Orson Welles, l’artiste et son ombre

Scénario : Youssef Daoudi
Dessin : Youssef Daoudi
Éditeur : Delcourt
272 pages
Date de sortie :  18 septembre 2024
Genre : biographie

 


J’adore le cinéma. Mais, comprenez-moi bien,

je déteste Hollywood.

orson welles, l'artiste et son ombre

Présentation de l’éditeur

Après avoir excellé au théâtre et à la radio, Welles débarque avec fracas à Hollywood en réalisant son premier long-métrage en 1941 : Citizen Kane, l’un des chefs d’oeuvres du cinéma. Mais, très vite, il va connaître de nombreux revers et découvrir le prix à payer pour son génie, sa célébrité précoce, son indépendance farouche et son sens de la tragédie Shakespearienne.

Sur le même artiste, vous pouvez lire : Orson Welles, l’inventeur de rêves

Le personnage

La Soif du mal (Touch of Evil – 1958) commence par le plus long plan-séquence de l’histoire du cinéma. On y voit un véhicule, dans lequel un type vient de placer une bombe, se déplacer sur plusieurs rues d’une petite ville, tourner, s’arrêter au stop, dépasser les deux acteurs principaux (Charlton Heston et Janet Leigh) sans aucun raccord d’image ! C’est le summum du génie visuel et dramatique d’Orson Welles.

Orson Welles fut, à juste titre un génie : enfant précoce, acteur, dessinateur, illusionniste, homme de radio, metteur en scène, écrivain et toréro, il toucha à tout avec une prédilection pour le théâtre shakespearien. Malheureusement, comme tout génie il fut un incompris. Après avoir parcouru le Monde, joué au théâtre et tourné plusieurs cours-métrages, il devient célèbre pour avoir fait trembler les États Unis en commentant une fausse invasion martienne à la radio (simplement en lisant des passages du roman « La guerre des Mondes » de H.G. Wells).  Adulé dès 24 ans pour l’énorme succès de son film novateur en techniques cinématographiques, Citizen Kane, Welles devient une star qualifiée de génie !

orson welles, l'artiste et son ombre 1

Hélas, son besoin de tout contrôler, sa haine du système hollywoodien, le coût faramineux de ses tournages et sa volonté de réaliser des projets personnels en se moquant du profit vont en faire la bête noire des producteurs et l’empêcher d’avoir la carrière qu’il méritait. Toujours à la recherche de financements pour ses tournages (dont beaucoup resteront inachevés), Orson Welles tournera dans beaucoup de films et fera de nombreux spots publicitaires pour des tristes raisons alimentaires.

Génie de cinéma, il aura quand même marqué son époque (bien qu’il fut très en avance sur elle) et, malgré que la plupart de ses films aient été modifiés par les producteurs, il a laissé des petits bijoux de cinéma. Outre Citizen Kane et La Soif du mal, déjà cités, on ne peut oublier La splendeur des Amberson (1941), Le criminel (1943), La dame de Shangai (1947) entre beaucoup d’autres. Sans parler des nombreux rôles qu’il a tenu dans des dizaines de films, marquant de sa présence ses personnages (par exemple son rôle de Harry Lime dans Le Troisième Homme – Carol Reed – 1949).

Mon avis sur l’album

Youssef Daudi connaît bien le cinéma et sa technique, il nous livre ici une biographie parfaite du personnage et va jusqu’à copier dans ses illustrations la façon de filmer qu’aurait eue Orson Welles. Donnant « vie » à l’auteur, il lui fait raconter son parcours s’aidant pour cela d’un graphisme particulier et du noir et blanc, parfait pour ce genre d’album. Certaines parties des planches sont colorées de jaune, rendant le récit proche du documentaire d’époque. L’ensemble est une œuvre rendant un vibrant hommage à l’homme que fut Orson Welles.

J’ai beaucoup aimé l’album pour cela car il relate parfaitement la vie, les malheurs et la grandeur de l’artiste. Cependant il ne me semble pas que cette biographie intéresse un public autre que les cinéphiles passionnés…

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