Les Arêtes de poisson

Scénario : Mikaël Mignet
Dessin et couleurs : Serge Annequin
Éditeur : Paquet
132 pages
Date de sortie :  juin 2025
Genre : Enquête ; Histoire

 


Une énigme souterraine

 

Présentation de l’éditeur

Oubliés depuis des temps immémoriaux, cachés des regards, certains lieux refont surface au hasard d’une redécouverte humaine ou au détour d’une catastrophe naturelle… Il en est ainsi d’un étrange réseau souterrain sous la ville de Lyon, dont la dernière redécouverte se fit sur une période de presque quarante ans. Un temps dédaigné par la science mais popularisé par des théories alternatives parfois douteuses, ces souterrains restent pourtant largement méconnus. Ce réseau, aussi connu sous le nom des « arêtes de poisson » est une invitation unique à voyager à travers le temps et la mémoire…

Mon avis

Toutes les villes ont toutes une part de leur histoire mystérieuse et énigmatique. Une histoire qui alimente fantasmes et légendes et qui fait cogiter pas mal de monde. Chercheurs, historiens, scientifiques, savants fous, marginaux et aussi simples amateurs d’Histoire. Et quand cette Histoire nous entraîne dans les entrailles de la Terre, alors là, les limites de l’imaginaire sont insondables.

Ce titre pour le moins énigmatique, nous entraîne dans les profondeurs de Lyon à la découverte d’un vaste réseau souterrain au tracé symétrique, d’où son nom. Un labyrinthe sous la colline de la Croix Rousse, maçonné, d’apparence antique dont on ignore encore aujourd’hui tout, ou presque.

C’est en 1933, alors que la ville est en pleine restructuration, que l’on (re)découvre ce réseau à l’occasion de caves inondées et d’éboulements d’immeubles. Depuis, plus l’on découvre de galeries, plus le mystère s’épaissit et les questions abondent. A quoi servaient ces tunnels ? Pour se cacher ? Pour stocker des denrées ? Pourquoi ont-ils été creusés et par qui ? Avaient-ils une vocation civile ou militaire ? Les questions n’en finissent plus, les théories non plus, tant scientifiques que farfelues. Les galeries retombent dans l’oubli le temps de quelques décennies. Quelques cataphiles, passionnés d’Urbex et archéologues indépendants s’approprient les lieux et refont parler de ces Arêtes dans les années 80.

Fruit de plusieurs années d’enquête, ce docu BD se lit comme un polar historique. Les auteurs nous invitent au cœur du mystère nous prenant au jeu de l’investigateur amateur, en quête d’indices entre récits historiques, témoignages, archives municipales et bien sûr explorations souterraines. Alors, il faut avoir l’esprit curieux et ouvert, parce que les théories et suppositions ne manquent pas, à l’inverse des réponses franches et définitives. C’est sans doute ce qui fait encore la beauté de ces Arêtes. Chaque hypothèse est défendable et les rivalités entre amateurs, scientifiques et institutions sont mises en avant, suscitant encore plus l’intérêt et la curiosité, posant aussi la question de la gestion du patrimoine invisible.

Le dessin expressif restitue sobrement les ambiances souterraines, ces espaces sombres, au silence pesant et aux murs suintant. L’immersion est totale.

Les Arêtes de poisson ne manqueront pas d’intéresser amateurs d’Histoire, d’urbanisme, et de récits mystiques.

Loubrun

2 commentaires sur “Les Arêtes de poisson

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    1. ah ! moi ça m’a passionné et intrigué ! ça m’a rappelé les 2 ou 3 explorations dans les catacombes parisiennes que j’ai faites il y a quelques décennies.

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