Frontier

Scénario, Dessins & Couleurs : Guillaume Singelin
Editeur : Rue de Sèves / Label 619

ISBN : 978-2-81020-316-1
DL : 04/2023
NB pages : 202

« Le centre spatial de Baïkal a validé la fenêtre de lancement ? »

Format 22.7x32cm. 21.90€. Très bel objet.

Résumé éditeur :
Quand la Terre suffoque de par l’exploitation de ses dernières ressources, l’humanité se tourne vers un nouveau territoire, l’espace, au-delà des planètes du système solaire : « La Frontière ». Dans cette nouvelle ruée vers l’or, trois destinées s’entremêlent : Ji-soo, scientifique passionnée par l’inconnu ; Camina, mercenaire fougueuse et enjouée ; et Alex, un mineur qui n’a jamais connu la Terre. Ce récit d’aventure narre le parcours tumultueux de ce trio, mais aussi de leur quotidien, celui de vivre dans un nouveau monde. Il pose la question d’une nouvelle humanité complètement déconnectée de son berceau, la Terre, pour se tourner uniquement vers les étoiles.

Pff. C’est tellement bien. Voilà c’est la chronique. Non ? Bon, ok.

Pour son deuxième album en tant que scénariste et dessinateur Guillaume Singelin nous livre ici certainement l’un des meilleurs albums Hard SF que l’on aura cette année. Un album dont les premiers travaux préparatoires (que l’on peut apprécier en tant que bonus de fin d’album) remontent à 2013.

Trois protagonistes majeurs vont s’entrecroiser dans cette histoire : Ji-soo, Alex et Camina.

Ji-soo Park qui, après avoir travaillé plus de sept ans sur une sonde spatiale ayant pour but d’étudier les origines de l’univers se voit dépossédée de son projet par une OPA hostile d’Energy Solution qui a réorienté son projet pour en faire un scanner de filons minéraux à exploiter. Ayant mal pris la nouvelle (forcément) tout en étant trop « expressive » publiquement elle se retrouve brinquebalée sur diverses voies de garages par l’entreprise et finit par être mise au placard en tant que responsable d’un simple chantier d’extension sur le secteur sept de la station : « Energie Solution Rock Breaker ». Un vaisseau chargé de collecter du minerai sur des astéroïdes.

Alex est quant à lui né dans cette station et travaille dans la fameuse équipe technique du chantier du secteur sept. Il rencontre Ji-soo le jour de son arrivée lors des obsèques de ses collègues morts sur le chantier.

Camina était membre des Sparrow (une armée privée spécialisée dans les missions en apesanteurs). Elle fut forcée de prendre sa retraite suite à une mission qui a mal tourné où elle a perdu un avant-bras. Elle croisera nos deux autres protagonistes sur Junon, planète où elle décida de se reconvertir en ferrailleur de l’espace.

Comme je vous l’ai indiqué plus haut l’album nous permettra principalement de suivre le destin de ses trois personnages et si je ne vous ai pas déjà accrochés avec ma présentation Guillaume Singelin parsème le récit de thèmes très Hard SF. L’on y retrouve donc l’impact de la vie en apesanteur sur le corps humain, la gestion de l’espace comme lieu de vie : cela va de la gestion de l’eau, de l’oxygène ou de la nourriture tout en nous parlant des déchets, de pillage de ressources, de recherches scientifiques ou de l’emprise d’une entreprise sur le quotidien. Libre à vous d’y voir une critique capitaliste, un récit sur l’acceptation, le dépassement de soi ou encore un récit écolo. Tout est vrai selon votre ressenti.

Le truc le plus fou dans tout ça c’est que tout n’est pas forcément abordé de manière frontale, beaucoup de ces éléments sont à piocher soit même via la merveille de narration visuelle des planches. Les décors vous racontent une histoire : un système de recyclage de l’eau, des dortoirs, une forêt qui pousse au milieu d’un vaisseau ou encore une montagne qui laisse deviner un chemin escarpé, tout est sujet à vous raconter une histoire dans les décors.

Et si vous n’êtes toujours pas convaincu, fiez-vous aux cinq premières pages de l’album ci-dessous pour vous rendre compte du travail sur le découpage et la composition. Et encore, je ne vous montre pas les planches qui se déroulent dans l’espace. Impressionnantes.

Concluons cette chronique avec des petites recommandations si vous avez aimé Frontier : Planètes (Yukimura) chez Panini, Space Brothers (Koyama) chez Pika, La cité Saturne (Iwaoka) chez Pika, les adaptations des romans de Liu Cixin chez Delcourt, Citizen Sleeper (en anglais attention) une merveille narrative en jeu vidéo avec Singelin derrière le design ou encore de bons vieux romans avec du Arthur C. Clarke (Rama), du Stephen Baxter (Voyage, Titan), du Liu Cixin (La trilogie Le problème à trois corps), James S.A. Corey (The Expanse) ou Dan Simmons (Hypérion) ou plus récemment Becky Chambers.

Assurément l’un de mes coups de cœur de l’année. Courrez acheter Frontier.

ScénarioDessinico_Album
coup_de_coeurcoup_de_coeurcoup_de_coeur

JaXoM

7 commentaires sur “Frontier

Ajouter un commentaire

  1. Tres belle BD, un régal à lire. Et quel enthousiasme de Jax !
    Petit Bémol : la lecture est difficile dans les premières pages. Pas tout compris avec tous ces détails et des cases tres petites. mais une fois la grille de lecture acquise, j’ai repris depuis le debut et la ………rhaaaa lovely !!!
    Merci pour les suggestions

    1. Je me demande si je vais pas mettre des suggestions systématiquement sur mes coups de cœur, qui ont plus de chances de plaire, forcément. Ravi que ça t’ai plu en tout cas.

  2. Pffff ….☹️ pas reussi a aller au bout. A cause des petites cases très chargées sans doute, comme le dit Tigre. J’avais pourtant bien le sentiment d’avoir entre les mains une pépite.
    Mais peut-être aussi n’etais-je pas dans de bonnes dispositions.
    En tout cas, ta chronique donne envie !

    1. La mise en contexte au départ peut paraitre chargée en effet, ça dure pas longtemps, je pense que tu peux retenter. Les visuels vont « tasser » vu de loin, mais l’objet en main ça passe bien, merci le format 23×32.

  3. « Assurément l’un de mes coups de cœur de l’année »… Ah bon !🤣
    C’est vrai que la chronique enthousiaste donne envie… je me ferai une idée si j’ai l’occasion de la lire. Le seul bémol qui me gêne, en dehors de la densité des cases, c’est le côté enfantin des personnages qui décrédibilisent le propos non ?
    Bref, je reste dubitatif !

    1. C’est vrai que visuellement le côté enfantin des personnages peut perturber. C’est complétement voulu et cela ne m’a pas du tout gêné à la lecture, à voir pour toi, peut être le feuilleter en magasin avant ?

Répondre à JaXoMAnnuler la réponse.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

En savoir plus sur SambaBD

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture