Zèbre

Auteur : David B.
Éditeur : TarTaMuDo
88 pages
Date de sortie : décembre 2003
Genre : aventure, onirisme.

« Seigneur ! S’il y a un enfer pour les cons, il faut lui réserver un chaudron ! »

Présentation de l’éditeur :

En ce temps-là, c’était en 1977, je « montais » à Paris avec une pile de livres et le linge que ma mère m’avait acheté. Parmi ces livres j’emmenais les contes de mon enfance, ceux de la collection Fernand Nathan avec des illustrations de Henri Dimpre. Je découvrais Paris, que je sillonnais dans tous les sens, à l’affût des architectures singulières et des scènes de rue. Je me souviens de la folle qui cherchait la rue du Rocher. Je me souviens du monstre croisé dans la rue Monsieur le Prince. Je me souviens d’un dîner un soir d’été à la terrasse d’un couscous du boulevard de Belleville avec Francis, où chaque quart d’heure la rue nous offrait un fait-divers. Il nous semblait que les ivrognes, les drogués et les voyous du boulevard s’étaient entendus pour nous offrir un spectacle. C’est de là que Zèbre est né.

Dans cette bande-dessinée bizarre et merveilleuse à la fois, on retrouve déjà tous les thèmes oniriques chers à David B. Elle a été pré-publiée dans la prestigieuse revue (à suivre) entre 1985 et 1989 et à l’occasion de cet album, elle s’enrichit de deux épisodes inédits. Le personnage Zèbre traverse un Paris intemporel où l’étrange se confond avec les bas-fonds.

Tartamudo_Zebre_david B_extrait1

Mon avis :

Dès la couverture, Zèbre envoute. Son regard doux et énigmatique, sa peau marbrée efface la couleur et les mines parfois effrayantes des autres protagonistes. Une couleur qui disparaîtra d’ailleurs au fil des pages. Elles sont jaunies, comme tout droit sorties des tiroirs poussiéreux de l’ancien éditeur de David B.

Jean-Paul Mougin, apprend-on dans la préface, avait accepté de publier les aventures de Zèbre pour petit à petit continuer à acheter les planches sans les faire paraître dans sa revue. Peur de froisser l’auteur peut-être ? Trop timide pour dire « stop ». Mais qu’à cela ne tienne, voici un recueil des aventures de Zèbre avec deux inédits en bonus !

Zèbre, c’est un magouilleur, jouant de sa couleur de peau particulière pour interpréter les marabouts dans les bas quartiers de Paris. Apparemment, de ce qu’il dit à une cliente, il a été brûlé et les seules greffes disponibles à l’époque étaient blanches. Mais à toute chose, malheur est bon ! Cette nouvelle particularité le rend énigmatique, attirant, … et de fil en aiguille, il finira même par être secrétaire à « l’Ambassade de l’Enfer » où chaque crime est récompensé. Une autre forme d’arnaques, comme lorsqu’il usait d’illusionnisme quand il travaillait dans un cirque.

Une facilité de parler qui lui vaut de galvauder dans le tout Paris en quête d’un nouveau stratagème pour s’enrichir. Un anti-héros qui s’avère néanmoins attachant et pas mauvais, dans le fond. On y retrouve la cour des miracles, mais revisitée, moderne bien que toujours remplie de brigands feignant d’être invalides, avec un roi encore plus machiavélique que les autres, …

Tartamudo_Zebre_david B_extrait

Mais ce qui marque le plus le lecteur : c’est indéniablement le dessin ! Pas une planche, pas une case n’est laissée au hasard ; elles sont chargées et pourtant, on en redemande car tout n’est qu’un souci de détail. Les décors, les personnages, … c’est la magie et l’onirisme de David B. qui envoûte. Même si les personnages ont de sales trognes, pas un pour rattraper l’autre, c’est vendeur.

L’auteur jongle avec un brio sans nom avec le blanc et le noir, les tentures dans certaines pièces de l’ambassade par exemple, ne sont pas simplement monochromes : elles sont décorées de scènes chimériques qui prennent vie quand on les ouvre ou qu’on les referme ; les façades des habitations visitées sont gravées, sculptées et peintes de sorte qu’elles racontent elles-aussi une histoire sans jamais lasser qui que ce soit. Au contraire, on serait presque tenté de reprendre au début, délaisser le scénario pourtant intéressant et riche à la fois, pour chercher des détails qui nous auraient échappés dans une première lecture.

Et alors on se perd dans l’univers si particulier de David B. Incontestablement. Inévitablement. Même si certains peuvent ne pas adhérer à ce style, il attire le regard d’une façon ou d’une autre. Alors forcément, quand on aime, on ne peut qu’en redemander.

ShayHlyn.

8 commentaires sur “Zèbre

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  1. On voit les connaisseurs 😉 ce n’est pas ce que je lirai tous les jours, mais j’ai été agréablement surprise (en feuilletant j’avais plutôt peur au début 😅)

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      1. Oui, suite à ma mini video sur fb dans laquelle c’est mon furet qui goûte l’huile pour chat en cadeau dans le service presse de « la gameuse et son chat ». Moi je suis la chroniqueuse et son furet 😂 (et il baille davantage qu’il ne mord 😁)

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      2. Vu ta vidéo… il a l’air d’aimer ça comme la mienne dévorait ses croquettes quand on y versait des ampoules du véto.😉

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  2. Rien à dire sur le travail de David B mais je m’interroge sur la maison d’edition : TarTaMuDo ????

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