Scénario : Elk
Direction d’écriture : Hubert
Dessin et couleurs : Elk
Éditeur : Rue de Sèvres
103 pages
Date de sortie : janvier 2025
Genre : Fantasy
« – Tu devineras jamais ce qu’on a dégoté dans les bois ! Un étranger, Ivan ! Un étranger complètement intact. Et en vie. »
Présentation de l’éditeur
Depuis plus de dix ans les Drévossènes vivent coupés du monde, isolés par le Haut-Mur et ses portes scellées. Dix ans que le prince Ivan traque les errants qui déciment son peuple. Mais à ses yeux, c’est une menace bien plus dangereuse que ses patrouilleurs viennent de découvrir en pleine zone infestée : un étranger venu de l’Extérieur. Candide. Indemne. L’innocence même..

Mon avis
Quel étrange univers que celui de la Drévosévie. Tout démarre une nuit de liesse alors que le jeune et facétieux Ivan s’amuse des convives attablés en projetant des pierres dans leur plat. Tandis que ses blagues ne font rire que lui et mettent en fureur sa sœur Léna, subitement, tout se fige. L’ambiance festive n’est plus, les rires ont disparu, la musique s’est tue, une ambiance de mort s’est abattue dans la salle des fêtes. Une vision d’apocalypse submerge Léna : la salle est jonchée de corps inertes qui se font dévorer par d’horribles monstres squelettiques étrangement recouverts de fleurs.
10 ans plus tard, la province est entourée d’un mur gigantesque pour éviter que le mal ne se propage au reste du monde. Ivan, devenu Prince, et Léna y sont confinés. Ils traquent les « errants » qui déciment leur peuple. Mais tout va changer le jour où un étranger apparaît. Il vient de l’autre côté du mur et n’intéresse pas les monstres…
Pour sa première bande dessinée en tant qu’auteur complet, Elk fait très fort ! Il nous propose un univers de fantasy intrigant et original empreint de poésie. La douceur du dessin et des couleurs contraste avec le propos assez violent suggéré par les monstres et le confinement. Mais le propos va bien au-delà du conte horrifique, et nous emmène sur des thématiques sociétales comme l’acceptation des autres, la remise en question de nos propres certitudes, l’acceptation de ses sentiments, la jalousie, le pouvoir, la vengeance…
Dans un rythme qui prend son temps, les psychologies des personnages se révèlent, s’affirment, évoluent, laissant cependant planer le mystère sur ce monde étrange. Au bout de la centaine de pages, le suspens reste entier et aussi intrigant qu’a la première page.
Évidemment, on en redemande, d’autant qu’on en prend plein les mirettes. Le dessin est beau, les couleurs sont belles, l’album est beau, parsemé d’enluminures et de textes poétiques et doté d’une couverture splendide, décorée d’un vernis sélectif aux reflets rouges métallisés du plus bel effet.
Ces chants du chaos sont une sacré belle surprise pour ce début d’année.
Loubrun

ça a l’air bien intriguant cette histoire 🤔