Métal

Scénariste : Fabrice Rinaudo
Documentaire : Marie Berginiat
Dessinateurs : Collectif
Editeur : Petit à Petit
Genre : Musical
Sortie : le 8 novembre 2023

Avis de l’éditeur :

Du heavy metal au grindcore, de Mötorhead à Slipknot, des déprimantes banlieues américaines aux animes japonais, cet album décrypte vingt styles de musique extrême, leurs caractéristiques, leurs philosophies et leurs histoires. En mêlant l’envie de jouer plus vite et plus fort au besoin d’exprimer son mal-être ou sa révolte, le metal trace furieusement sa route dans les oreilles d’un public passionné depuis plus de cinquante ans.

Mon avis :

Préparez-vous aux ténèbres ou à l’implosion du paradis dans l’anti-chambre du purgatoire !

Lorsqu’on énumère le genre « Métal », il s’agit généralement d’un type musical à part, bruyant, mélodieux ou tout son contraire, orchestré par des membres littéralement en feu, dont les chanteurs s’expriment dans une cacophonie de tous les Diables. Sans oublier des sons distordus de guitares électriques qui envoient du lourd et une sonorité à la batterie qui déménage. Mais le métal comprend tant d’arcs qu’il serait impensable de tous les détailler, un sous-genre à lui seul pourrait combler des dizaines de ramifications.

Si vous faites partie de cette myriade à l’échelle terrestre d’aficionados férus de Métal, ce titre vous est destiné, cela ne fait absolument aucun doute ! Soulignons-le d’entrée de jeu, cette brique de + de 180 pages de folie archaïque sur le sujet, incarne une bible indispensable pour compléter ses connaissances, ou du moins les comparer avec ses notions personnelles.

Comme l’illustre à merveille Fabrice Rinaudo, Marie Berginiat et la foule de dessinateurs qui parcourent et accompagnent l’évolution du genre au travers de ce récit, ne soyez pas surpris qu’un sous-genre ou une catégorie apparaisse nommé sous une autre appellation. Car oui, un même groupe peut fusionner plusieurs variétés de natures distinctes ou prétendre à être défini sous divers arcanes.

Il y a autant de diversité dans le Métal qu’il y aurait presque de genres musicaux, si ce n’est davantage. Le site Métalorgie recense des dizaines de milliers de groupes ! Des fans de la première heure de Heavy Metal défendront corps et âme leurs groupes mythiques tels que Iron Maiden ou Judas Priest, là où d’autres seront totalement incapables d’écouter ne fût-ce que dix secondes ce type d’ambiance, et se rabattront sur un genre bien plus destructeur de nature Death Metal avec des groupes influents à la sauce de Cannibal Corpse ou Morbib Angel.

(Anecdote sur Cannibal Corpse : Lorsque Jim Carey en 1994 se pavane sur scène lors du tournage de Ace Ventura 1 aux côtés des musiciens, autant lui que le groupe de DeathMetal sont loin d’être des notoriétés interplanétaires. Cannibal Corpse se localise à Buffalo avant de prendre une autre tournure en Floride. Carey lui-même en est à ses débuts et ce choc mémorable va accentuer autant la carrière des musiciens que celle de l’acteur. Cannibal Corpse de par ses concentrés ultra violents à l’égard de la société, récoltera contre toute attente un nouveau souffle, quant à Jim Carey, une ascension formidable durant une bonne dizaine d’années)

METAL_Fabrice RInaudo_Marie Berginiat_Collectif de dessinateurs_Petit a petit editions_Docu-BD_extrait

C’est ainsi que tour à tour, de mini-chapitres sont consacrés à détailler les grandes variations, l’évolution progressive de par les décennies et les noms Mainstream qui se sont forgés une solide réputation auprès du public. Trash Metal ; Black Metal ; Grindcore ; Speed Metal ; Metal Gothique ; l’Industriel ; l’alternatif ou encore le Metal Core qui appuient chacun dans leur discipline une teneur volcanique de cylindrées à étouffer des raz-de-marée de morts-vivants.

Cette bible est une réelle référence et il serait sage de lui décerner une palme tellement la recherche se veut poussée dans ses retranchements. Chapeau bas aux artistes qui se sont impliqués à cette fouille archéologique détaillant des anecdotes triées sur le volet.

