Le fils de l’Ursari

Scénario : Xavier-Laurent Petit
Dessin : Cyrille Pomès
Éditeur : Rue de sèvres
128 pages
Date de sortie :  avril 2019
Genre : aventure, jeunesse, société


« On t’a pourtant prévenu hier, les gens comme vous autres on n’en veut pas par ici ! Alors tu fais tes bagages, et du balai !! »

Présentation de l’éditeur

Quand on est le fils d’un montreur d’ours, d’un Ursari comme on dit chez les Roms, on sait qu’on ne reste jamais bien longtemps au même endroit. Harcelés par la police, chassés par des habitants, Ciprian et sa famille ont fini par relâcher leur ours et sont partis vers une nouvelle vie à Paris où, paraît-il, il y a du travail et plein d’argent à gagner. Cependant leurs rêves se fracassent sur une réalité violente. À peine installés dans le bidonville, chacun se découvre un nouveau métier. Daddu, le montreur d’ours, devient ferrailleur, M’man et Vera sont mendiantes professionnelles, Dimetriu, le grand frère, est « emprunteur » de portefeuilles et Ciprian son apprenti. Un soir, Ciprian ne ramène rien de sa « journée de travail ». C’est qu’il a découvert le paradis, le jardin du « Lusquenbour » où il observe en cachette des joueurs de lézecheck. Le garçon ne connaît rien aux échecs mais s’aperçoit vite qu’il est capable de rejouer chaque partie dans sa tête. C’est le début d’une nouvelle vie pour le fils de l’Ursari.

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Mon avis

Xavier Laurent-Petit transpose son roman jeunesse en bande dessinée, bien assisté par le talent graphique de Cyrille Pomès pour le dessin et Isabelle Merlet pour les couleurs. Dans cette histoire, nous suivons le destin d’une famille de Roms, où l’on est montreur d’ours de père en fils – Ursari comme on dit là-bas. Saltimbanques tentant de vivre chichement en respectant leurs traditions, ils sont amenés à commettre quelques larcins pour pouvoir manger, ce qui les classe dans le camps des laisser pour compte et des parasites. Ils sont rejetés partout où ils passent y compris et d’abord dans leur propre pays. Ils deviennent alors une proie facile pour les trafiquants, les mafieux qui exploitent la misère en leur promettant des lendemains meilleurs dans l’eldorado des pays de l’Europe de l’ouest, où l’argent coule à flot soi-disant. Arrivée à Paris, la famille Zidar est endettée jusqu’au cou et va devoir rembourser les « gentils » passeurs en un mois seulement. C’est mission impossible bien sûr, même en mettant toute la famille à mendier ou voler et, passé le délai, les intérêts vont coûter cher. Alors que tout semble tragiquement écrit pour la famille Zidar, une lueur d’espoir s’offre au jeune Ciprian qui découvre les joueurs d’échecs du jardin du Luxembourg. Il va vite apprendre à jouer à « lézecheck » et l’on découvrira que Ciprian est un petit génie.

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Voilà une magnifique fable urbaine et sociale qui se lit d’une traite, avec passion et émotion. Les auteurs prennent le temps d’installer les personnages et les situations qui s’enchainent avec fluidité et rythme. On suit le parcours de cette famille comme une vraie aventure. Une aventure aux accents dramatiques, mais sans pathos ni larmoiements. Le drame de la famille Zidar, qui s’ancre dans une triste réalité, est allégé par la découverte que fait le jeune Ciprian. Une pointe de lueur surgit alors dans cet univers assez glauque, qui permet aux auteurs de montrer que les destins de chacun ne sont pas forcément tout tracés ou gravés dans le marbre et qu’aucune vie n’est jouée d’avance.

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En plus de décrire simplement et sans misérabilisme les conditions terribles des migrations de ces populations Roms (exploitation par les mafias, abris de fortune, destruction de camps, expulsion, mendicité forcée, violence quotidienne, crimes), ce livre aborde des sujets de société plus larges comme la xénophobie, l’illettrisme, le déracinement, le poids de la tradition, mais aussi et surtout l’espoir.

Un livre tout public, plein d’humanité, aux vertus instructives et éducatives évidentes qui, dans un style semi-réaliste un peu cartoonesque, rend les personnages très attachants et montre l’envers du décor de cette misère urbaine que côtoient tous les jours des millions de gens, sans plus la voir.

Un beau petit coup de cœur.

Loubrun

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