Peau de mille bêtes

Scénario : Stéphane Fert
Dessin : Stéphane Fert
Éditeur : Delcourt
120 pages
Date de sortie :  27 mars 2019
Genre : conte


« plus on rentre dans le moule, plus on ressemble à une tarte »

Présentation de l’éditeur

un récit acide et fascinant sur la construction d’une identité féminine complexe s’inspirant du conte à l’origine de Peau d’âne

Belle est vraiment très belle et tous les garçons du village la désirent. Rebutée par la perspective d’un mariage qu’elle n’aurait pas choisi, elle s’enfuit pour se réfugier au plus profond de la forêt. Là, le roi Lucane va la recueillir… puis l’aimer à la folie. Une petite fille va naître de cette union, Ronce, dont la destinée va être profondément bouleversée par la disparition de sa mère…

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Mon avis

Après avoir revisité la légende arthurienne dans Morgane avec Simon Kansara, Stéphane Fert s’attèle seul à une relecture d’un conte peu connu des frères Grimm, Peau de mille bêtes, qui se rapproche d’un classique plus connu lui, Peau d’âne.

C’est un peu le propre des contes que d’être réécrit, réinterprétés et réinventés selon chaque époque pour coller aux plus près des problématiques de la société. Ici, l’auteur revisite ce conte sous le prisme du féminisme en soulevant des questions malheureusement encore très actuelles sur le machisme, la violence faite aux femmes, l’inceste, le libre arbitre. Ces sujets graves sont toutefois traités avec légèreté car ce récit est empreint de beaucoup de poésie, d’onirisme et d’humour. On circule dans une forêt fantastique où le bestiaire est bien fourni et la magie, ou la sorcellerie, omniprésente. Tout ceci donne un récit dans lequel il fait bon se perdre.

Malheureusement, on s’y perd un peu trop vite dans cette forêt et j’ai très vite décroché de cette histoire à la narration trop décousue et manquant de limpidité. Ne restait plus qu’à mes yeux le dessin, magnifique, flirtant entre illustration et peinture. Aussi à l’aise dans les plans serrés que larges, Stéphane Fert crée des ambiances particulières, parfois froides et inquiétantes, parfois chaudes et rassurantes. Son style très texturé et coloré n’est pas sans évoquer quelques grands peintres comme Gauguin, Cézanne ou Klimt. Saluons le talent de Stéphane Fert, qui réalise la majorité de ses planches à la tablette graphique. Le résultat est bluffant !

Au final, nous avons une belle histoire, très esthétique, mais qui part un peu tous azimut, oscillant entre humour, hommage, onirisme, poésie et qui manque cruellement de clarté dans la narration pour réussir à captiver le lecteur de bout en bout.

Loubrun

 

 

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3 commentaires sur “Peau de mille bêtes

Ajouter un commentaire

  1. Ayé, je l’ai lue… et j’aurais tendance à rejoindre Bruno sur mon avis.
    Déjà je ne suis pas trop client de ce genre poétique et onirique et j’ai eu du mal à m’intéresser à ce conte car, comme le dit Bruno, j’ai trouvé le scénar confus et décousu et j’ai failli m’arrêter au milieu… heureusement, mon intérêt a été un peu relancé au chapitre IV.
    Côté illustration, je suis aussi mitigé car si les couleurs sont très belles, le graphisme est quelques fois approximatif, même si c’est certainement voulu.
    Bref, je n’ai pas été séduit par cette princesse ! 😏

    Aimé par 1 personne

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