Certes, tous les amateurs de Métal ne seront pas impactés par du Gringcore (Napalm Death, Carcass…) ; tant la violence de l’impact peut en désarçonner plus d’un. On dépasse clairement les normes du politiquement correct ou du Sex, Drugs and Rock & Roll. Il suffit de constater les couvertures d’albums pour s’en faire une vague idée. Des marées de morts en putréfaction qui lorgnent ouvertement sur du gore vicieux sans la moindre pitié ; des embryons d’espèces inconnues résidant dans des bocaux d’acides ou encore des comètes interstellaires en ébullition face à des soleils en proie au néant ; tout est à peu près réalisable dès que l’entrain des membres d’un groupe se voit porté vers une illumination festive païenne, religieuse, monothéiste ou simplement divinatoire.

Quant aux groupes formés de chanteuses, elles ne sont pas en reste et vous donneront le tournis par une avalanche destructrice d’éminences vocales gargantuesques. (Once Human ; Arch Ennemy ; Lovebites…)

Il n’est pas rare de contempler avec stupeur certaines pochettes d’album d’une violence rare ou un Christ se voir martelé de croix ou des restes humains qui gisent dans un paysage d’une froideur absolue. Et pourtant, en dépit de cette ultra violence portée à nos tympans boursouflés, ce prélude en quelque sorte de l’antichambre des enfers, véhicule une démonstration de force rythmée et truffée d’énergie cosmique. Une guérison par l’absinthe, une drogue sensorielle qui piétine nos limbes de chair et nous décrasse d’une rage viscérale.

En un mot comme en mille, énormément d’amateurs de genres musicaux décèleront immanquablement l’une ou l’autre gamme musicale qui les interpelle. Tout comme il est certain, qu’aucun humain ne pourrait être enthousiasmé par tous ces sous-genres confondus, le jour et la nuit les séparant. Foncez, terrassez les hordes de revenants, associez-vous avec l’un ou l’autre démon ou ange rédempteur au travers de cette lecture époustouflante. L’un des albums de l’année !

Coq de Combat

En BONUS, voici une compilation maison, indépendamment des titres repris dans cet ouvrage. Particulièrement des musiciens modernes de type DeathCore (retenez ce genre) et métal symphonique. Des groupes scandinaves, américains, et Cie qui décolleront vos orbites de votre cervelet et vous feront grimper la tour de Pise en toute tranquillité :

Ma sélection :

  • Lorna Shore(l’ancien chanteur Tom Barber et nouveau chanteur Will Ramos) Album : « And i return to nothingness »
  • Mental Cruelty(pareil, changement de chanteur, mais les deux montent réellement dans les tours !) Album : « A hill to die upon »
  • Downfall Of Mankind ; Album : « Vile Birth»
  • Grave , Album : « As Rapture Comes »
  • Cryptopsy: Album : « The Book of Suffering 2 » (une vingtaine de minutes de folie pure)
  • Cattle Decapitation, Album : « Terrasite»
  • Lost Soul, Album : « Immerse to Infinity»
  • When Plagues collide
  • Aborted(groupe Belge de chez nous, vraiment efficace) Album : « Archaic Abattoir »
  • Disowning, Album : « Human Cattle»
  • Bliss of Death(témoignage de gladiateurs dans l’enfer de Dante)
  • Ragnarok, album : « Psychopathology»
  • FleschCrawl: Album : « Soulskinner »

4 commentaires sur “Métal

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    1. Pour une fois, je suis entièrement d’accord avec toi !… c’est bruyant et insupportable pour les oreilles !😱😖
      Bref, autant je peux écouter certains tubes de hard réputés pour les meilleurs slow, autant le « bruit » de ces groupes survoltés me fait saigner les oreilles.
      C’est quelques fois long de lire des chroniques « trop bavardes », mais en plus sur un sujet qui me laisse froid !

  1. Ben dis donc tu as été …transporté !!!! Pas vraiment ma came mais ca se laisse ecouter de temps en temps. Merci pour la liste d’ecoute. Je spotify direct. Par contre coté dessins …. c’est plutot …rigide, non ?

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