Tunnels

Scénario et dessin : Michaël SANLAVILLE
Editeur : GLENAT
168 pages
Sortie le 7 janvier 2026
Genre : thriller psychologique futuriste

Michaël Sanlaville revient avec un thriller psychologique sous haute tension. Il nous plonge cette fois dans un huis clos mécanique qui vire au drame familial. Attachez votre ceinture !

Une virée en Enfer…

Les vacances ! Enfin ! Baignades, promenades et rigolades, nous voilà ! Mais avant ça, il reste à surmonter la route et ses kilomètres de bitume. À bord du break Volvo, la famille tue le temps et les parents occupent leurs trois filles comme ils le peuvent. On plaisante, on joue, les paysages défilent et se transforment. Mila et Samantha, les deux plus jeunes, s’endorment rapidement. Jolène, l’aînée, pourrait prendre le volant afin de pratiquer sa conduite accompagnée, mais elle préfère une option plus tranquille : sa console portable. Les tunnels s’enchaînent et l’équipage roule désormais le long d’un lac vert turquoise entouré de falaises abruptes. Une ambiance étrange règne sur cette route. Le GPS a perdu son signal, l’heure du déjeuner approche et, cerise sur le gâteau, Samantha se réveille avec une envie pressante. Subitement, un bolide noir les dépasse à une vitesse phénoménale dans un vacarme assourdissant. La famille est sous le choc, d’autant qu’un deuxième les surprend à nouveau et stoppe à leur hauteur. Une silhouette noire et casquée s’extrait du véhicule en hurlant des paroles insensées. Les trois sœurs sont effrayées par ce chauffard délirant semblant tout droit sorti des enfers. Ils n’en sauront pas davantage, car l’homme, distrait par la famille, se fait faucher par un 3e monstre de métal identique aux deux autres. Après quelques kilomètres parcourus prudemment, les passagers du break Volvo doivent se rendre à l’évidence : ils sont perdus et pris au piège au beau milieu d’une poursuite infernale…

Graphiquement proche du style de Bastien Vives, l’album affiche un trait clair et fin, des personnages expressifs, des aplats de couleur vives qui contrastent avec la noirceur croissante du scénario. Le dessinateur excelle à rendre la vitesse par le son et le mouvement. Il arrive à instiller une ambiance oppressante, transformant l’autoroute en véritable huis clos. Les références de ce thriller psychologique sont à chercher du côté du premier Mad Max, de Duel de Spielberg ou encore de la série From.

Michaël Sanlaville confirme avec Tunnels son statut de virtuose du récit d’action en accéléré et d’introspection émotionnelle. Il arrive à transformer une simple virée familiale de vacances en cauchemar mécanique hypnotique, où la route devient une prison et le flux horaire semble se dissoudre étrangement. Il campe d’abord un chaos mécanique, des collisions, des tôles froissées, des véhicules qui brûlent, avant d’infléchir son récit vers le drame familial introspectif. Le final laisse d’ailleurs place à un drame domestique subtil et touchant, avec une fin ouverte. Il n’y aura ni cartographie explicative ni rationalité mécanique capable de dissiper le mystère, la conclusion restera énigmatique.

Skippy

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