Scénario : Jacques Martin, François Corteggiani
Dessin : Christophe Alvès
Éditeur : Casterman
Date de sortie : 20 septembre 2023
56 pages
Genre : Aventure
« C’est sans doute ce qui nous différencie Guy. Je suis un soldat et vous, un idéaliste ! »
Présentation de l’éditeur
Margareth Manson n’est plus à présenter à Los Angeles. La star est plus connue que les plus grandes marques. Ce n’est donc pas étonnant que Bob Garcia, un ami journaliste people de Lefranc, parte aux Etats-Unis pour y rencontrer la doublure de l’actrice en espérant, par la même occasion, rencontrer la vraie. Mais lorsque celui-ci disparaît à Los Angeles, notre héros se rend compte que cet événement n’est pas anodin. Il se rend donc à Hollywood pour retrouver son ami et enquêter sur ceux qui pourraient vouloir nuire à Margareth Manson.

Mon avis
Un an après le décès de François Corteggiani, la publication de ce trente-quatrième tome des aventures de Guy Lefranc n’a rien d’anecdotique. Un bel hommage lui est rendu en fin d’album par Patrick Gaumer, écrivain et journaliste spécialisé en bande-dessinée, Christophe Alvès ouvre cette nouvelle aventure du célèbre journaliste par un sobre mais touchant « A l’ami François…. » et le clôt par une vignette de fin où le scénariste et dessinateur est représenté, prenant des notes, attablé à la terrasse d’un café.
Ce cinquième album scénarisé par François Corteggiani se démarque des précédents par bien des points. Peu de scènes d’action, beaucoup de dialogues et une enquête aux États-Unis (je crois que c’est bien la première fois). On retrouve tout de même, et il ne manquerait plus que ce ne soit pas le cas, tous les éléments qui font la marque de fabrique de la série inventée par Jacques Martin. En commençant par la belle ligne claire de Christophe Alvès qui nous délivre de beaux paysages et de belles reconstitutions de villes californiennes avec, évidemment, de sublimes voitures. Lefranc est mêlé à un complot, le ton est grave, on navigue entre l’espionnage et le thriller hollywoodien.
La peinture des bas-fonds et des zones d’ombre du rêve hollywoodien résonne comme une remise en cause de l’American way of life. Margareth Morrison est une Marylin Monroe à peine ré-inventée, les mystères entourant le décès de la célèbre (vraie) actrice permettant au scénariste de souligner le cynisme de l’industrie du cinéma et de ses enjeux économiques et politiques. Le nom de ce 34ème tome, La Route de Los Angeles est en soi plus qu’un clin d’œil au roman du même nom écrit par John Fante, (Lefranc en fait d’ailleurs référence presque explicitement), œuvre autobiographique considérée comme précurseure de la Beat generation, mouvement littéraire américain (mais siiii Kerouac ! Ginsberg ! Burroughs !) qui prône une rupture totale avec ce que propose le modèle de vie américain standardisé.
Ce n’est donc pas un hasard si ce dernier opus se démarque des autres par sa forme (pas d’Axel Borg ni de base secrète) et son fond. C’est en s’aventurant dans ce genre d’ambiance, tout en gardant ce qui fait son identité propre que Guy Lefranc gardera ses fans, moi le premier.
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Petitgolem13




Vite je me procure le roman de John Fante. J’ignorais jusqu’à son existence et son influence dans le mouvement beat nick (ou nique, je sais plus)