The wicked + the divine Tome 1. Faust départ

Dessin : Jamie McKelvie
Scénario : Kieron Gillen

Editeur : Glénat
Planches : 133
Genre : étude sociologique-fantastique

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Et si les dieux du rock étaient réels ? Et si la petite phrase de John Lennon « les Beatles sont plus célèbres que Jésus » était prémonitoire ? Ils sont les nouveaux dieux, les archanges du monde moderne, le monde entier est à leurs pieds : les stars de la musique sont notre nouveau panthéon.

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C’est le point départ de « the wicked + the divine ». Le scénariste Kieron Gillen décrit lui-même son pitch « Tous les 90 ans ou presque, douze dieux se réincarnent dans le corps de jeunes adultes. Ils sont charismatiques et brillants. Ils se tiennent devant des foules immenses, qu’ils emmènent dans l’extase au travers de langues inconnues. La rumeur veut qu’ils soient capables de miracles. Ils sauvent des vies, que ce soit métaphorique ou bien concret. Ils sont aimés. Ils sont détestés. Ils sont brillants. Dans moins de deux ans, ils seront tous morts. » Cette édition rassemble The wicked + The Divine (2014) #1-5 avec une galerie de couvertures (12 pages) et un carnet graphique (9 pages) en fin de recueil.

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Kieron Gillen fait une analyse sociologique de notre monde. A travers ses personnages, il nous interroge sur notre relation avec nos idoles. Nous prêtons à ces stars une telle attention, qu’il n’est pas étonnant de leur donner des pouvoirs divins. Ils déplacent des foules immenses, leurs paroles ne sont pas forcément compris de tous mais qu’importe nous les portons aux nues. Il suffit d’allumer la télévision et constater la vague d’émotions incontrôlées, irrationnelles des médias et de « gens » face à la mort d’une star (réelle ou autoproclamée). Notre rapport à la célébrité est-il à ce point galvaudé ? Pour être encore plus proche de la réalité ou brouiller les pistes, le scénariste emprunte des visages familiers contemporains. Ainsi Lucifer est inspiré par Bowie, la déesse à tête de lionne Sakhmet ressemble à Rihanna et la solaire Amateratsu flamboie comme Florence + The Machine….

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Une fois ce décors posé et ce scénario compris, il ne reste pas grand-chose de « wicked + divine ». Il est difficile de comprendre l’intrigue. A se demander où est le fil directeur ? Le scénariste saute d’un « dieu » à un autre sans vraiment donner de la matière au lecteur. Où va-t-il ? Cela manque cruellement de profondeur. La pauvreté des dialogues n’étant pas là pour creuser la réflexion sociologique. Par ailleurs le polymorphisme de ses héros d’une case à l’autre (eh oui, ce sont des dieux quand même) perde définitivement le pauvre fan de l’autre côté de la barrière.

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Les dessins sont de qualités avec des vrais morceaux de stars dedans. Jamie McKelvie convoque des classiques du genre (numérique ou non) avec un panthéon très « Tron like » ou une magnifique fresque du dieu Baal en costume cravate au milieu d’un décor rococo. Mais les couleurs acidulées et criardes (en rapport avec le sujet ?) nuisent à la lecture. Il faut noter l’absence de décors fouillés, voir très crus. Par ailleurs, l’utilisation à outrance de l’outil numérique blesse la rétine.

Kieron Gillen et Jamie McKelvie ont eu une belle idée de scénario. Les idées ne manquent pas et on saluera une fresque multiculturelle, transgenre et totalement débridée sur l’évocation du sexe (sans le dessiner, faut pas pousser !). Vous noterez une bande son de 389 titres quand même, suggérée sur spotify à écouter pendant la lecture (Spotify wicked+divine) : de ce coté pas de fausse note, elle est très éclectique et très réussie, un vrai plaisir.  Mais il faudrait approfondir le canevas, travailler les liaisons entre les scènes, donner un fil conducteur au lecteur pour apprécier la lecture et demander un second tome.

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Scénario / Dessin / Total  a04-3e788e4.gif

Tigrevolant

Un commentaire sur “The wicked + the divine Tome 1. Faust départ

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  1. N’ayant pas lu cette BD (et n’ayant pas non plus envie de le faire) je te fais confiance sur ta note globale … cependant, malgré des couleurs « comics » discutables, je trouve le graphisme très élégant et expressif … et toi, sévère de ne pas le démarquer dans la cotation !
    Samba a raison, il faudrait harmoniser vos chroniques les enfants ! (siffle ☺)

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  2. Par simple esprit de contradiction, papa, non ferons évidemment comme bon nous semble ! Nous noterons (et chroniquerons – sic -) selon notre culture et notre ressenti.

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