Un putain de salopard – tome 1 – Isabel

Scénario : Régis Loisel
Dessin : Olivier Pont
Éditeur : Rue de Sèvres
88 pages
Date de sortie :  24 avril 2019
Genre : aventure


« Vous voyez, c’est bête, mais je me suis dit que peut-être, en venant ici, je trouverais quelqu’un qui nous a connus… Qui pourrait me raconter … »

Présentation de l’éditeur

Au cœur de la jungle menaçante, des destins se mêlent… souvent pour le pire. Max, qui vient d’enterrer sa mère, se retrouve avec pour héritage deux photos d’elle et lui enfant quand ils vivaient au Brésil. Sur chacune d’elles, un homme différent. L’un d’eux serait-il son père ? Il plonge sur les traces de son passé, vers un camp forestier en Amazonie. Mais ses rêves d’aventure et d’exotisme buteront vite sur la réalité de cette jungle des années 70.  Il découvre un territoire gangréné par la violence, les réseaux de prostitutions, et la loi du plus fort. Il s’appuiera sur un joyeux trio déluré dont deux infirmières françaises, et surtout sur une jeune brésilienne muette, Baïa, indispensable guide. Dans la moiteur tropicale de cet environnement hostile, chacun poursuit ses buts et tente de survivre.

un putain de salopard_pl

Mon avis

Avec un titre de série aussi accrocheur et audacieux, il fallait que le contenu soit à la hauteur ! Ce titre et l’illustration de couverture – très belle – ayant fait le job, on se saisit inexorablement du bouquin et l’on voit alors au dessus du titre, deux noms. Loisel et Pont qui vous font dire : là il doit y avoir du lourd ! Régis Loisel, on ne compte plus ses success séries : La Quête de l’oiseau du temps, Peter Pan, Magasin général, Le Grand Mort. Pour Olivier Pont, on retiendra son chef d’œuvre Où le regard ne porte pas et son dernier titre sorti l’an dernier Bouts de ficelles. Bref, deux auteurs que l’on suit de près.

Régis Loisel nous emmène au Brésil dans un voyage initiatique et dans une quête d’identité ou l’aventure et l’amour seront les maitres mots. Il installe de façon magistrale et en un tournemain, un univers et une ambiance dans lesquels on s’immerge immédiatement. L’histoire démarre tranquillement avec la mise en place des personnages auxquels on s’attache très vite tellement ils font vrais et tellement les dialogues sonnent juste. Puis le rythme s’accélère. Rapidement, nous sommes mis au parfum des histoires et des objectifs de chacun et Loisel les balance dans une aventure qui va vite les dépasser. Ces personnages frais et sympathiques, pleins d’espoirs et d’ondes positives, se retrouvent en milieu hostile comme des chiens dans un jeu de quilles, confrontés à la violence des camps forestiers et à la brutalité et la bêtise crasse d’une certaine fange de l’espèce humaine. La quête de Max ne sera pas une sinécure …

Le travail d’Olivier Pont sur le dessin est remarquable. Usant d’un trait semi-réaliste élégant, il a créé des personnages qui font vrais, évoluant dans un environnement luxuriant où les détails ne manquent pas. On arrive à se familiariser assez vite avec ces éléments de décors de ce coin perdu d’Amazonie renforçant davantage le côté immersif de cette histoire.

Très belle entrée en matière pour cette nouvelle série où, comme dans Magasin Général, Loisel met tout son talent de conteur pour opposer joyeusement et à merveille des personnages incarnant l’espoir et l’optimisme à la bêtise humaine incarnée ici par une bande de brutes sanguinaires.

Quant à ce titre énigmatique, il vous faudra lire l’album, et même les suivants, pour savoir qui est ce putain de salopard …

Loubrun

 

 

 

 

 

Un commentaire sur “Un putain de salopard – tome 1 – Isabel

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  1. Il me tardait de lire la chronique pour voir si elle correspondait à mon com du forum « je viens de lire ».
    Je dois avouer que je la partage totalement sur le plaisir que m’a procuré la lecture de cette superbe série où j’ai retrouvé l’ambiance si propre à Loisel, et pour cause… Cette ambiance est due au talent de son coloriste fétiche François Lapierre 😍
    Bref… en plus des personnages attachants et expressifs, les couleurs sont sublimes ! (mêmes notes).
    Quant au titre énigmatique, j’aimerais aussi savoir qui est cette Isabel !
    Sympa l’interview.

    Petit anachronisme relevé sur une critique sur le net : Page 12…
    Max à la guitare à qui on demande :
    -« Hôtel California » tu connais ?
    répond :
    -« pas très bien encore, non… »
    Et pour cause, nous sommes en 1972 et le succès sortira en 76 😜

    J'aime

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