Les Fleurs du Mal

Scénario : Charles Baudelaire, édition originelle de 1857
Dessin : Bernard Yslaire
Éditeur : Dupuis
256 pages
Date de sortie : 18 novembre 2022
Genre : poésie illustrée

« C’est l’Ennui ! L’œil chargé d’un pleur involontaire,
Il rêve d’échafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
– Hypocrite lecteur, – mon semblable, – mon frère ! »

Présentation de l’éditeur :

Les Fleurs du mal, mythique recueil de poésies signées Baudelaire, provoque le scandale dès sa première parution en 1857. Tonalité rompant avec le romantisme, structure du sonnet battue en brèche, obsession de la mort, exploration de la souffrance : le spleen baudelairien va durablement animer les conversations du monde littéraire… Après avoir exploré la vie du poète à travers Mademoiselle Baudelaire, alias Jeanne Duval, vénus noire au cœur de l’œuvre de Baudelaire, Yslaire offre son inépuisable talent graphique aux Fleurs du mal.

Illustrant les cent poèmes de la version de 1857, avant le procès retentissant de Baudelaire qui en fera écarter six parties jugées immorales, le grand maître de la BD moderne souligne de merveilleuse et vénéneuse manière toute la beauté, la profondeur et le mystère de l’art baudelairien. Le temps n’est rien pour les artistes qui, malgré la différence d’époque, finissent toujours par se rencontrer…

Les fleurs du mal_Charles Beaudelaire_Poemes illustres_Bernard Yslaire_Editions Originelles 1857_Aire Libre_Dupuis_extrait

Mon avis :

Après avoir lu la série manga éponyme aux éditions Ki-oon (que je vous recommande chaudement si vous aimez les scénarios psychologiques macabres), je ne pouvais que décider de lire, enfin, l’œuvre qui a tant inspiré le personnage principal de Shuzo Oshimi. Et quoi de mieux que l’édition de Dupuis illustrée par Bernard Yslaire !?!

D’entrée de jeu, on sent que Bernard Yslaire maîtrise son sujet qui fait la continuité de son titre Mademoiselle Baudelaire. Difficile d’imaginer un autre artiste reprendre ces poèmes mythiques. Dès la couverture, la tendance est donnée. Un enrobage cartonné épais, des dorures et un portrait de l’homme de lettres qui cache à peine une reproduction érotique de celle qui fut sa compagne, sa muse, sa déesse noire…

« Les Fleurs du Mal » sont, comme le décrira le dessinateur en postface, un journal intime à qui sait le décortiquer, un pan de la vie de Charles Baudelaire qui se traduit par une fascination pour la mort, les démons face au catholicisme, la luxure et la solitude. Il s’agit également de fantasmes, raison pour laquelle les illustrations se chevauchent, s’entrecroisent pour mêler l’onirisme de la prose et la réalité des sentiments.

Un graphisme sombre, tantôt en sépia, tantôt en dégradé de gris avec une fine touche rougeâtre qui attire le regard vers un détail, une bouche entrouverte… du doré également, relevant la profondeur d’un regard, la volupté d’une chevelure. Bernard Yslaire nous régale d’une poésie graphique aussi sombre, glauque et enivrante que la poésie de Charles Baudelaire. Et force est de constater qu’on en redemande !

ShayHlyn.

4 commentaires sur “Les Fleurs du Mal

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  1. « Un graphisme sombre, tantôt en sépia, tantôt en dégradé de gris avec une fine touche rougeâtre qui attire le regard vers un détail… »
    Ben dis-donc, t’en as mangé du sépia ces jours-ci (avec Carambolla)… te reste plus qu’à lire le sublime Bertille pour rester dans le ton !😉

    Aimé par 1 personne

      1. C’est la raison pour laquelle je te proposais le polar Bertille & Bertille avec la même superbe palette graphique !😉

        Aimé par 1 personne

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