Nestor Burma – du Rififi à Ménilmontant

Scénario et dessin : Jacques Tardi
Couleurs : Jean-Luc Ruault
Éditeur : Casterman
190 pages
Date de sortie :  novembre 2024
Genre : polar

 


 » – Vous croyez au Père Noël, M. Burma ?
– Oui Madame ! « 

Présentation de l’éditeur

Décembre 1957, Burma en tient une sévère, de grippe, qu’il tente de traiter avec le dernier médicament à la mode des laboratoires Manchol. Mais n’ayant pas pour habitude de baisser les bras devant l’adversité, il consent tout de même à recevoir une nouvelle cliente, du genre bourgeoise qui n’a pas froid aux yeux. Quelle n’est pas sa surprise quand elle lui révèle son identité… Madame Manchol ! S’ensuit une enquête dans les coulisses des laboratoires pharmaceutiques, où il sera question de gros sous, bien sûr, et de maltraitance animale. 

Mon avis

20 ans après M’as-tu vu en cadavre, Voilà que Tardi, l’auteur emblématique des adaptations des romans de Léo Malet, nous revient avec une nouvelle aventure du détective Burma. Sauf que là, il ne s’agit pas d’une adaptation mais d’une histoire originale et inédite écrite par Tardi. Il met donc en pratique ce que lui aurait dit Malet il y a 40 ans lors de la première mise en BD de ses romans : « Faites ce que vous voulez, je m’en fous, moi j’ai écrit le roman, la bande dessinée c’est vous ». ça n’est d’ailleurs pas une première, Tardi ayant écrit Une gueule de bois en plomb.
A histoire inédite, lieu inédit. Burma qui devait selon les projets de Malet enquêter dans tous les arrondissements de Paris, a omis d’en visiter 5 dont le XXe dans lequel se déroule cette sombre histoire. Un coin de Paris que Tardi connaît bien, puisqu’il y vit. Mais, il n’empêche qu’il lui a fallut ressuciter un Paris qui n’existe plus, celui des années 50. A ce titre, c’est un plaisir de découvrir ces ambiances d’autrefois, vieux pavés, publicités, bâtiments disparus. Des ambiances « à la Tardi » que reconnaîtront les fans malgré une mise en couleur que je trouve un peu douteuse. Faite avec des trames ressemblant à des pixels en CMJN, l’effet pique un peu les yeux et mange le dessin si caractéristique de Tardi. C’est dommage, parce qu’il est un as des ambiances en noir et blanc.

Et sinon, pour l’intrigue ? Hé bien, on a du noir et du sordide avec des macchabées à tour de bras et ce dès les premières pages. Sur fond d’une sombre affaire dans une entreprise pharmaceutique, Tardi pose une critique sociale acide et aborde le sujet de la maltraitance animale. Thématique intéressante, mais hélas, l’intrigue manque de corps et de coffre. Le gars Nestor se balade en bagnole pendant les 3/4 de l’album donnant l’impression qu’il erre au gré du vent, plus qu’il ne mène une enquête. Ce qui donne au final un nouvel opus qui m’a un peu déçu. Dommage, parce que j’aime bien Nestor Burma et j’aime bien Tardi et son style.

Loubrun

2 commentaires sur “Nestor Burma – du Rififi à Ménilmontant

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  1. Meme combat que toi Loubrun. J’ai erré avec Nestor dans le 20eme. Pour la première fois, j’ai fini l’album en deux temps ! C’est dire…. La picole est au rendez vous à tous les étages.

    Bref, c’est tres introspectif. Burma ne sait pas ou il va. Il glanne des infos au hasard. Seul la chance (et la picole) font avancé l’histoire. Ca manque e profondeur.

    Je n’ai pas été géné par le CMJN. Les traits sont conformes à Jacques

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