Scénario : Julien Martinière- Joseph Pontus
Dessin : Julien Martinière
Éditeur :Sarbacane
Date de sortie : 2 octobre 2024
208 pages
Genre : Voyage(s) à l’usine
« Au fil des heures et des jours le besoin d’écrire s’incruste tenace comme une arête dans la gorge. Non le glauque de l’usine. Mais sa paradoxale beauté. »
Présentation de l’éditeur
Ouvrier intérimaire, Joseph embauche jour après jour dans les usines de poisson et les abattoirs bretons. Le bruit, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps s’accumulent inéluctablement comme le travail à la ligne. Ce qui le sauve, ce sont l’amour et les souvenirs de son autre vie, baignée de culture et de littérature. Par la magie d’une écriture drôle, coléreuse, fraternelle, l’existence ouvrière devient alors une odyssée où Ulysse combat des carcasses de bœuf et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes.

Mon avis:
Feuilleter rapidement le roman graphique de Julien Martinière révèle (ou cache) son lot de surprises. On se rend tout de suite compte de la beauté de son dessin au minutieux pointillisme. On peut également être interpellé par la vue de soldats napoléoniens, de poissons morts aux yeux vitreux, de chimères, de mineurs du XIXème siècle ou de viscères .
La lecture de ce sublime album inspiré du roman de Joseph Ponthus est incroyablement immersive. Le quotidien de Joseph, tel qu’il nous est raconté, mêle un réalisme et un imaginaire qui tend parfois à la fantasmagorie.
L’adaptation du roman en BD prend tout son sens tant le récit est personnel et intérieur. La vision de Joseph du travail en usine(s) agro-alimentaire va bien au-delà du simple témoignage. Les mots de Joseph Ponthus décrivent un univers, des individus, ils restituent leurs propos et délivrent des pensées parfois poétiques d’un narrateur omniscient. La description de l’aliénation par le travail répétitif et par des conditions de travail physiquement et psychologiquement éprouvantes et au centre du récit. Mais ce sont aussi des moments de repos, de pause, du week-end qui reprennent tout leur sens tout en faisant partie d’un cycle lui aussi récurrent. Ces feuillets d’usine se tournent les uns après les autres et forment un tout cohérent.
A la ligne se révèle être un album humain, engagé, réaliste, poétique, philosophique et irréel. C’est une très belle mise en image d’une chronique sociale autour du vécu et des réflexions d’un homme.
![]() | ![]() | ![]() |
Petitgolem13




Putain que ce sujet me parle , je le note au dessus sur ma liste.
Je voudrais signaler l’utilisation de « putain » dans un commentaire
On entre dans l’ère trumpesque donc autant s’y habituer.
Putain t’as raison
Je suis curieuse de voir le dessin porté à ce si beau récit de Joseph Pontus !