Scénario et dessin : Miles Hyman d’après une nouvelle de Shirley Jackson Éditeur : Casterman 140 pages date de sortie : septembre 2016 genre : adaptation
Dans un village de la Nouvelle-Angleterre, chaque année, au mois de juin, on organise la Loterie, un rituel immuable, où il est moins question de ce que l’on gagne que de ce que l’on risque de perdre à jamais. Après Le Dahlia noir, Miles Hyman adapte un nouveau grand classique de la littérature américaine, écrit par sa grand-mère, Shirley Jackson.
Une partie du Grand Palais à Paris accueille en ses murs depuis fin septembre 2016 et jusqu’à mi-janvier, le grand Georges Rémi, bien plus connu sous le nom de Hergé.
Je ne vous ferais pas l’affront de vous présenter le célèbre reporter de petit Vingtième, qui, paré de ses pantalons de golf et de sa témérité sans faille à parcouru le monde entier, ou presque, et est allé sur la lune 19 ans avant Neil Armsrtong. De 7 à 77 ans, et bien au delà, tout le monde connait.
En revanche, quid de son créateur ? Certes, les amateurs de BD en connaissent sûrement un rayon sur le père de Tintin, mais les autres ? Ceux qui ne voient dans Tintin qu’une bande dessinée, incontournable, destinée à la jeunesse, que l’on offre à ses juniors parce que Grand-Père à appris à lire dans ces illustrés (ça s’appelait comme ça à l’époque) et que papa était abonné au journal Tintin et que ça lui rappelle sa jeunesse. Connaissent-il Hergé ? Savent-ils qu’il était bien plus qu’un auteur de bande dessinée ?
Cette exposition est l’occasion de faire sa connaissance. On y découvre, répartis dans 10 salles, tout ce à quoi Hergé a touché. Beaucoup de bande dessinée évidemment, mais pas que, car l’homme aux 250 millions d’albums vendus dans le monde était aussi un amateur d’art et un illustrateur hors pair.
En remontant le temps, depuis ses essais en peinture contemporaine dans les années 60, jusqu’à ses débuts d’illustrateur dans une revue scoute, en passant par ses travaux d’illustrateur pour la « réclame », ancêtre de la publicité, cette belle exposition vous fera découvrir un immense artiste aux multiples facettes, et qui, aujourd’hui encore reste une référence pour nombre d’auteurs.
Dans une mise en scène très ligne claire, on découvre dans de grandes salles ressemblant à des cases de BD en 3 dimensions, le matériel exposé. Rien d’inédit, mais quelques planches originales, des crayonnés, des maquettes (le nez de la fusée réalisé pour l’aidé dans la réalisation de l’album, et une réplique de Moulinsart), des illustrations publicitaires, et, plus rare, quelques dessins originaux d’illustrations pour les couvertures du petit XXème et pour la revue scoute.
Illustration pour la couverture du Petit Vingtième du 8 novembre 1934
Illustration pour la couverture du Petit Vingtième du 27 juin 1935
Illustrations réalisées dans la revue scoute
Les Tintinophiles avertis ne découvriront sans doute rien qu’ils ne connaissent déjà sur Hergé, et certainement pas une profusion d’originaux. Ça n’est clairement pas le but de cette expo qui est entièrement axée sur le créateur de Tintin. En revanche, les amateurs éclairés se réjouiront de cette promenade dans l’univers riche d’Hergé, et les amateurs moins éclairés découvriront avec émerveillement toute la magie alliée au travail besogneux de la création artistique.
Dans le Lotus bleu, tous les textes éléments du décor écrits en japonais ont un sens.
Du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017 – Paris – Grand Palais – 13€
Scénario : Matthieu Salvia Dessin : Philippe Brionnes Éditeur : Delcourt 62 pages date de sortie : août 2016 genre : aventure, super héros
Hector, un vieil homme désabusé qui semble vivre une retraite paisible est interpellé un beau matin par les services d’une agence gouvernementale. Sous ses apparences de monsieur tout le monde, Hector porte en fait un lourd passé qu’il a réussi jusqu’à ce jour a cacher des autorités et du monde. Il possède un super pouvoir qu’il n’utilise plus depuis des lustres. En mettant la main sur Hector, le gouvernement compte bien découvrir l’origine de son pouvoir et le cas échéant l’exploiter en le confrontant à cinq autres de ses semblables déjà présents dans un complexe de recherche ultra sécurisé. Alors que les super-héros à la retraite semblent dociles dans leur prison dorée, Hector découvrira qu’ils sont en fait fermement décidés à s’évader et que les intentions du gouvernement ne sont pas si louables que ça.
Les super-héros ont le vent en poupe, surtout au cinéma avec la pléthore de superproductions qui envahissent les écrans chaque année. Mathieu Salvia exploite le filon et entre par la grande porte dans le monde de la BD avec ce premier scénario qui rejoint la série concept Sept des éditions Delcourt. Série fleuve déclinée en saisons comptant chacune 7 épisodes réalisés par des auteurs différents, cet album est le quatrième opus de la saison 3.
Si l’idée de présenter des super-héros à la retraite est plutôt originale elle n’en est pas pour autant d’une grande innovation. D’autres artistes ont imaginé la chose comme Eddie Liu, Donald Soffriti ou Gilles Barbier que j’ai trouvé après une très rapide recherche sur le net. Le concept a sûrement été traité dans les comics ; mes camarades spécialistes de la BD US pourront nous apporter sans doute des précisions sur le sujet.
Ceci étant, le récit démarre ici sur de bonnes bases et le côté frenchy des super-héros est assez sympathique, sans verser dans le ringard. L’auteur réussit même à nous surprendre en faisant twister l’histoire d’une opposition super-héros vs gouvernement vers un autre combat inattendu légitimant le label « super-héros » de l’album.
Les connaisseurs y trouveront donc les clins d’œils à l’univers des comics. Pouvoirs extraordinaires (voler, invisibilité, passer à travers les murs, avoir le corps qui résiste à toutes les agressions …), super vilain, gouvernement qui tente de s’approprier le filon … rien de vraiment nouveau sous le soleil, mais globalement assez bien fait.
Par contre, ces mêmes connaisseurs habitués des comics aux paginations conséquentes seront peut-être aussi frustrés du manque de profondeur des personnages. Le format franco-belge de 63 pages ne permet pas de développer a fond la veine « super-héros usés » qui est finalement peu exploitée.
Côté graphisme, Philippe Briones en connait un rayon en matière de super-héros puisqu’il est présent sur plusieurs productions de comics comme X Men, New Suicide Squad ou encore Spider Man. Il se cantonne néanmoins au format franco belge en pariant sur un découpage aéré et sobre. Le trait est d’une précision quasi chirurgicale avec une mention spéciale pour les traits des personnages particulièrement expressifs.
Ces super-retraités nous offrent un moment de lecture agréable, mais franchement, je ne sais pas s’il réussiront à convaincre les amateurs de comics.
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