V pour Vendetta

Scénario : Alan Moore
Dessin : David Lloyd
Éditeur : Urban Comics
364 pages
Date de sortie :  mai 2020
Genre : Anticipation


« Le bonheur est une prison, Evey. Le bonheur est la prison la plus insidieuse qui soit.

Est-ce que le bonheur est plus important que la liberté ? »

Présentation de l’éditeur

1997, une Angleterre qui aurait pu exister. Dirigé par un gouvernement fasciste, le pays a sombré dans la paranoïa et la surveillance à outrance. Les « ennemis politiques » sont invariablement envoyés dans des camps et la terreur règne en maître. Mais un homme a décidé de se dresser contre l’oppression. Dissimulé derrière un masque au sourire énigmatique, il répond au nom de V : V pour Vérité, V pour Valeurs… V pour Vendetta !

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Mon avis

Écrit dans les années 80 par Alan Moore et David Lloyd, V pour vendetta est devenu au fil du temps un grand classique des comics books, et un quasi indispensable. Je dis « quasi » parce que l’écriture d’Alan Moore n’est quand même pas des plus simples à suivre. Ses scenarii sont souvent complexes, riches, multi-intrigues, abordent des thématiques multiples et sont souvent ardus.

Cette nouvelle intégrale proposée par Urban Comics sous le label DC Black Label est pour moi une bonne occasion de découvrir enfin ce qui se cache derrière ce récit d’anticipation que je connaissais sans vraiment le connaitre !

Alan Moore a donc imaginé dans les années 80 que la Grande Bretagne tomberai dans les années 90, après avoir essuyé une troisième guerre mondiale, sous le joug d’un régime totalitaire. Restrictions drastiques des libertés, surveillance et contrôles par tous les moyens possibles de tous les sujets du royaume, internement de tous ceux qui ne sont pas « dans les clous » : minorités ethniques, opposants politiques, homosexuels et autres « déviants ».

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V est un rescapé d’un camp d’internement et se bat contre l’oppression et cet ordre fasciste en menant des actions terroristes ciblées sur des huiles et des symboles du pouvoir. Ses méthodes radicales et violentes entrent en résonance avec la violence du régime et sont presque acceptables puisque les cibles sont des salopards. Mais ce qui parait être au départ une vengeance, s’avère être en fait bien plus. V veut tout renverser et libérer le peuple de sa docilité et de son asservissement au pouvoir. Vaste programme et grande mission qu’il met en œuvre là aussi de façon radicale, comme en témoigne son action auprès de Evey, une jeune fille perdue qu’il prend sous son aile.

Fable d’anticipation politique aux accents philosophiques et psychologiques, V pour vendetta est toujours d’actualité 40 ans après son écriture tant certains thèmes abordés sont parlants. Qui plus est, le masque de Guy Fawques, dont se pare V, est sorti du cadre de la BD en incarnant dans le monde entier le symbole de la protestation et de la résistance à l’oppression D’État sous toutes ses formes.

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V pour Vendetta est donc intéressant à lire dans le cadre de cette mise en perspective, mais il faut parfois s’accrocher pour suivre l’esprit tortueux (torturé ?) d’ Alan Moore. Il n’est pas toujours facile de comprendre où il nous emmène et où il veut aller.

De plus, le dessin de David Lloyd n’est pas très accrocheur au premier regard. Il a un aspect très vieillot et dépassé, avec une colorisation d’un autre temps qui pourrait en rebuter plus d’un. Il faut néanmoins persister parce que ce dessin, à défaut d’être facile à lire est finalement intéressant à décortiquer. Tout se joue sur les contrastes de noirs permettant parfois l’économie du trait et certaines cases sont assez bluffantes.

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Concernant l’édition, vous y trouverez les couvertures des 10 volumes originaux parus chez DC, et 29 pages de bonus avec la postface de Alan Moore rédigée en 1983 ainsi que des dessins et croquis de David Lloyd.

Loubrun

 

 

 

 

3 commentaires sur “V pour Vendetta

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  1. J’avais lu pour « voir » cet album à sa sortie et je pense qu’il a contribué à mon désintérêt pour les comics car j’avais eu du mal avec l’histoire (comme d’autres d’Alan Moore : Watchmen, From Hell, La ligue… ou Top10…) et un peu rebuté par le graphisme et les couleurs qui piquent ou cette version « colorisée » fadasse de V.
    Bref, vous aurez compris pourquoi je ne suis pas fan de comics.🙄

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    1. l’histoire ici est plus abordable que Watchmen pour qui n’est pas féru de l’univers des super héros. Je ne suis jamais allé au bout de Watchmen…
      ça fait longtemps que je lorgne sur cette BD et je n’ai jamais franchi le pas à cause du graphisme et des couleurs. mais une fois qu’on accroche à l’histoire, le graphisme est plsu facile à digérer et on y trouve même ds planches intéressantes. la dernière que j’ai mise dans la chronique, je la trouve terrible avec ces jeux sur le noir.
      Sinon, je trouve intéressant de mettre en perspective cette histoire écrite il y a 40 ans avec ce qui se passe dans le monde aujourd’hui

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    2. Sauf erreur de ma part, V n’existe pas en édition N&B, c’est je crois la seule colo qui existe, elle est dans son jus on va dire =)
      Après ce n’est clairement pas le plus facile d’accès des Moore, que ce soit pour ses dessins ou sur sa trame narrative décousue. Après ses thématiques restent encore fort d’actualité.

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