Scénario et dessin : Bastien Vivès
Editeur : Casterman
208 pages – cartonné
Parution : 12 septembre 2018
Roman graphique
« – Pour le chemisier, je peux vous le rendre demain, si voulez?
-C’est bon, c’est pas pressé.
-je vous appelle.
-Oui on voit ça… »
Le nouveau grand récit de Bastien Vivès
Étudiante en Lettres classiques à la Sorbonne, Séverine n’est ni belle, ni laide, ni brillante, ni médiocre. La jeune femme coule une existence banale, sans éclat mais sans drame, aux côtés d’un compagnon qui lui prête moins d’attention qu’aux séries télévisées ou aux jeux vidéo. À l’issue d’un baby-sitting, elle se voit prêter un chemisier en soie qui va mystérieusement changer sa vie. Du jour au lendemain, les hommes posent sur elle un regard différent, chargé de désir. Le vêtement est-il doté d’un pouvoir magique ? Séverine l’ignore, mais elle constate qu’il lui permet de se sentir davantage en confiance. Et de reprendre en main son destin…
Avec la grâce et la sensualité dont il a notamment déjà fait preuve dans Une sœur, Bastien Vivès dresse un nouveau portrait féminin résolument adulte et contemporain.

Mon avis :
Quel est l’auteur qui peut à la fois se réclamer de Flaubert et des naturalistes en littérature, de la nouvelle vague en cinéma, du franco-belge en BD, tout en assumant une vision ultra-contemporaine de la société dans laquelle il évolue?
Bastien Vivés évidemment!
Son chemisier est un chef d’oeuvre absolu dans cette veine de roman graphique sensible et généreux qui explore les rouages sensualistes et narcissiques de notre société. Il faut lire ce chemisier, superbe regard d’une acuïté exarcerbée par la sensibilité d’un jeune auteur qui tient toutes ses promesses, qui tisse d’album en album une oeuvre d’une profonde originalité.

Le plus cinématographique et subtilement littéraire des jeunes auteurs continue de nous enchanter de son minimalisme graphique identifiable au premier coup d’oeil et le meilleur est sans doute encore à venir.

Skippy






Il faudrait que tu me le passes pour savoir si c’est vraiment un « chef d’oeuvre absolu ».
Je viens de le lire et… que dire ?… très déçu par ces 200 pages très vite lues où je n’ai pas bien compris où Vives voulait en venir… une fille délaissée qui s’émancipe comme une folle après avoir mis un chemisier de soie ?… Bof, je n’ai pas vu de chef-d’œuvre, encore moins absolu ! 🙄
En plus, j’ai l’impression que l’auteur est un peu obsédé par la pornographie* (la scène de masturbation réciproque entre elle et un black bien monté est bien crue !).
Bref, pas mieux que 2/5 pour l’efficacité du graphisme minimaliste.
* voir le petit Paul 😉
Moi il faudrait que tu me dises comment un chef d’oeuvre absolu n’obtient pas la note maximum à « album » ? 🙂
Graphiquement je trouve que c’est sa meilleure. Les pose de l’heroïne sont envoûtantes. Au niveau du scénar’ j’ai trouvé la première partie géniale mais la deuxième m’a un peu perdu. Et la scène de la gare à la fin m’a semblée hors de propos. Je reste fan malgré tout.
Voilà enfin lu, rien à dire sur l’aspect cinéma de cette oeuvre, magnifique cadrage et d’une fluidité remarquable.Un peu comme hardcoreBD, quelques scènes m’ont étonné,j’aurais aimé aller vers d’autres directions mais c’est l’oeuvre de Vives et il l’a bien inscrite dans l’air du temps,sans concession !.