Requiem Tome 7

Le couvent des sœurs de sang

Scénariste : Pat Mills
Dessinateur : Olivier Ledroit
Editeur : Glénat
56 pages
Genre : Horreur
Sortie : le 14 novembre 2018

Mélange subtil d’érotisme, de cruauté, et de protagonistes totalement libérés de toute entrave. Perfide et dantesque !

Avis de l’éditeur :

XIIIe siècle, au cœur des croisades. Barbarossa et ses chevaliers teutoniques sont sur la piste de la mythique arche d’alliance. Mais arriveront-ils à contenir et maîtriser le pouvoir incommensurable qu’elle renferme ? Fraîchement arrivé au couvent de Nécropolis, Requiem se met à la recherche de Rebecca et tombe sur une connaissance de courte date, ainsi qu’une armée de sœurs prêtes à punir les deux intrus…

Mon avis :

En l’an 1232, en Terre Sainte, les croisés menés par le seigneur Barbarossa suivent le parcours des récifs montagneux, guidés par la trompette divine. Se basant sur les récits bibliques des israélites et sur l’arche de l’alliance, ils accèdent au sanctuaire sacré après avoir affronté les Sarrasins. En ces lieux, ils font face au Thurim – le marteau appartenant à Lucifer dont les inscriptions représentent les initiales des noms hébraïques des 10 plaies d’Egypte.

 

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Dans une toute autre dimension, au couvent du sang, Requiem tente de sauver Rebecca d’un sort morbide. Sur cette route ensanglantée, il croise le vampire « Sabre », en charmante compagnie : entouré par le Harem des vierges de Dracula. Quant aux sœurs démoniaques, et principalement la plus tenace d’entre elles – Sœur Sadistica – estiment que ces lieux de débauche mènent au chaos de l’âme, même en Enfer, et du coup, combattent à leur tour les deux vampires.

Tandis qu’en Dystopie, la reine accueille le Comte Dracula et son fils adoptif Néron de Dracula. Un acte commercial doit avoir lieu : De l’or contre de l’opium. Mais est-ce bien légitime ?

Affrontant les nonnes infernales, Requiem perd une fois encore la vie, écartelé par l’exterminatrice des dépravés. L’unique solution se présentant à lui consiste à fusionner avec Thurim, ce qui lui permet d’augmenter considérablement ses pouvoirs.

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Pat Mills jongle avec brio une trame sévèrement complexe. Il ne s’agit pas uniquement d’introduire des guerriers maléfiques et ennemis en tout genre, loin de là ! Chaque protagoniste tient idéalement son rôle, chaque situation  invite à la décadence de manière sensorielle. Imaginez un « Stratego » version Enfer abyssal, multipliez le tout par cent et vous serez encore loin du compte !

Pat Mills crée des séquences alternées, proche des techniques romancières et cinématographiques. L’action démarre à un endroit, s’interrompt brusquement, pour laisser place à d’autres événements, puis revient là où le lecteur s’était arrêté, sans la moindre cassure de style. Rien de nouveau, certes, mais le génie est au rendez-vous. Chaque case est pour ainsi dire parfaite dans son élément.

La saga Requiem est imbattable dans son registre. D’ailleurs, chers lecteurs de Samba BD, si vous connaissez une série meilleure, ou du moins, de même acabit (graphiquement, il va sans dire), faites-le nous savoir ! Nous sommes friands d’accroître nos connaissances !

Une autre particularité gagnante à Requiem se note par son humour glacial et noirâtre à souhait.

Exemple : Quel est le comble de la famine ?
Réponse : Dracula suçant le sang d’un tampon

L’album est truffé de gags hilarants (et pourtant, cette série est tout sauf drôle : des fœtus sont écrabouillés, des nonnes sodomisées, le sang ruisselle à tout-va…)

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Chaque tyran espère plus que tout imposer sa loi sur ses voisins. Prenez le monde des mortels, et imaginez le bien pire, mais pas qu’un peu ! Tout comme le domaine commerce : vous souhaitez vendre une quelconque matière, vous allez exploiter l’autre et vice versa, jusqu’à son âme. Ces êtres démoniques sont bien pire que la crème des salary men de Wall Street en négociations.

Graphiquement, nous décernerons la palme à Monsieur Ledroit.  Pour ce titre, nous n’évoquerons même pas la possibilité d’imaginer meilleure qualité graphique…l’inaccessible a été atteint ! Le découpage est comparable à un labyrinthe, sans début, ni fin. Esthétiquement, c’est juste surréaliste, visionnaire, contemplatif. Des Enfers tels que ceux-là, on s’y engagerait presque volontiers jusqu’à la fin des temps.

Les synonymes manquent face à un éventail de cruautés transformées en joyaux magnifiques.

Enfin, la fin d’album, comme pour chaque tome de cette réimpression est agrémentée des arcanes du Hellfire club – le bestiaire de Résurrection.

Mélange subtil d’érotisme, de cruauté, et de protagonistes totalement libérés de toute entrave. Perfide et dantesque !

Pour conclure ce 7ème opus, voici une réplique (parmi tant) que nous retiendrons :

« Une vieille bouteille est comparable à une très bonne veine… ça a un goût de démon qui te pisse sur la langue »

Coq de Combat

4 commentaires sur “Requiem Tome 7

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  1. Je pense que ce genre de BD doit surtout plaire aux amateurs… dont je ne fais pas partie. 😔
    Je comprends qu’on puisse être dithyrambique sur les dessins (que je trouve trop chargés)… de là à trouver que « l’inaccessible a été atteint ! » 🙄
    Ce n’est pas la virtuosité graphique qui manque à de nombreuses séries dont le scénario n’est pas toujours à la hauteur.
    D’après les critiques sur cette série (dont ce T7 date de 2007), les derniers tomes traînent en longueur.
    Ceci dit juste pour modérer ton coup de cœur 😉

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  2. oui c’est un peu une note « fan « . J’ai déjà remarqué qu’ Olivier Ledroit a pas mal de grands fans, des vrais, des bons !
    En somme c’est 5 cœurs pour les aficionados.

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  3. CdC a dit (parce qu’il n’est pas encore pote avec wordpress, do c je fais secrétaire xD) : Certes, mais qu’y-a-t-il de mieux dans le domaine?
    Hormis 666 aux éditions Zenda, qui plus est de qualité graphique inférieure, à ma connaissance, rien de rien en franco-belge.
    Aux Etats-Unis, par contre, les ricains proposent du très lourd avec entre autres Crossed chez Panini.

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    1. Dans le domaine, il est clair que je ne sais pas puisque je déteste ce genre de BD… ça pique les yeux et les pitch ne m’intéressent pas ! 😱
      Donc, désolé ! 😜

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