Joe la pirate

Scénario : Hubert
Dessin : Virginie Augustin
Éditeur : Glénat
224 pages
Date de sortie : 5 mai 2021
Genre : roman graphique, biographie, LGBTQ+

C’est l’histoire d’une petite fille née en 1900 à Londres, qui « se sentait déjà queer dans la matrice » …

Présentation de l’éditeur :

La vie est trop courte pour s’ennuyer.

C’est l’histoire d’une petite fille née en 1900 à Londres, qui « se sentait déjà queer dans la matrice ». En grandissant, elle a fait le tour du monde, elle a lancé sa compagnie de taxis féminins, elle a fait la guerre, elle a battu des records de vitesse dans des courses de bateau, elle a régné en monarque éclairé sur une île des Bahamas, elle a eu pour meilleur ami et confident une poupée… Vivant plusieurs vies, elle a porté plusieurs noms. À sa naissance, on l’appelait Marion. Puis à 5 ans, après une chute de chameau, elle a choisi le pseudonyme de Tuffy. Enfin, c’est très vite dans le prénom Joe qu’elle s’est vraiment reconnue. Et c’est en homme qu’elle a forgé sa réputation et créé sa légende… Cette femme – ne vous y méprenez pas – a vraiment existé. Amoureuse de la compétition, de la vitesse et des conquêtes féminines, Joe Carstairs a vécu une existence fidèle à son personnage : explosive, impulsive et excentrique. Suivez la destinée d’une femme richissime au charme incandescent, pleine d’une confiance inébranlable et pour qui la vie ne fut qu’un long feu de joie.  Dernier livre écrit par Hubert aux éditions Glénat, premier et unique biopic de son œuvre, Joe la Pirate est un roman graphique enlevé, virevoltant, cinglant et sans tabou comme un film de Billy Wilder. Inspirée par la ligne claire d’Yves Chaland, Virginie Augustin réinvente une nouvelle fois son style, sans rien sacrifier de l’efficacité redoutable de sa narration ni de sa science de la mise en scène.

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Mon avis :

Wouah, mais quelle femme ! Quelle vie ! Quelle œuvre ! D’emblée, Marion Barbara Carstairs surprend le lecteur… mais pas que. Même sa famille reste abasourdie par cette gamine qui, du haut de ses 8 ans, fume le cigare sans tousser et encaisse les brimades et les gifles sans pleurer.

« Mais pleure ! Pleure donc ! Les filles, ça pleure ! Bon dieu, qu’est-ce qu’il faut que je fasse pour te faire pleurer ?!!! »

Ces mots durs ne sont qu’un exemple de la méchanceté de sa mère à son égard ; cette femme riche dont le cœur chavirait entre l’alcool, les drogues et ses amants. Marion Barbara, surnommé Tuffy dès ses 5 ans, était un fardeau pour cette mère sans amour pour elle. Mais qu’à cela ne tienne, Tuffy se fera toute seule, d’autant plus quand, en désespoir de cause, elle sera envoyée dans un pensionnat pour filles en Amérique. Mais ce que Madame Carstairs pensait être une punition sera en fait la plus belle récompense pour sa fille. Aimant les femmes, Tuffy s’épanouira avec ses camarades, tant dans les études, notamment le sport, que dans les amours.

Des romances sans nombre, des conquêtes parfois célèbres comme Marlène Dietrich alors star du cinéma et mariée. Rien n’arrête celle qui finira par adopter le prénom de Joe ! Elle sait ce qu’elle veut et Joe l’obtient toujours… si ce n’est le trophée Harmsworth qu’elle tentera 3 fois de suite avec ses bateaux à moteur nommés Estelle en hommage à sa maman… qui en fait s’appelait Evelyne (c’est dire l’amour qu’elles se portaient…).

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À la voir ainsi aux commandes de ses bolides, que ce soit des bateaux ou des voitures de courses, elle ressemble presque à James Dean – à moins que ce soit lui qui lui ressemble, étant né après cette icone de la vie homosexuelle des années folles ?! Quoi qu’il en soit, Joe la pirate est unique ! Sa vie est une véritable aventure que bien des héros s’arracheraient. Rien ne l’effraie, bien au contraire. Plus il y a du danger, de l’adrénaline, plus elle en veut ! Pas étonnant qu’elle ait fait la guerre de 14-18… si ça n’avait tenu qu’à elle, Joe aurait même fait la seconde pour botter le train aux nazis que des rumeurs dénonçaient comme amis de l’extravagante Joe la Pirate, à tort

« Je soutiendrais les boches, tout ça parce que je suis amie avec Axel Wenner-Gren*. Oui, c’est vrai que lui n’est pas très clair sur le sujet. Il parait même que je ravitaille les sous-marins allemands et que je fais flotter le drapeau nazi sur Whale Cay ! »

En résumé, vous aurez compris que cette biographie m’a scotchée sur place. Le scénario de Hubert (dernier travail de l’auteur, décédé en 2020), à qui ont doit notamment le superbe « Peau d’homme », tient le lecteur par l’adrénaline et le dessin de Virginie Augustin dans le pur style ligne claire, tout en étant suffisamment réaliste pour reconnaître les personnalités rencontrées au fil des pages, s’avère totalement adapté à la vie trépidante de cette héroïne.

Il devrait définitivement y avoir plus de femmes comme ça, qu’elles soient homosexuelles ou hétérosexuelles !
ShayHlyn.

Joe la pirate

*Homme d’affaires suédois qui aurait caché l’or des nazis en Amérique du sud

Un commentaire sur “Joe la pirate

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  1. Jolie chronique Jeanne, à la hauteur du charisme de son héroïne malgré son physique de « garçon manqué ».
    Je ne connaissais pas ce personnage queer mais son histoire semble passionnante et les talentueux auteurs me donnent envie d’en savoir plus d’autant que j’adore le graphisme de Virginie dont la forte personnalité est proche de Joe.😉

    J'aime

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