Scénario : Miki Makasu
Dessin : Benoît Bourget
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 29 mai 2024
208 pages
Genre : Dystopie
« Mais non maman ! C’est pas parce qu’il fait peur que c’est un méchant ! Et c’est pas parce qu’il fait pas peur que c’est un gentil ! Ce serait trop manichéen, maman ! »
Présentation de l’éditeur
Célibataire mal dans sa peau, Tomasu est comptable dans une entreprise qui fabrique des poupées sexuelles. Manipulé par son patron véreux, méprisé par ses collègues, il cumule les déboires au cœur d’une gigantesque mégalopole où la solitude lui pèse. Le jour où sa mère décède, sa vie bascule. Bouleversé par ce drame et poussé par son ami Usaji, il se décide à franchir le pas et de tester le « Live Memorium », une technologie illégale qui offre à ses utilisateurs la possibilité de replonger dans leurs souvenirs d’enfance et d’agir dessus. Une fois dans la machine, Tomasu va pouvoir ainsi revoir sa mère, et en profiter pour modifier le cours de certains événements à l’origine de traumatismes profonds. De Live en Live, Tomasu va s’affirmer et renouer avec Aika, son amour de jeunesse, mais également perdre pied avec la réalité. C’est le début d’une spirale autodestructrice, où monde virtuel et monde réel ne font plus qu’un…

Mon avis
L’énigmatique couverture aux reflets ultra-violets en dit peu sur ce live-memorium. Le sarcophage high-tech qui vient de l’imagination de ses auteurs permet de revivre son enfance. Mais attention Sambesque lecteur ! On n’est pas dans une atmosphère à la Quartier Lointain de Tanigushi, dis-toi qu’on navigue plutôt dans les eaux de Total Recall ou Matrix !
Car c’est bien une société désenchantée, une mégalopole dystopique qui est le théâtre de ce voyage virtuel dans le passé. Et s’il s’agit de continuer à énumérer les références, celle d’Akira m’a littéralement sauté aux yeux. Les représentations de la ville et les traits des personnages m’ont constamment renvoyé à ceux de Katsuhiro Otomo.
La déshumanisation est charnelle et psychologique. Tomasu subit une société qui ne veut pas de lui. Le comptable va tenter de retrouver son souffle dans le virtuel en ayant parfaitement conscience des risques encourus. La chute apparaît comme inéluctable.
Le dessin de Benoît Bourget reprend tous les codes du manga et délivre, avec Miki Makasu, le portrait d’un jeune homme écrasé par une culpabilité dont il pense pouvoir se débarrasser. L’univers cyberpunk est parfaitement mis en image. C’est sombre et cela met même parfois mal à l’aise. La violence, sous-jacente au départ, va peu à peu ne plus pouvoir être contenue. A l’image d’une jeunesse auto-centrée (sur)vivant dans une société qui propose une réalité sans espoir, Tomasu va chercher l’impensable, en toute connaissance de cause, mais commandé par la colère, les frustrations et les désillusions.
Sombre et violent, ce roman graphique au scénario bien ficelé n’est pas à mettre sous tous les regards. Le public averti, amoureux de mangas et d’une science-fiction dystopique y trouvera lui son compte.
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Petitgolem13




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