Je dois l’avouer : c’était ma première fois à Made in Asia, et je ne m’attendais pas à une telle effervescence. À peine franchies les portes de Brussels Expo, j’ai eu le sentiment d’entrer dans un autre monde — un monde coloré, bruyant, débordant de passion et de bonne humeur.
Made in Asia, c’est un peu la grande messe de la pop culture asiatique. Le festival se tient deux fois par an, au printemps et à l’automne, et rassemble à chaque édition des dizaines de milliers de visiteurs venus célébrer leur amour des mangas, des animés, des jeux vidéo, de la K-pop ou de la gastronomie asiatique.
Entre émerveillement et rencontres
Dès mes premiers pas dans les allées, j’ai été frappé par la chaleur du public. Les visiteurs, souvent costumés, se croisent, se saluent, posent pour des photos. Partout, des sourires. L’ambiance est à la fois festive et bienveillante. J’ai vite compris que Made in Asia n’est pas un simple salon : c’est une communauté en mouvement.
J’ai pris le temps d’arpenter les stands et j’y ai fait de belles rencontres : éditeurs, libraires, auteurs, passionnés. Les maisons d’édition de manga — grandes et petites — étaient nombreuses : Kana, Vega, Maho, Naban, Shiba ou encore Ototo, mais aussi des éditeurs indépendants, heureux de faire découvrir leurs nouveautés.

Tous étaient accueillants et disponibles, prêts à parler de leurs coups de cœur, à partager leurs conseils ou simplement à discuter de ce qui fait la magie du manga. Au fil de la journée, j’ai découvert de nouvelles séries, discuté, échangé des impressions.
J’ai aussi pris le temps de savourer quelques spécialités asiatiques. Il y en a pour tous les goûts. A Made in Asia, les gourmands pourront réaliser un véritable voyage gustatif dans l’ambiance du festival.
Et puis, il y a les cosplayeurs. Des centaines, peut-être des milliers, incarnant leurs héros préférés avec un enthousiasme communicatif. Ils rivalisant d’imagination : guerriers de fantasy, héros de shōnen, personnages de jeux vidéo ou mascottes loufoques. Croiser un Naruto, un Tanjiro, une Zelda, ou un mini Pikachu dans les couloirs devient vite normal, et c’est ce qui fait tout le charme de Made in Asia : cette fusion entre fiction et réalité, ce sentiment d’être plongé dans un gigantesque manga vivant.




Un invité d’honneur d’exception : Yoshikazu Yasuhiko
L’édition d’octobre 2025 restera sans doute dans les mémoires pour son invité d’honneur : Yoshikazu Yasuhiko, l’un des plus grands noms de l’animation et du manga japonais. Sa présence à Bruxelles avait tout d’un petit événement historique. Les fans ne s’y étaient pas trompés. Ils étaient rassemblés en grand nombre, faisant sagement la file pour obtenir une dédicace du maître.
Peu d’auteurs incarnent à ce point le lien entre dessin animé et bande dessinée, entre culture populaire et exigence artistique. Yasuhiko, né en 1947 à Hokkaidō, débute comme animateur au studio Sunrise avant de devenir character designer et directeur de l’animation sur la série culte Mobile Suit Gundam (1979). Son trait expressif, ses visages mélancoliques, ses compositions denses et cinématographiques ont redéfini l’esthétique de l’animation japonaise.
Mais il ne s’est pas arrêté là : il a aussi signé des mangas d’une rare ambition, comme Arion, Venus Wars, Joan ou Jesus, où se mêlent mythologie, réflexion spirituelle et regard critique sur la guerre et le pouvoir.
Son œuvre majeure reste Mobile Suit Gundam: The Origin, publiée entre 2002 et 2011, que Pika Édition a publiée en français et qui est actuellement rééditée par les éditions Vega. Dans cette fresque monumentale, il revisite la série originale avec une maturité et une profondeur nouvelles. C’est un manga d’une beauté saisissante, à la fois drame humain et chronique politique, où chaque case témoigne d’un sens du détail et d’une maîtrise narrative exceptionnels.
Lors du festival, Yasuhiko a tenu une conférence émouvante, revenant sur ses débuts, ses influences et son rapport à l’histoire. Son humilité et sa passion ont impressionné le public, conquis par la sincérité de cet artiste qui, à plus de soixante-quinze ans, continue de dessiner chaque jour.

Un festival entre passion et partage
Au-delà de l’invité d’honneur, c’est toute la culture manga qui était mise à l’honneur. Les éditeurs présentaient leurs nouveautés, les artistes réalisaient des dessins en direct, et les visiteurs pouvaient participer à des ateliers ou à des jeux, comme des combats de robots.
Entre deux allées, on découvrait aussi des stands de figurines, des boutiques japonaises, des coins lecture, ou encore des zones dédiées à la K-pop et au jeux vidéo.


Mais ce qui rend Made in Asia unique, c’est cette atmosphère de fête : un mélange d’admiration, de curiosité et de complicité. On y parle de tout — du dernier One Piece à Akira, du Gundam originel aux webtoons coréens — dans un même élan de passion.
Pour moi, cette première édition a été une révélation : celle d’un lieu où le manga n’est pas seulement un produit culturel, mais un véritable langage commun, un espace de rencontre entre générations, styles et sensibilités.
Made in Asia, un rendez-vous à ne pas manquer



Deux fois par an, Made in Asia Bruxelles s’impose comme le grand rendez-vous européen de la BD et de la culture asiatique.
C’est un festival qui unit les fans, les curieux, les artistes et les éditeurs dans une même passion pour l’imaginaire venu du Japon, de la Corée ou de la Chine.
Et si, comme moi, vous n’y avez encore jamais mis les pieds, allez-y sans hésiter : vous en ressortirez forcément conquis — le sac un peu plus lourd, le portefeuille un peu plus léger, mais le cœur plein d’enthousiasme et d’envie de lire.
DenSi

Merci Denis pour cette belle immersion.
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Merci.
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Beau reportage, bravo. Bon j’avoue que ce n’est pas ma tasse de thé mais rien que pour l’ambiance….
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Merci. Je ne suis pas un spécialiste des mangas, mais je dois avouer que plus je découvre cet univers, plus je l’apprécie. Et ces BD sont nettement moins chères que nos BD franco-belges…
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Je dois être trop vieux pour les mangas… je reste sur la franco-belge et les comics.
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