comment la vie s’y passait.

Une ancienne cité d’habitation, ancêtre des HLM modernes, dont la construction n’est pas achevée, aura servi à « parquer » des êtres humains dans un dénuement le plus total, avec des geôliers aux méthodes inhumaines. Parfois, il y aura des améliorations et parfois ça va empirer, dépendant de qui aura dirigé le camp. J’ai encore en tête les images du film sur la rafle du Vél d’Hiv, avec cette courageuse infirmière qui n’hésite pas à suivre les internés. Elle a existé, elle s’est rendue à Drancy et a tenté de tout faire pour aider ceux qui y étaient. J’avais envie de mettre en lumière cette personne forte qui n’a pas hésité à mettre sa vie en danger.

Une lecture prenante, je conseille aux futurs lecteurs de se référer aux notes annexes, c’est très utile pour se retrouver dans le récit et savoir avec davantage de détails ce qui s’est passé. Les dessins de bleus et de gris m’ont intriguée dès le début et j’ai compris pourquoi cette couleur. Les fenêtres de La Muette avaient été peintes en bleu, pour éviter que de la lumière ne filtre et ne donne une position de choix aux bombardements alliés. Alors, cette BD est-elle finalement adaptée aux plus jeunes (je dirais ados), mon avis est oui ! Certaines scènes sont dures mais ne tombent pas non plus dans l’horreur, on la devine surtout. Une BD encore une fois nécessaire à la transmission, je me répète mais j’insiste vraiment, c’est important !

Sandra/ Ithilwen

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