Scénario : Dominique Hé
Dessin : Dominique Hé
Éditeur : Glénat
120 pages
Date de sortie : 27 août 2025
Genre : Biographie
« Et la porte s’ouvre. Un monde nouveau. Un univers ignoré. »
Présentation de l’éditeur
Dominique Hé ou l’âge d’or de la bande dessinée : retour sur les débuts d’un dessinateur de talent.
Après des études poussées en mathématiques, Dominique Hé arrive à Paris. Dans un élan d’enthousiasme, il pousse les portes des Beaux-Arts puis s’essaie à la peinture, au théâtre, à la sculpture… c’est un fiasco. Ses échecs successifs en tant que « peintre déjà maudit » le mènent à prendre un petit job jusqu’au jour où une porte s’ouvre « littéralement » devant lui. Nous sommes en 1972 et dans l’effervescence de l’époque, l’Université expérimentale de Vincennes sera l’une des premières à proposer un atelier bande dessinée animé par Jean Giraud, alias Moebius. Découvertes, stupéfactions et rencontres vont rythmer ces années fastes pour les bulles, durant lesquelles le jeune Dominique se forgera un coup de crayon. En cours, ses camarades s’appellent Serge Le Tendre, Régis Loisel, François Dimberton ou André Juillard, et vont changer un jour le paysage de la BD. Grâce à son professeur, Dominique va croiser le chemin de René Goscinny, créateur de génie, mais aussi celui de Philippe Druillet, de Jodorowsky ou encore du dessinateur Jean-Claude Mézières… Planche après planche, Dominique va développer son potentiel et proposer ses travaux aux magazines Pilote, Le Figaro Dimanche et Métal hurlant. Il a encore beaucoup à apprendre, mais un talent certain. Quand son premier album voit le jour en 1977 (Voyages, préface de Philippe Koechlin, postface de Jean Giraud), Dominique sent qu’il vient de rentrer de pied ferme dans le petit cercle des dessinateurs de bande dessinée… Sa carrière est lancée.
Rendez-vous avec le destin ou heureux hasardLa porte ouverte revient sur ce moment de grâce où l’on trouve sa vocation. Dominique Hé dépeint avec nostalgie l’âge d’or de la bande dessinée dans le sillage des années 1970, une époque marquée par les grands maîtres (de Jacques Martin à Claire Bretécher sans oublier Jean-Pierre Dionnet). Un album personnel et authentique, dans lequel le dessinateur à la ligne claire de Secrets Bancaires se livre sur ses débuts dans la BD et rend un vibrant hommage à un métier de passionné. Des textes inédits de FRANK MARGERIN, Jean-Pierre DIONNET, SERGE LE TENDRE, FRANÇOIS DIMBERTON et l’authentique postface que Moebius avait écrite pour le tout premier album de Dominique seront publiés en fin d’ouvrage.

Mon avis
Bon, les deux dernières BDs de Hé que j’avais chroniquées ici ne m’avaient pas plus du tout, notamment côté dessin (Du côté de l’Enfer T1 et T2) et je ne m’étais pas privé de vous le dire assez franchement. Eh bien, c’est tout aussi franchement que je peux vous dire que, cette fois-ci, j’ai beaucoup aimé cette autobiographie dessinée partielle du même Dominique Hé. Partielle parce que ce livre ne couvre que les 6 années charnières (élément d’une porte !) de la carrière du dessinateur de Secrets Bancaires.
Alors, certes, c’est un ouvrage plutôt destiné aux amateurs de BD dotés d’une certaine culture sur l’histoire contemporaine du 9ème art, tant on y croise des figures et des évènements ou anecdotes qui ont « fait » l’histoire de la BD franco-belge de ces 50 dernières années, mais pas que. En effet, les moins informés (dont je fais sans doute partie) pourront se consoler en appréciant le côté Rastignac du petit provincial qui « monte » à la capitale pour essayer d’y vivre de son art. Ou encore, l’humour omniprésent, preuve d’un certain recul, quant aux situations vécues dans ces années rebelles post 68, notamment à la fac de Vincennes.

Les fans de Giraud/Moëbius (dont je ne suis pas encore…) seront également ravis de le retrouver en tant que personnage à part entière de cette BD qui, décidément, raconte beaucoup de choses et nous ouvre aussi, à nous, simples lecteurs, quelques portes explicatives de qui a fait quoi dans ces années-là.
Et puis le dessin de Dominique Hé s’accomode particulièrement bien de la bichromie, ce qui est un singe de grande qualité, à mon sens.

En résumé, que vous soyez incollable sur l’histoire de la BD franco-belge ou simple amateur de BD, je vous recommande vraiment cette ouvrage qui, pour ma part, m’a totalement réconcilié avec Dominique Hé.
![]() | ![]() | ![]() |
Odradek




Pour les dédicaces de Moebius, je peux témoigner de sa méthode : tracer un trait et laisser aller son imagination. Je l’ai vu faire !
J’aimeAimé par 1 personne
Dans les rares points positifs de 2025, notons donc la réconciliation entre Odradek et Hé. ;-)))
J’aimeAimé par 1 personne
Album intéressant (je suis fan de Giraud) et de l’époque des auteurs de la franco-belge mais je n’aime pas trop le dessin de Hé….
J’aimeJ’aime