La chanson de Renart II

La magie sans miracle

Auteur : Joann Sfar
Éditeur : Gallimard
56 pages
Date de sortie : 5 mai 2021
Genre : fantastique, fable, aventure, religion.

« ‘Ailleurs, je veux dire loin de la forêt de Paimpont, l’Enchanteur, les bêtes loquaces et le petit peuple deviennent une légende.’ Le trouvère le déclame. La foule y croit un peu […] Ils se disent qu’on fera boire de l’eau magique à une nouvelle génération d’élèves et qu’on verra bien.
– Sans ça, il n’y aura plus de magiciens dans le monde.
– Je ne sais pas si c’est important. »

Présentation de l’éditeur :

Dans un Moyen Âge mâtiné de fantasy, Renart, voyou malicieux et célèbre menteur, poursuit ses aventures. Alors qu’il ne croit en rien, c’est à lui de sauver le monde ! Accompagné par Takka, jeune magicien raté, il doit trouver le moyen de réveiller Merlin, pétrifié, avant que la magie ne disparaisse ! Mais en terre de Provence, il n’est pas facile de trouver un magicien digne de ce nom… Les dons d’un kabbaliste – qui se fait gifler tous les ans par un Chrétien pour acheter la paix – suffiront-ils à libérer Merlin ?

La chanson de Renart_T02_La magie sans miracle_Joann Sfar_Gallimard_extrait

Mon avis :

Que ce soit l’un ou l’autre, on ne présente plus maître Renart ni Joann Sfar. Le premier, héros de contes et légendes à son nom depuis l’époque médiévale, continue à alimenter l’imagination des auteurs, comme dernièrement « Vagabondage en contrées légendaires » de Benoît Du Peloux. Le second est sans conteste connu, entre autres, pour « Petit vampire » ou encore « Le chat du Rabbin » ; un style graphique particulier, qui n’appartient qu’à lui et une approche sociétale sans égale.

Avec Renart, Joann Sfar s’allie un partenaire de choix pour approfondir la thématique religieuse qui a souvent sa prédilection. Dans le cas de « La chanson de Renart », non seulement le paganisme est revisité, par le biais de la pétrification du célèbre Merlin, dernier gardien de la magie sur Terre, mais aussi le Christianisme face au Judaïsme.

En cherchant un moyen de ramener le grand mage à la vie, Renart en compagnie de Takka, un jeune apprenti sorcier, va devoir croiser avec les croyances en vigueur à cette époque. Le paganisme, loin d’avoir été éradiqué par le Christianisme, continue ses activités dans les forêts, comme un bal secret des elfes au clair de lune. Cette simple évocation démontre le déclin de ces coutumes au profit de religions plus envahissantes.

La chanson de Renart_T02_La magie sans miracle_Joann Sfar_Gallimard_extrait2

Trois petits tours et puis s’en vont, comme dirait la comptine. Place à une dualité plus marquée, qu’on peut encore percevoir de nos jours. Le Christianisme et le Judaïsme. L’une impériale avec, à une époque, pas moins de deux papes, l’autre victimisée, blâmée, torturée, … accusée d’être responsable de la mort du Christ. C’est pourquoi, chaque année à la même époque, un représentant juif doit subir les affronts des autorités chrétiennes : dans ce cas-ci, une gifle symbolique.

« Les juifs sont bannis, brûlés, affublés de la rouelle, réduits en miettes dans tout le nord du pays ! Et ici, on se contenterait d’une pichenette ? Le pape les protège ! »

Une thématique forte sous les traits d’un conte, comme c’était déjà le cas dans « Le roman de Renart », une perception de la société comme dans les fables et revus dans le style, qu’on aime ou qu’on n’aime pas, de Joann Sfar. Dans tous les cas : le message passe et reste dans les mémoires… même si cela tourne une réalité d’antan en légende.

ShayHlyn.

4 commentaires sur “La chanson de Renart II

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  1. N’ayant aucune culture littéraire (pas fais d’études), ce thème m’est complètement étranger et donc aucune compétence pour donner mon avis. Le seul que je puisse donner est d’être réfractaire au style de Sfar dont je n’ai jamais lu la moindre BD, rebuté à la fois par les dessins (moche) et les bulles très (trop ?) bavardes et quasi illisibles !
    Bref, je suis d’accord avec ta note graphique !😅

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  2. Je sais bien que je suis le seul ici à aimé son dessin, mais le dessin de Sfar n’est pas moche, il est spécial. J’entends bien qu’on puisse être un peu rebuté par ce trait tremblotant, mais je trouve qu’il y a beaucoup d’expressivité dans son trait et qu’il donne vraiment vie à ses personnages. Tiens, puisqu’il parle de religion, je trouve que son dessin à une âme.
    Pour les bulles, c’est vrai que c’est parfois un peu ardu à lire. la typo est rude ! Pour le côté bavard… ben c’est normal, Sfar c’est limite de la philo !
    En tout cas, j’ai pas tout lu de lui, mais ce que j’en ai lu, j’adore.

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  3. J’ai une amie également fan. Moi, sachant que beaucoup de personnes aiment, je me suis demandée quelle note mettre. Puis me suis dit « zut hein, c’est ma chronique » 😅 mais j’aime les thèmes qu’il aborde

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  4. Je vous rappelle, pour ma défense, que je n’ai pas fait d’études (bien que j’ai toujours été 1er en classe !), essuyé les plâtres d’un collège technique pour un CAP et entré en usine à 17 ans (jusqu’à ma retraite à 60) parce que mes parents étaient commerçants et donc pas droit aux bourses !
    J’aurais probablement adoré faire le la philo… mais je n’en ai pas eu l’occasion.☹️

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