Scénario et dessin : Bastien Vivès
Editeur : Casterman
Parution : 03 mai 2017
216 pages – cartonné
Roman graphique intimiste
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Présentation :
Antoine, 13 ans, passe, comme chaque été, ses vacances sur une île en Bretagne. Il y accompagne ses parents et son jeune frère. Hélène, 16 ans, et sa mère (qui vient de faire une fausse couche) viennent les rejoindre. Entre Antoine et Hélène va naître lentement une amitié complice qui laissera place à des sentiments amoureux et des attirances sexuelles. Antoine va vivre l’intensité douloureuse d’une première histoire d’amour.
Après Polina, le nouveau roman graphique de Bastien Vivès !
« – Y a beau avoir plein de monde, j’ai toujours l’impression d’être toute seule.
– Même quand t’es avec nous ?
– Non, avec vous c’est chouette. »
Mon avis :
Entre deux épisodes de Lastman, son manga à la française, en quatre mois, l’été 2016, Bastien Vivès a réussi un tour de force exceptionnel : un roman graphique épuré, littéralement en apesanteur. Ma première impression à la lecture de cet album fut tout d’abord une lointaine réminiscence cinématographique des années 70. Ce sont des images de « Pauline à la plage » d’Eric Rohmer avec ses variations sur les émois des amours adolescentes qui se sont imposées à mon esprit. Et ensuite, je me suis rappelé avoir admiré l’auteur en dédicace au dernier festival de Bruxelles, sur le stand des éditions Casterman. Il se dégageait alors de sa personne une sérénité grave, une concentration tendue qui abolissait le bruit et la foule qui se pressait dans le chapiteau. Son style reconnaissable au premier coup d’œil (les visages sans yeux) s’imposait sur la page dans un calme quasi surnaturel.
D’une maîtrise absolue tant de de la simplicité graphique que du rythme narratif, alternant de grands moments d’émotions avec une évidence psychologique imparable, Une sœur touche au plus intime de nos sensations. On y sent tout l’apport personnel de l’auteur, tout son univers, au point de ne plus faire la différence entre autobiographie et autofiction. Impossible de ne pas sentir cette atmosphère tourmentée et ambigüe, de ne pas succomber au charme de ces cases panoramiques et de ces cadrages variés. Bastien Vivès raconte souvent qu’il a passé son enfance à dessiner avec son petit frère, en recopiant des Tortues Ninja, comme sur la planche ci-dessous.
Une sœur est de ces ouvrages qui continuent de hanter le lecteur longtemps après avoir fermé l’album. C’est un moment magique de lecture, précieux et rare.
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Skippy






Quand un virtuose ne se sent pas obligé d’en faire « trop », c’est encore mieux. Et en effet, à part ce dessin aussi fort (quelle aisance!) qu’évocateur, on se laisse émouvoir par un scénario sensible au ton juste, qui « sent le vrai ». Une très belle histoire (Comme « Polina », on est bien d’accord). Bonjour à l’équipe (merci pour ton message, Samba).
Mon petit doigt me dit que cet album sera certainement dans les classements des top album de fin d’année .
ah les vacances en Bretagne,
conseillé par mon libraire, je n’ai pas été déçue et cet album m’a transportée !!! je serai une éternelle adolescente en vacances…
Salut Planante ,on reprend goût à la lecture, bientôt ton retour ?
Oh oui, Sophie toi que j’aimais tant … dis, quand reviendras-tu ? ☺
Je sais que Vives est un peu le chouchou dans le milieu de la BD mais c’est effectivement Pauline à la plage en plus explicite. Une belle sensibilité mais rien de révolutionnaire non plus .7/10 pour ma part .
Samba, je suis sûr que, une fois commencé, tu l’as dévoré cet album et que, ensuite, tu as téléchargé Pauline à la plage pour regarder le film dans la foulée. Et ça, c’était hier soir. Avoue!
J’avoue, j’ai dévoré TER :-)))
Touché!